PARLEMENT AUX OBSÈQUES DE M. DE LYON
Charles le Mauvais ne mourut qu'en 1385 (mais en quel état et depuis combien d'années!). Philippe de Valois étoit mort en 1350; Blanche de Navarre , sa seconde femme , ne mourut qu'en 1398 , et n'eut qu'une fille qui ne fut point mariée. La reine d'Aragon mourut en 1346, et la comtesse de Foix ne laissa point d'enfants. Il se voit donc par ces dates que le père , la mère , les sœurs , hors une veuve sans enfants et retirée , les beaui-frères , hors le comte de Foix , tout étoit mort avant le mariage de cette vicomtesse de Rohan ; et si on y regarde , il ne se trouvera point de postérité , si ce n'est de Charles le Mauvais qui survécut ce mariage , qui toutefois fut extrêmement grand; il n'en vint qu'un fils dont le fils fut père de Louis de Rohan , seigneur de Guéméné , qui épousa la fille ainée du dernier vicomte de Rohan , et le maréchal de Gié dont le second fils épousa l'autre fille du dernier vicomte de Rohan , comme je l'ai dit.
Quoique la branche de Guéméné soit l'aînée par l'extinction de celle des vicomtes directs, et par le mariage de la fille ainée du dernier vicomte, parlons d'abord de celle de Gié quoique cadette, parce qu'il s'y trouvera plutôt matière que dans l'autre , et parce qu'elle est éteinte.
Le maréchal de Gié a trop figuré pour avoir rien à en dire; mais parmi tous ses emplois et ses alliances, et de son fils aîné à deux filles d'Armagnac qui leur apportèrent le comté de Guise , il y eut si peu de princerie en son fait , que le parlement , ayant eu ordre d'assister aux obsèques de l'archevêque de Lyon son fils, mort à Paris en 1536, pendant une assemblée que François I" y avoit convoquée , le parlement répondit que la cour, en considération des mérites du feu maréchal de Gié et de son fils, lui rendroit volontiers l'honneur qu'elle avoit coutume de rendre aux princes et aux grands du royaume. Or, si ce prélat avoit été de rang à recevoir cet honneur, le parlement le lui auroit rendu tout de suite sans répondre; et on voit qu'il ne répondit que pour montrer que c'étoit, non par rang, mais en considération des mérites du père et du fils qu'il iroit à ses obsèques.
Outre cet archevêque qui fit fort parler de lui dans le clergé, le maréchal de Gié eut deux autres fils : la branche de l'aîné finit à son petitfils , sur tous lesquels il n'y a rien à remarquer. Les soeurs de ce dernier épousèrent, l'aînée un Beauvilliers , dont le duc de Beauvilliers est descendu ; la cadette , le marquis de Rothelin , frère et oncle des ducs de Longueville; et de ce mariage vint Léonor, duc de Longueville, d'où sont sortis tous les autres depuis , et que sa mère et sa femme firent tant valoir : c'est de ce marquis de Rothelin que les Rothelin d'aujourd'hui sont bâtards.
Le second fils du maréchal de Gié , gendre cadet du dernier vicomte de Rohan , n'eut qu'un fils qui fit un grand mariage. Il épousa Isabelle , fille de Jean , sire d'Albret , et de Catherine de Grailly , dite de Foix , reine de Navarre. C'est ce qu'il faut expliquer.
Elle étoit fille de Gaston , prince de Viane , et de Madeleine de France , sœur puînée de Louis XI ; et le prince de Viane étoit Grailly dit de Foix , dont l'héritière étoit tombée dans sa maison avec les comtés de Foix , de Bigorre et de Béarn qu'ils possédoient, [et] étoit fils de Gaston IV,