Les conclusions étaient rédigées par les gens du roi
4. L'omission de cette formalité fut une des causes de la haine de Saint- Simon contre le parlement.
et lui s'étant présenté sans épée h la place des récipiendaires, il pro. nonça : Le roi tenant son parlement a ordonné et ordonne que vous serex reçu en la charge et dignité de duc et pair de France , en prêtant par tous le serment en tel cas requis et accoutumé. Levés la main. Vousjurex et promettez de bien et fidèlement servir le roi , lui donner avis dans ses plut importantes affaires , et séant au parlement , rendre la justice au pauvre comme au riche, tenir les délibérations de la cour closes et secrètes, et vous comporter comme un digne, vertuetix et m^jgnamme due et pair, officier de la couronne et conseiller en cour souveraine doit faire. Ainsi vous le jurex et le promettex.
« M. de Venieuil ayant répondu oui , M. le chancelier dit : Le roi vous ordonne de prendre votre épée. L'huissier, qui la portoit auprès de lui, l'ayant remise dans le baudrier, M. de Verneuil alla prendre sa place sur le banc et à la suite des anciens ducs.
« Cette même formalité fut observée pour chacun des autres ducs. Ils furent reçus suivant l'ordre qui suit : M. de Verneuil, le premier, duc de Verneuil; M. le maréchal d'Estrées, duc de Cœuvres; M. le maréchal de Grammont , duc de Grammont ; M. de La Meilleraye , duc de La Meilleraye; M. de Mazarin, duc de Uethel (pairie mâle et femelle) ; M. de Villeroy, duc de Villeroy; M. de Mortemart, duc de Mortemart; M. de Créqui, duc de Poix; M. de Saint-Aignan , duc de Saint-Aignan; M. de Foix, duc de Randan (pairie mâle et femelle, à cause de Mmes de Senecey' et de Fleix); M. de Liancourt, duc de La Rocheguyon; M. de Tresmes, duc de Tresmes; M. de Noailles, duc d'Ayen; M. de Coislin, duc de Cambout.
c M. de Noailles faisoit ce jour la charge de capitaine des gardes en place de M. de Villequier, malade. Voyant que, pour prêter le serment, il étoit de l'ordre d'ôter l'épée, il fit demander au roi par M. le chancelier si, lui faisant fonction de capitaine des gardes du corps, il devoit la quitter et son bâton'. Le roi répondit qu'il la devoit ôter et il l'ôta comme les autres.
« Au sortir, le roi parla quelque temps à M. le premier président, et, au sortir du parquet , il fit appeler M. le procureur général ^ , auquel il parla. »
1 . Marie-Catherine de La Rochefoucauld, mariée le 7 août 4 607 à Henri de Beaufremonl , marquis de Senecey. Elle était première dame d'honneur d'Anne d'Autriche et avait élé gouvernante de Louis XIV. La comlesse de Fleix , sa fille, était mère de Gaston de Foix, qui fut nommé duc de Randan, en 1663.
2. Le capitaine des gardes du corps en quartier portait un bâton de commandement comme signe de sa dignité.
3. Le procureur général était alors Achille de Harlay, qui devint plus tard premier président. Saint-Simon en parle surtout i l'occasion du procès de préséance. Voy. pages 87, 80, 90, HO, etc.