‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 83 sur 374 · PROCÈS DE PRÉSÉANCE DE M. DE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

PROCÈS DE PRÉSÉANCE DE M. DE LUXEMBOURG

longtemps en décret après la mort de ce La Fin qui , après être entré dans la conspiration du duc de Biron, le trahit d'autant plus cruellement qu'il le tint toujours en telle opinion de sa fidélité qu'il fut cause de sa perte. La proximité de Saint-Germain et de Versailles , dont la Ferté n'est qu'à vingt lieues , fut cause de cette acquisition. C'étoit ma seule terre bâtie où mon père passoit les automnes. Il avoit fort connu M. de la Trappe dans le monde. Il y étoit son ami particulier, et cette liaison se resserra de plus en plus depuis sa retraite si voisine de chez mon père qui l'y alloit voir plusieurs jours tous les ans ; il m'y avoit mené. Quoique enfant, pour ainsi dire encore, M. de la Trappe eut pour moi des charmes qui m'attachèrent à lui, et la sainteté du lieu m'enchanta. Je désirai toujours d'y retourner, et je me satisfis toutes les années et souvent plusieurs fois, et souvent des huitaines de suite; je ne pouvois me lasser d'un spectacle si grand et si touchant, ni d'admirer tout ce que je remarquois dans celui qui l' avoit dressé pour la gloire de Dieu et pour sa propre sanctification et celle de tant d'autres. 11 vit avec bonté ces sentiments dans le fils de son ami ; il m'aima comme son propre enfant , et je le respectai avec la même tendresse que si je l'eusse été. Telle fut cette liaison, singulière à mon âge, qui m'initia dans la confiance d'un homme si grandement et si saintement distingué , qui me lui fit donner la mienne , et dont je regretterai toujours de n'avoir pas mieux profité.

A mon retour de la Trappe où je n'allois que clandestinement pour dérober ces voyages aux discours du monde à mon &ge, je tombai dans une afi'aire qui fit grand bruit et qui eut pour moi bien des suites.

M. de Luxembourg, fier de ses succès et de l'applaudissement du monde à ses victoires, se crut assez fort pour se porter du dix-huitième rang d'ancienneté qu'il tenoit parmi les pairs au second , et immédiatement après M. d'Uzès. Ceux qu'il attaqua en préséance furent :

Henri do Lorraine, duc d'Elbœuf, Charles d'Albert dit d'Ailly, chera-

gouverneur de Picardie et d'Artois; lier de l'ordre, gouverneur de Breta-

Charles de Rohan , duc de Mont- gnc, si cunnu par ses ambassades;

bazon , prince de Guéméné ; Armand-Jean de Vignerod, dit du

Ciiaries de Lévy , duc de Venta- Plessis, duc de Richelieu el de Frondeur; sac, chevalier de l'ordre;

Duc de Vendôme, gouverneur de Louis, duc de Saint-Simon ;

Provence el chevalier de l'ordre; Fr, duc de La Rochefoucauld, che-

Charles, duc de La Trémoille, pre- valier de l'ordre, grand matlre de la

mier gentilhomme de la chambre et garde-robe, toujours si bien avec le

chevalier de l'ordre; roi, el grand veneur de France;

Maximiliea de Bélhune, duc de Jacques-Nompar de Caumonl, duc

Sully, chevalier de l'ordre ; de La Force ;

Charles d'Albert, duc de Chevreuse, Henri Grimaldi, duc de Valentinois,

chevalier de l'ordre, capitaine des prince de Monaco, chevalier de l'ordre:

chevau-légers de la garde; Chabot, duc de Rohan ;

Le fils mineur de la duchesse do Et de La Tour, duc de Bouillon,

Lesdiguiëres-Gondi ; grand chambellan de France et gou-

Henri de Cossé , due de Brissac ; verneur d'Auvergne.

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