‹ Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon, sur le siècle de Louis XIV et la Régence (volume 5)Chapitre 86 sur 374 · DE LUXEMBOURG ÉTABLIE EN FRANCE · texte numérisé non relu

DE LUXEMBOURG ÉTABLIE EN FRANCE

Éclaircissons maintenant les personnages de cette généalogie autant qu'il est nécessaire pour savoir en gros ce qu'ils ontélé. Le trop fameux Louis de Luxembourg, si connu sous le nom de connétable de Saint- Paul, à qui Louis XI fit couper la tête en place de Grève à Paris, 19 décembre 1475, quoique actuellement remarié à une fille de Savoie, sœur de la reine sa femme, avoit eu trois fils de sa première femme J. de Bar : Pierre , l'aîné , épousa une autre sœur de la reine et de sa belle-mère, dont une fille unique porta un grand héritage à François de Bourbon, comte de Vendôme, dont elle eut le premier duc de Vendôme.

Antoine, le second, fit la branche de Brienne où on va reyenir , et Charles, le troisième fils, fut évéque-duc de Laon.

Cet Antoine fut comte de Brienne , père de Charles, et celui-ci d'Antoine , qui de la seconde fille de René , bâtard de Savoie et frère bâtard de la mère de François I", qui le fit grand maître de France et gouverneur de Provence , eut deux fils : Jean , comte de Brienne , et François qui fut fait duc de Piney. La sœur aînée de leur mère avoit épousé le célèbre Anne de Montmorency, depuis connétable et duc et pair de France.

De Jean , comte de Brienne et d'une fille de Robert de La Marck IV, maréchal de France, duc de Bouillon, seigneur de Sedan, un fils et une fille : le fils fut Charles, comte de Brienne, qui, en 1S83, épousa une sœur du fameux duc d'Épernon qui le fit faire duc à brevet' en 1587 ; il fut chevalier du Saint-Esprit en 1597 , le sixième après deux ducs et trois gentilshommes, et mourut sans enfants en novembre 1605; ainsi finit sa branche, et il étoit fils unique du frère aîné du premier duc de Piney.

11 faut remarquer que ce duc à brevet de Brienne avoit deux sœurs, toutes deux mariées deux fois : l'aînée à Louis de Plusquelec , comte de Kerman en Bretagne , puis à Just de Pontallier, baron de Pleurs; la cadette à Georges d'Amboise , seigneur d'Aubijoux et de Casaubon ,

1 . Les ducs à brevet étaient ceux qui portaient le titre de duc en vertu d'un brevet royal ou acte privé du roi, qui n'était ni vérifié ni enregistré par les cours souveraines. Ce brevet ne pouvait être transmis i leurs (Ils qu'en vertu d'une autorjgation spéciale du roi. Pour comprendre les détails que donne Saint-Simon dans les passages rclatirs aux ducs, il est nécessaire de se rappeler qu'il y avait alors trois sortes de ducs : 4* les ducs et pairs dont la digniié était héréditaire; les rcmnius mêmes pouvaient la transmettre, lorsque les pairies étaient femelles; ils avaient droit de siéger et de voter au parlement, lorsque les rois y tenaient leurs lits de justice et toutes les Tois qu'il s'abaissait d'affaires d'État; 2» les ducs vérifiés, mais sans pairie, étaient ceux dont les terres avaic nt été érigées en duché et dont le titre, vérifié par les cours souveraines, était héréditaire de mâle en mâle par ordre de primogéniture. Ils avait-nt les mêmes droits honoriflques que les ducs et pairs; ils avaient les honneurs du Louvre, c'est-à-dire qu'ils pouvaient entrer en carrosse au Louvre et dans les autres palais royaux; leurs Temnies avaient un lahourct chez la reine; mais les ducs vériiiés n'exerçaient aucun des droits poliii(iues des ducs et pairs; 3° les ducs à brevet, dont il a été question au commcnccnieni de cette note.

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