MORT DE
d'armbntières. 291
son plus proche parent , et l'aîné de sa maison. Sa mère n'étoit rien , son père parut peu , quoique gouverneur de Saint-Quentin et avec un régiment ; mais le père de celui-là , aussi gouverneur de Saint-Quentin , fut lieutenant général , député de la noblesse pour le bailliage de Vermandois aux derniers états de Blois en 1588 , ambassadeur vers les archiducs en Flandre, chevalier du Saint-Esprit en 1597, et chevalier d'honneur de la reine Marie de Mèdicis. 11 eut la terre d'Armentières de sa femme « qui étoit Jouvenel avec le sobriquet de des Ursins et héritière *, et le père de celui-là étoit ce vicomte d'Auchy, capitaine des gardes du corps de Charles IX , qui garda le roi de Navarre à Vincennes , qui y acquit son amitié , et que les Mémoires de Castelnau appellent froid et sage , et l'un des plus hommes de bien de son temps. . Mlle d'Armentières n'avoit qu'un frère dont la mère étoit Pinart, héritière de grandes terres, entre autres de Louvois, et dont le père étoit ce vicomte de Comblisy , fils du secrétaire d'État qui trahit Henri IV et rendit à la Ligue Château-Thierry , dont il étoit gouverneur , et qui étoit alors une place importante. Son petit-fils par sa fille dissipa tout dans une vie obscure et inconnu , épousa une gueuse des rues dont il n'eut point d'enfants , et mourut en 1604. Les restes ne laissèrent pas d'être encore bons. Mlle d'Armentières les recueillit, paya, s'arrangea, et devint riche dans sa vieillesse , dont elle sut faire un bon et honnête usage. Elle et le père de celui à qui elle laissa le fonds de ses biens étoient enfants des issus de germains. La branche de celui-là, distinguée par le nom de Saint- Remi , étoit depuis longtemps dans l'indigence. Le père de ceux qui se relevèrent et qui ont figuré pendant la régence de M. le duo d'Orléans devint l'aîné de sa maison en 1690, par la mort de tout ce qu'il restoit d'aînés de toutes les branches , et n'en fut pas plus à son aise. Il avoit épousé la fille de d'Aguesseau, maître des comptes , dont il eut la petite terre de Puysieux près de Beaumont vers Beauvais; et ce maître des comptes, fort nouveau alors, est le grand-père de d'Aguesseau, chancelier de France avec diverses fortunes , depuis le 2 février 17 17 , et [qui] l'est encore depuis vingt-six ans. Saint-Remi mourut en 1712, à soixante-dix-neuf ans, et sa femme, en 1721 , ayant eu la joie de voir la fortune de son neveu, mais sans être jamais sortis de leur village ni l'un ni l'autre , où leur maison ressem bloit fort à une hutte, et où ils avoient peine à subsister. Ils eurent trois fils : l'aîné porta le Jnom d'Armentières; le second fut envoyé sans sou ni maille page du grand maître à Malte; le troisième porta le nom de Confl ans , qui est celui de leur maison. Les deux aînés naquirent avec beaucoup d'esprit et d'envie de faire. Ils se roi dirent contre la fortune , et , malgré leur pauvreté , ils trouvèrent le moyen de lire , de s'instruire et de s'orner l'esprit de sciences et d'histoire , aidés tous deux d'une fort belle mémoire , et assez avisés pour vivre tous trois dans la plus grande union. Conflans et Armentières servirent.
Conflans, qui n'avoit pas le sens commun, perdit sa jeunesse dans une citadelle où il fut enfermé près de vingt ans, pour s'être battu contrôle fils unique de Pertuie, mort gouverneur de Courtrai , après* avoir été capitaine des gardes de M. de Turenne, et fort estimé. Le