MORT DE L'ABBÉ DE SAINTE-CROIX
L'abbé de Sainte-Croix mourut à plus 4a quatre-vingt-dix ans . j\ aV oit six abbayes, un prieuré, un petit gouvernement, les chien» du roi pour le chevreuil. Il étoit fils du célèbre Molé, premier président et garde des sceaux , et n'avoit jamais été que maître des requêtes, ni songé qu'à chasser et à se divertir de toutes les façons , jusqu'à sa mort, dans une santé parfaite. Jl yenoit de temps en temps faire sa cour au roi , qui toujours lui parloit et le distinguoit, en considération des grands seryjçes • de son père que le roi n'a jamais oubliés, et qui ont toujours et solidement porté sur tous ceux de ce nom,
Deux hommes d'une grosseur énorme, de beaucoup d'esprit, d'assez de lettres, d'honneur, et de valeur , tous deux fort du grand monde, et tous deux plus que fort libertins, moururent en ce même temps, et laissèrent quelque vide dans la bonne compagnie : Cominges fut l'un > La Fare, l'autre, Cominges étoit fils et neveu paternel de Guitaut et de Cominges, tous deux gouverneurs de Sauraur, tous deux capitaines des gardes de la reine mère, tous deux chevaliers de l'ordre en 1661 , tous deux très-affidés du gouvernement , tous deux employés aux exécutions de confiance les plus délicates. Guitaut mourut subitement au Louvre , à quatre-vingt-deux ans, en 1663, sans avoir été marié. Cominges, 6on neveu, son survivanciar, et père de celui dont il s'agit ici, fut un homme important toute sa vie. Il fut envoyé en 164$ vers lf. le Prince, en Flandre; chargé d'arrêter et de conduire à Sedan , en août 1648 , le fameux conseiller Brousselj l'année suivante, d'arrêter les officiers suspects du régiment de la reine; et la même année, de faire passer par les armes, l« et 9 juin, Chambret et d'autres officiers de Bordeaux. Lui et son oncle arrêtèrent au Palais-Royal les princes de Condé et de Conti, et le due de Longueville, 18 janvier 1650. Il arrêta aussi du Dognon, connu, depuis qu'il se fut fait faire maréchal de France pour rendre Brouage, sous le nom du maréchal Foucault, Cominges prit l'année 1650, en avril, Sauraur, sur du Mont qui s'en étoit saisi pour M. le Prince, et commanda en 1652 et 1653 en Italie, en l'absence du comte d'Harcourt, et en Catalogne. Il alla depuis ambassadeur en Portugal, en Angleterre, et mourut en mars |670, à cinquante-sept ans.
Il avoit épousé la fille d'Amalby , conseiller au parlement de Bordeaux. Sa mère valait encore moins, comme toutes celles de ces Cominges, hors une ou deux. Ils portoient en plein le nom et les armes de Cominges , se prétendoient être descendus des comtes de ce nom* Us n'en ont pourtant jamais pu en aucun temps prouver aucune filiation ni jonction , et on ne sait quels ils étoient avant 1440. Cominges son n*l$ ne servit guère que volontaire et toujours aide de camp du roi qui , malgré ses mœurs et son peu d'assiduité , ne le voyoit jamais sans lui parler et le traiter avec distinotion et familiarité à cause de la reine mère. Les courtisans, pendant les campagnes du roi, appelèrent par plaisanterie les bombes et les mortiers du plus gros calibre des Cominges , et si bien que ce nom leur est demeuré dans l'artillerie. Comipges trouyoit cette plaisanterie très-mauvaise , et ne s'y accoutuma jamais. Il étoit fort grand et de très-bonne mine. Il passoit pour ftVpir secrètement épouse Mlle Dorée, qui avoit été fille d'honneur de Mme la Duchesse, qui, de-