DEMANDE EN CASSATION DE MARIAGE
que d'un maître des requêtes qui avoit des biens immenses, qui n'avoit plus ni père ni mère , qui étoit sous la tutelle de l'abbé Mascrani , frère de son père lorsqu'elle se maria, et dont les Caumartin, frères de sa mère et amis intimes du duc de Tresmes de tout temps , avoient fait le mariage. Elle n'étoit plus enfant lorsqu'il se fît. Avec ses richesses, elle crut qu'elle alloit être heureuse; elle ignoroit que ce n'étoit pas le sort des femmes des Potier. Mme de Revel, veuve sans enfants, et sœur peu riche du duc de Tresmes , vint loger chez lui pour gouverner sa bellefille , qui ne se trouva pas facile à l'être , m la tante bien propre à cet emploi, Des mesaiscs on en vint aux humeurs , puis aux plaintes . après aux querelles et aux procédés, enfin aux expédients. La jeune femme avoit plus d'esprit que les Gesvres, elle sut mettre toute sa famille dans ses intérêts , jusqu'aux Caumartin qui s'embrouillèrent enfin avec les Gesvres. Elle s'enfuit chez la vieille Vertamont, sa grand'môre maternelle, quil'avoit élevée, et qui en étoit idolâtre, et de cet asile fit signifier une demande de cassation de son mariage pour cause d'impuissance. Les factums de part et d'autre mouchèrent. On peut juger ce qu'une telle matière fournit, et quelle source d'ordures et de plaisanteries. L'affaire se plaida à i'offlcialité '. Le marquis de Gesvres prétendit n'être point impuissant, et comme c'étoit chose de fait, il fut ordonné qu'il seroit visité par des chirurgiens , et elle par des matrones , nommés par l'officialité , pour y faire leur rapport , et tous deux en effet furent visités. Il seroit difficile de rendre les scènes que cette affaire produisit. Les gens connus et même distingués alloient s'en divertir aux audiences; on y retenoit les places dès le grand matin, on s'y portoit, et de là des récits qui faisoient toutes les conversations. Les pauvres Gesvres en pensèrent mourir de dépit et de honte , et se repentirent bien de s'être engagés en un pareil combat. Il dura longtemps et toujours avec de nouveaux ridicules, et ne finit qu'avec la vie de la marquise de Gesvres. On se persuadoit malignement qu'elle n'avoit pas tout le tort, et son mari en a confirmé la pensée en ne songeant pas à se remarier depuis plus de trente ans. \\ y a suppléé par son frère qui a des enfants de la fille aînée du maréchal de Montmorency.
Les généraux partirent chacun pour l'armée qu'ils dévoient commander , et les officiers généraux et particuliers qui y dévoient servir : Yillars pour la Flandre , parcourt et Besons pour le Rhin , Berwick pour le Dauphiné et les Alpes: et tiennes, lieutenant général, remplaça en Catalogue le duc de Noailles qu'on ne songea pas à faire servir.
Bissy , fils du lieutenant général et petit-fils d'un de ces légers chevaliers de l'ordre de M- de ï-ouvois en 1688, épousa la fille de Chauvelin , conseiller d'État. Il vit bientôt après son oncle dans une éclatante fortune, et longues années après toute puissance et les sceaux entre les mains du frère de sa femme, qui finit comme Icare; et de ces deux fortunes si proches de Bissy il n'en attrapa rien.
Meuse, de la maison de Choiseul, épousa la fille de Zurlauben, tué lieutenant général distingué , et de la sœur de Sainte-Maure.
4. Tribunal de l'évoque, tenu par un juge d'égliac appelé officiai.