PORTO-ERCOLE PRIS PAR LES ENNEMIS
Zutnzungen , général de l'empereur, se rendit maître de Porto-Ercole après une belle défense du gouverneur.
Le prince Eugène ouvrit la tranchée devant le Quesnoy , la nuit du 20 au 21 juin , malgré l'inaction déclarée des Aftglois , qui précéda la trêve avec eux. Jarnac en apporta la capitulation au roi le 8 juillet à Marly. La Badie , qui y cotnmandoit, s'étant rendu prisonnier de guerre avec sa garnison, fut fort chargé de s'être mal défendu par le maréchal de Villars et par toute l'armée ; il obtint la permission du prince Eugène de venir se justifier à la cour , mais en arrivant à Paris il fut mis à la Bastille. Broglio cependant défit dix-huit oents chevaux des ennemis , presque tous tués ou pris. Ces bagatelles «outenoient.
Emo, sage, grand, étoit à Paris depuis quelques mois, envoyé sans caractère par la république de Venise , pour tâcher d'accommoder la brouillerie causée par le choix du cardinal Ottoboni , Vénitien , pour être protecteur de France à Rome , et l'acceptation qu'il en avoit faite contre la loi de Ba patrie. Mais l'affaire n'étoit pas encore mûre , et il s'en retourna sans avoir rien obtenu.
Le roi partit le mercredi , 13 juillet , de Marly après le conseil d'État , s'arrêta un peu à Versailles, alla coucher à Petit-Bourg et le lendemain à Fontainebleau, Il y donna , le 20 du même mois , au cardinal de Rohan la calotte rouge , qu'il avoit reçue la veille de Rome , et qu'il lui vint présenter, et cinq jours après lé bonnet que le camérier Bianchini lui avoit apporté. Quelques jours auparavant, Mme la grande-duchesse étoit tombée en apoplexie au Palais-Royal, où elle fut obligée de demeurer assez longtemps. M. [le duc] et Mme la duchesse d'Orléans l'y laissèrent lorsqu'elle fut hors de danger, et allèrent à Fontainebleau.
Le prince Eugène assiégea Landrecies. Le roi , piqué des avantagée qu'il ne laissoit pas de prendre quoique destitué du secours des Anglois , vouloit en profiter, et trouvôit fort mauvais que Villars laissât assiéger et prendre les places de la dernière frontière sans donner bataille pour l'empêcher. Villars en avoit des ordres réitérés. Il mandoit force gasconnades, il en publioit, mais il tâtônnoit et reculoit toujours i et manqua plus d'une occasion de prêter le collet au prince Eugène , dont quelquesunes furent Si visibles , et même d'une apparence si avantageuse , que toute l'armée en murmura publiquement. Il cherchoit, disoit-il, les moyens de faire lever le siège de Landrecies , et le roi attendoit tous les jours des courriers de Flandre avec la dernière impatience. Montesquiou vit jour à donner un combat avec avantage. Il étoit fort connu du roi pour avoir été longtemps major du régiment des gardes , inspecteur puis directeur d'infanterie , et beaucoup plus par ses intimes liaisons avec les principaux valets de l'intérieur. Il dépêcha secrètement un courrier au roi avec un plan de son dessein, en lui marquant qu'il étoit sûr que Villars ne l'approuveroit pas , et en représentant la nécessité de profiter des conjonctures. La réponse'fut prompte. Il eut ordre de suivre, d'exécuter son projet , même malgré Villars , mais de faire cela par rapport à lui avec adresse. L'extrême mépris que le prince Eugène avoit conçu du maréchal de Villars lui fit commettre une lourde faute , qui fut de s'éloigner de Marchiennes , et même de Denain où étoient ses magasins prin-