PÉNBLON ARCHEVÊQUE DE CAMBRAI
et sans recherohe de tout ce qui pouvoir le raccrocher et le conduire aux premières places. Intimement uni à cette partie des jésuites à la tête desquels étoit le P. Tellier, qui ne VavoieBt jamais, abandonné, et qui l'avoient soutenu jusque par delà leurs forces, il occupa ses dernières années à faire des écrits qui , vivement relevés . par le P. Quesnel et plusieurs autres , ne firent que serrer les nœuds d'une union utile par où il espéra d'émousser l'aigreur du roi. Le silence dans l'Église étoit le partage naturel d'un évèque dont la doctrine avoit , après tant 4e brujt et de disputes, été solennellement condamnée. Il avpittrop d'esprit pour ne le pas sentir ; mais il eut trop d'ambition pour ne compter pas peur rien tant de voix élevées contre l'auteur d'un dogme proscrit et ses écrits dogmatiques , et beaucoup d'autres qui ne l'épargnèrent pas. sur le motif que le monde éclairé entrevoyoit assez.
Il marcha vers son but sans se détourner ni à droite ni à gauche; il donna lieu à ses amis d'oser nommer son nom quelquefois, il flatta Rome pour lui si ingrate , il se fit considérer par tou te la société des jésuites comme un prélat d'un grand usage , en faveur duquel rien ne devoit être épargné. Il vint à bout de se concilier La Chétardie , curé de Saint-Sulpice , directeur imbécile et môme gouyerneu? de Mme de Maintenon.
Parmi cep combats de plume, Fénelon, uniforme dans la douceur de sa conduite et dan» sa passion de se faire aimer, se gaFda bien de sW gager dans une guerre d'action. Les PaysrBas fourmilloient de jansénistes ou de gens réputé* tels. Bu particulier son diocèse et Cambrai même en étoit plein. L'un et l'autre leur furent des lieux de constant asile et de paix. Heureux et contents d'y trouver du repos spus un ennemi de plume , ils ne s'émurent de rien à l' égard de leur archevêque qui, bien que si contraire à leur doctripe, leur laissait toute sorte de tranquillité, Ils se reposèrent sur d'autres de leur défense dogmatique, et ne donnèrent point d'atteinte à l'amour général que tous portoient i Fénelon. Par une conduite si déliée, i\ ne perdit rien du mérite d'un prélat doux et pacifique, ni des espérances d'un évêque dont l'figliej devoit tout se promettre , et dont l'intérêt étoit de tout faire pour lui.
Telle étoit la position 4c l'archevêque de Cambrai, lorsqu'il apprit la mort de Monseigneur , l'essor 4e son disciple , l'autorité de ses amis. Jamais liaison ne fut plus forte ni plus Inaltérable que celle de ce petit troupeau à part. Elle étoit fondée sur une confiance intime et fidèle, qui ellermême l'étojt , à leur avis , sur J'amou r de pieu et de son Eglise. Us étoient presque tous gens d'une grande vertu , grands et petits , à fort peu près qui en ayoient l'écorce qui étoit prise par les autres pour la vertu même. Tous n'ayoient qu'un but qu'aucune djsgrâce ne put déranger, tous qu'une marche compassée et cadencée vers ce but, qui étoit le retour de Cambrai leur maître , et cependant de ne vivre et ne respirer que pour lui, de ne penser et de n'agir que sur ses principes , et de recevoir ses avis en tout genre comme les oracles de Dieu môme dont il étoit le canal. Que ne peut point un enchantement de cette nature , qui ayant saisi le cœur des plus honnétea gens , Uesprit de gens qui en avoient beaucoup , le goût et la plu§ ardente amitié des personnes les