L'ÉLECTEUR DE BAVIÈRE À MARLY
à Corapiègue , la nouvelle de la mort de l'empereur aussitôt qu'il l'élit reçue , et conférer avec lui , Vint quelque temps après passer quelques jours en une maison de campagne , qu'il emprunta , auprès de Paris. Deux jours après, il vint à Marly , sur les deui heures et demie (c'étôit le 26 mai) ; il fut descendre dans l'appartement que feu Monseigneur occupoit. Au bout d'un quart d'heure il passa dans le cabinet du roi , où il le trouva avec les deux fils de France, Mme la Dauphine et toutes les dames de cette princesse. La conversation s'y passa debout, à portes
demeura seul assez longtemps avec l'électeur , les portes fermées. Il vint ensuite dans le salon, où M. et Mme la Dauphine l'attendoient. La conversation dura debout quelque temps , et il s'en retourna à sa petite maison* Le roi lui avoit proposé de revenir le surlendemain à la châsse ; il y vint, se déshabilla après dans ce même appartement de descente, et suivit après le roi dans les jardins, qui le fit monter seul avec lui dans son chariot -, ils se promenèrent fort dans les hauts de Marly. AU retour, il fut assez longtemps seul avec le roi dans son cabinet. 11 vint après dans le salon; Mme la Dauphine y jouoit au lansquenet, qui le fit asseoir auprès d'elle. Sur les huit heures , il alla souper chez d'AntiQ avec compagnie d'élite ; le repas fut gai et dura trois heures. Il parut partir fort content pour sa petite maison , d'où il regagna Compiègne par Liancourt.
Ce même jour Langeron, lieutenant général des armées navales et fort bon marin, mourut, à Sceaux, d'apoplexie sans être gros ni vieux. Il étoit fort attaché à M. et à Mme du Maine , et sa famille à la maison de Gondé, sa sœur en particulier à Mme la Princesse. Il étoit frère de l'abbé de Langeron , mort à Cambrai depuis peu.
Le duc d'Albe , ambassadeur d'Espagne , étoit mort là veille après une assez longue maladie. Il l'étoit depuis plusieurs années, et y avoit acquis une grande réputation de sagesse, d'esprit, de prudence et de capacité i il avoit aussi beaucoup de probité et de piété. Il s'étoit acquis l'estime et la confiance du roi et des ministres, et une considération générale. Il vivoit avec la meilleure compagnie et avec magnificence , et beaucoup de politesse et de dignité. Le roi d'Espagne fit payer toutes ses dettes , et continua quatre mois durant les appointements de l'ambassade à la duchesse d'Albe , qui ne partit point que tout ne fût payé. Le corps fut envoyé en Espagne.
Son nom est Tolède, tiré de la ville de Tolède, mais avec celui d'Alvarez pour distinguer cette maison, l'une des premières d'Espagne, de quelques autres différentes qui le portent aussi avec d'autres noms. Jean II , roi de Castille, mit dans cette maison la ville d'Alva par don, que nous appelons Albe et qui est auprès de Salamanque, avec d'autres adjonctions en titre de comté, en 1430. Le troisième comte d'Albe fut fait due d'Albe par Henri IV, en 1469; et c'est le bisaïeul de mâle en mâle du fameux duc d'Albe , gouverneur des Pays-Bas sous Philippe II , qui mourut en 1582 , et laissa deux fils. L'aîné , qui avoit été fait duc d'Hueaca, mourut sans enfants après son cadet, dont le fils lui succéda. Il épousa Antoinette Enriquez de Ribera, dont le frère étoit mort sans