SA PRÉTENTION A LA DIGNITÉ D'AIGUILLON
nom, mourut en 1675 sans s*étre remariée, et fit un testament, par lequel elle exerça le pouvoir que lui donnoit cette dause en faveur de sa nièce, fille de son frère, non mariée,
qui en conséquence fut sans clifliculté duchesse d'Aiguillon, pair de France, et en porta le nom. Mme de Combalet, que je continue d'appeler ainsi pour la distinguer de sa nièce, fit une longue substitution par son testament du duché d'Aiguillon et de tous ses biens, par laquelle elle ne fait aucune mention de sa dignité qu'en faveur de sa nièce , n'en dit pas un mot sur aucun autre appelé après elle, si elle meurt sans enl'ants, à la terre et duché d'Aiguillon, d'où je conchis , dans le inémoire que je fis pour le chancelier : 1* Que les lois qui sont exceptions ou extensions du droit commun se prennent à la rigueur, et précisément à la lettre ; que la clause extraordinaire et inouïe de choix en faveur de Mme de Combalet n'en porte qu'un et non davantage, encore moins Tétend-elle à la personne par elle dioisie pour avoir droit comme elle de faire un nouveau choix à faute d'enfants ; 2* ce choix a été fait et consommé par Mme de Combalet en faveur de Mme d'Aiguillon sa nièce, et il a eu tout son effet ; 3** que Mme d'Aiguillon , à faute d'èniiBuits, ii'a aucun droit de choix, ni de laisser à personne sa dignité, éteinte en elle faute de postérité ; 4* que Mme dé Combalet, pour qui la clause de choix a été faite, a tellement senti qu'elle n'étoit que pour elle , et que son choix à elle ne se pouvoit répéter par la personne choisie par elle, ni par elle-même Mme de Combalet après le premier, que dans toute l'étendue de sa substitution die n'a énoncé sa dignité avec le duché d'Aiguillon qu'en fàveur de "ïa nièce ; et toutes les fois qu'elle a appelé après elle d'autres substitués au duché d'Aiguillon, elle n'a jamais tait la moindre mention de la dignité, mais uniquement de la possession de la terre; 5* que le choix est consommé dans la personne de Mme d'Aiguillon ; qu'elle n'a aucun titre pour en faire un autre ; que la clause insolite a sorti son
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effet et n'a plus d*existeûce ; que Mme d'Aiguillon, morte fille, par conséquent sans postérité, peut disposer de la terre et duché d'Aiguillon comme de ses autres biens, mais non de sa dignité qui est éteinte par le droit commun qui reprend toute sa force sitôt qu'il n'y a plus de loi expresse qui en excepte; 6*» que le marquis de Richelieu peut être, seigneur et possesseur du duché d'Aiguillon, soit comme appelé à cette substitution par Mme de Gombalet sa grand'tante , soit comme héritier testamentaire de Mme d'Aiguillon sa tante, mais qu'il ne peut jamais recueillir d'elle la dignité de duc et pair d'Aiguillon.
Les ducs de La Trémoille, La Rochefoucauld et autres en parlèrent au chancelier, comme s'opposant aux prétentions du marquis de Richelieu. Je fis mon mémoire en peu d'heures, je le lus au chancelier et le lui laissai. Il avoit les pièces du marquis de Richelieu , et l'avoit amplement entretenu. Il rapporta au roi cette affaire qui tint une partie de la matinée du lendemain , sans tiers entre le roi et lui , et il en reçut l'ordre de rendre au mar([uis de Richelieu ses papiers, de lui défendre de sa part de prendre le nom et les marques de duc, d'en prétendre aucun rang ni honneurs, ni d'en faire aucunes poursuites dans quelque tribunal que ce pût être. La chose en demeura là jusqu'en 1711 qu'elle n'eut pas un meilleur succès. 11 sera temps alors de dire ce qu'elle est devenue depuis.
Denonville qui avoit été sou»-gouvemeur de Mgr le duc de Bourgogne, et qui avoit marié son malheureux fils à la fille de Lavienne , premier valet de chambre du roi , qu'il n'a pas rendue heureuse , fit tant auprès du roi qu'il permit qu'il vînt tâcher de se justifier de sa belle harangue de Bleinheim. Le duc de Marlborough lui donna aussitôt un congé de quelques mois, n étoit revenu de ses voyages d'Allemagne en Hollande, où il avoit fait venir le maréchal de Tallard et tpus les prisonniers considérables. Il les fit embarquer avec lui pour orner le triomphe de son retour en Angleterre.
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ViUars, qui avoit à peu près vu finir l'affaire des fanatiques, tenoit par commission les états de Languedoc. D eut ordre de revenir à Paris, et le duc de Berwick d*a]ler commander dans cette province après la lin des états et le retour du maréchal de Yillars. Ce fut par où finit cette .année. On ne voulut pas laisser Berwick sans un emploi principal en chef, après la conduite qu'il avoit eue en Espagne , et la façon dont il en étoit revenu.