HIDDLETON SE FAIT CATHOLIQUE
catholique , et reverdit on crédit et eii conliance à Saint- Germain. Meiford ne fut de rien, mais lui et sa femme eurent en France le rang et les honneurs de duc et de duchesse comme tous ceux qui Tavoient été faits à Saint- Germain, ou qui y étoient arrivés tels.
Plusieurs personnes marquées ou connues moururent en ce même temps comme à la fois :
Mme du Plessis-BelUère, la meilleure et la plus fidèle amie de M. Fouquet, qui soufint la prison pour lui et beaucoup de traitements fâcheux, à l'épreuve desquels son esprit et sa fidélité furent toujours. Elle conserva sa tète, sa santé, de la réputation, des amis jusqu'à la dernière vieillesse, et mourut à Paris chez la maréchale de Gréqui sa ûlle, avec laquelle elle demeuroit à Paris.
Magalotti, un de ces braves que le cardinal Mazarin avoît attirés auprès de lui, quoique fort jeune, par le privilège de la nation, 11 avoit vu le roi jeune chez le cardinal, et conservé liberté avec lui. Le roi avoit pour lui de la bonté et de la distinction, qui pourtant ne le put soustraire à la haine de M. de LouTois , acquise par son intimité avec M. de Luxembourg. C'étoit un homme délicieux et magnifique , aimé et considéré, et qui avoit été toute sa vie dans les meilleures compagnies des années où il avoit servi. 11 étoit lieutenant général , gouverneur de Valenciennes, et avoit le régiment Royalritalien qui vaut beaucoup; dans sa vieillesse le plus beau visage du monde, et le plus vermeil, avec des yeux italiens et vifs, et les plus beaux cheveux blancs du monde, et portoit toujours le jupon à l'italienne. Louvois, qui l'ôta du service, l'empêcha aussi d'être chevalier de Tordre, quoique bon gentilhomme florentin. G*étoit d'ailleurs un très-bon homme, avec bien de l'esprit, de Tentendement et de l'agrément.
Albergotti, son neveu, eut le Royal-Italien. 11 avoit plus d'esprit que son oncle, de grands talents pour la guerre et beaucoup de valeui^, plus d'ambition encore, et tous moyens
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lui éloient bons. C*étoit un homme très-dangereux, trèsintimement mauvais, et foncièrement malhonnête homme, avec un froid dédaigneux, et des journées sans dire une parole. Son onde Tavoit initié dans la confiance de M. de Luxembourg, et par là dans la compagnie choisie de Tannée, qui lui fraya celle de la cour. Il étoit intimement aussi avec M. le prince de Gonti par la môme raison, et fort bien avec M. le Duc. U fut accusé, et sa conduite le vérifia, d'avoir passé d'un camp à l'autre , c'est-à-dire d'avoir toigours tenu à un filet à M. de Vendôme, lors et depuis sa rupture avec M. de Luxembourg, M. le prince de Gonti et leurs amis, et après la mort de M. de Luxembourg, de s'être jeté de ce côté-là sans mesure. M. de Luxembourg fils, M. le prince de Gonti et leurs amis s'en plaignoient fort en particulier, en public ils gardèrent des dehors. Albergotti devint un favori de M . de Vendôme , qui lui valut la protection de M. du Maine, laquelle l'approcha de Mme de Maintenon. Je me suis éteMu sur ce maître Italien; on verra dans la suite qu'il étoit bon de le connottre.
J*ai assez parlé en plusieurs occasions du duc de GhoisenI pour n'avoir rien à ajouter, sinon que, par sa mort, il ne vaqua qu'un collier de l'ordre, et que ce duché-paiiie fut éteint.
On a suffisamment vu, à propos du procès de préséance avec M. de Luxembourg, quel étoit le président de Maisons,
pour n'avoir rien à en dire de plus, sinon qu'il mourut fort vieux en ce temps-ci, démis de sa charge en faveur de son fils, duquel il sera fort mention dans la suite.
Mlle de Baufiremont suivit de près M. de Duras, à propos duquel je Fai fait connottre.
Seissac, dont j'ai suliis imment parlé aussi, finit son indigne vie, et laissa une belle, jeune et riche veuve fort consolée, qui perdit bientôt après le fils unique qu'elle en avoit eu et hérita de tous ses biens. En lui s'éteignit l'illustre maison de Glermont-Lodève. Gomme il avoit la fantaisie de ne
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porter jamais aucun deuil, per9onne aussi ne le prit de lui, non pas même le duc de Ghevreuse, son beau-frâre. Le roi le porta quelques jours du duc MaximOien, oncle
paternel de l'électeur do Bavière, uniquement pour gratifier ce prince. Ce duc Maximilien avoit épousé une sœur de M. de Bouillon , dont il n'eut point d'enfants, et avec qui il viYoit depuis longtemps à la campagne, en Bavière, dans une grande piété et dans une grande retraite.
M. de Beuvron, chevalier de l'ordre et lieutenant général de Normandie, y mourut à plus de quatre-vingts ans , chez lui à la Meilleraye, avec la consolation d'avoir vu son fils Harcourt arrivé à la plus haute et à la plus complète foi^ tune, et son autre fils Sézanne, en chemin d*en faire une, et déjà chevalier de la Toison d'or. On a vu comment elle étoît due aux agréments de la jeunesse du père, f/étoit un trèshonnête homme, et très-bon homme, considéré et encore plus aimé.
Enfin on perdit Mgr le duc de Bretagne d*une manière
très-prompte. Mgr le duc de Bourgogne et Mme la duchesse de Bourgogne surtout, en furent extrêmement affligés. Le roi marqua beaucoup de religion et de résignation. Aussitôt après, c*est--à-dire le 24 avril, le roi s'en alla à Marly, où il mena qui il lui plut, sans que personne eût demandé. Nous en fûmes, Mme de Saint-Simon et moi. La goutte qui y prit au roi, et qui fut extrêmement longue, y lit demeurer plus de six semaines, et c'est depuis cette goutte qu'on ne vit plus le roi à son coucher, qui devint pour toujours un temps de cour réservé aux entrées. Il n*y eut point de cérémonies, sinon que le corps du petit prince lut porté dans un carrosse du roi non drapé, environné de gardes et de pages avec des flambeaux. Dans ce même carrosse étoient le cardinal de Goislin à la première place, parce qu'il portoit le cœur sur un carreau sur ses genoux, M. le Duc, comme prince du sang, à côté de lui, M. de IVesmes, comme duc et non comme premier gentilhomme de la chambre, au