MORT DU DUC DE BRETAGNE
devant avec Mme de Yentadour comme gouvernante; une sous -gouvernante et un aumônier du roi étoient aux portières. Le roi. Monseigneur, ni M. et Mme la duchesse de Boui^ogne, n'en prirent point le deuil. M. le duc de Berry et toute la cour le porta comme d*un frère. De Saint-Denis, ils rapportèrent le cœur au Yal-de-Grâce. Paris et le public fut fort touché de cette perte.
Aubantel, vieux, retiré, disgracié, comme je Tai rapporté en son temps, mourut aussi à Paris quelques jours après.
Breteuil, conseiller d'État, qui avoit été intendant des linances, et dont le tils est aujourd'hui secrétaire d'£tat de la guerre, pour la seconde fois, ne tarda pas à les suivre; sa place de conseiller d*Ëtat fut donnée à ArmenonviUe, déjà directeur des finances. Je le remarque, parce que nous le verrons aller bien plus haut. En même temps aussi, d'Alègre perdit son fils unique.
Bouchu, conseiller d'Ëtat et intendant de Dauphiné, perdu de goutte et toujours homme de plai^, voulut quitter cette place ; je le remarque parce qu'elle fut donnée à Angervilliers quoique fort jeune , et seulement encore intendant d'Alençon. Nous le verrons st r rt taire d'État de la guerre, et aurons occasion d*en parler plus d'une fois.
Puisque j*ai parlé de Bouchu, il faut que j*achève Tétrangç singularité qu'il donna en spectacle, autant qu'un homme de son état en peut donner. C'étoit un homme qui avoit eu une hgure fort aimable, et dont l'esprit qui l'étoit encore plus, le demeura toigours. Il en avoit beaucoup, et facile au travail, et fertile en expédients. D avoit été intendant de Farmée de Dauphiné, de Savoie et d'Italie, toute l'autre guerre et celle-ci. 11 s'y étoit cruellement enrichi, et il avoit été reconnu trop tard, non du public , mais. du ministère; homme d'ailleurs fort galant et de très-bonne compagnie. Lui et sa femme qui étoit Rouillé, sœur de la dernière duchesse de Richelieu, et de la femme de Bullion, se pas-
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soient très-bien Vun de Tautre. Elle étoit toujours demeurée
à Paris, où il étoit peu touché de la venir rejoindre, et peu flatté d'aller à des bureaux et au conseil, après avoir passé tant d'années dans un emploi plus brillant et plus amusant. Néanmoins il n'avoit pu résister à la nécessité d'un retour honnête, et il avoit mieux aimé demander que de se laisser rappeler. Il partit pour ce retour le plus tard qu'il lui fut possible, et s'achemina aux plus petites journées qu'il put. Passant à Paray^ terre des abbés de Cluni, assez près de cette abbaye, il y séjourna. Pour abréger, il y demeura deux mob dans rhOt(ellerie. Je ne sais quel démon l'y fixa, mais il y acheta une place, et, sans sortir du lieu, il s'y bâtit une maison, s'y accommoda un jardin, s'y établit et n'en sortit jamais depuis, en sorte qu'il y passa plusieurs années, et y mourut sans qu'il y eût été possible à ses amis ni à sa famille de l'en tirer. U n'y avoit, ni dans le voisinage, aucun autre bien que cette maison , qu'il s'y étoit bâtie; fl n'y connoissoit personne, ni là autour auparavant. Il y vécut a\ec des gens du lieu et du pays, et leur faisoit trèsbonne chère comme un simple bourgeois de Paray.
1, Parai on Paray-le-Monial , que les anciens éditeurs ont changé en Pavé, est situé dans le département de Saône-et-Loire. 11 y avait autrefois un piiearé de bénédictios dépeadaut de Cluni.
riN 00 OVATBlilIB YOLUHB.
NOTES
I. NOTE RECTIFICATIVE REMISE A M. LE DUC DE SAINT-SIMON PAR M. DE CHANTÉRAC POUR ÉTABLIR QU'URAKIE DE LA CROPTE-BEAUVAIS ÉTAIT FflLUB LÉGITIME DE LA CROPTE- BBAUVAIS ET DE CHARLOTTE MARTEL.
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Le récit du duc de Saint-Simon repose tout (Mitier sur une erreur principale. Par contrat du 23 décembre 1653, passé à Marennes, devant Baige, notaire héréditaire de Saintonge , dont la grosse, signée Baige, est conservée dans les archives de la Gropte-Chanlérac, M. de La Cropte-Beauvais avait épousé Chariotte Martel, fille de Gédéon Martel , comte de Mareones , et d'Êlisabeth de La Motbe-Foucqué (voir dans le P. Anselme, t. YIIl, p. 209, la généalogie de Martel). Uranie de La Gropte de Beauvais, née de cette union légitime, n'était donc point bâtarde. '
Ce n'était pas non plus c en mauvaise compagnie » que le comte de Soissons l'avait connue , mais au Palais-Royal, chez Madame, dont elle était demoiselle d'honneur (État de la France ^ mdclxxviii , t. I", p. ^8^, et Lettres de Mme de Sévigtié). Louis XIV était devenu très-amuurcux d'elle, mais t sa vertu inébranlable » lui avait résisté, et il s'était alors tourné vers sa compaî^ne, Mlle de Fontange {Méimires de la duchesse d Orléans , princesse palatine).
Dans un aude endroit de ses Mémoires, M. de Saint-Simon parle encore d'une manière inexacte de la situation de la comtesse de Soissons après la mort de sou mari, quand il dit qu'elle vécut pauvre
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malheureuse, errante, etc. La comtesse de Soissons , outre son hérita<re paternel et les avantages considérables de son contrat de mariage, possédait, du chef de sa mère, les terres des comté de Marennes et baronnie de Tonnay-Boutonne (Lettre de la comtesse de Soissons au comte de Chantérac, son cousin, publiée dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de France de janvier 1856). Elle avait de plus, de Madame , une pension de douze mille livres , et n'avait par conséquent pas besoin de recevoir, « de fois à autre , quelque gratification de M. le doc d'Orléans, i EnîSn ce ne fot pas le fils d'Uranie de La Cropte, mais bien son petiufils, qui mourut au moment où il allait épouser l'héritière de Ifassa-Garraia, de la maison de Qbo. Son fils Tbomas-Enmianuel-Amédée de Savde, comte de Soissons, chevalier de la Toison d'or, etc., avait épousé Thérèse- Anne-Félidté, fille du prince de lichtenstein.