‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 204 sur 209 · NOT£S · texte numérisé non relu

NOT£S

notre infanterie a sauvé celle des ennemis. Le chevalier de Tresaemane, miyor général, y a parfaitement bien servi, aussi bien que le sieur de Beaujeu, maréicbal des logis de la cavalerie. On a poussé les ennemis une lieue et demie au delà du champ de bataille, sur lequel rannée de Votre Majesté a campé. On croyoit quatre petites pièces de canon égarées, mais elles ont été retrouvées ce matin. Jusqu'à présont on n'en a que deux do celles des ennemis; mais j'en ai vu sept ou huit autres derrière notre infanterie. Il est rare et heureux, dans une alFaire aussi rude et aussi disputée, que rarniée do Votre Majesté n'ait perdu ni drapeaux, ni étendards, ni timbales, et que l'on en ait eu plus de trente-quatre de ceux des ennemis. Voilà, Sire, le compte que je dois avoir l'honneur de rendre à Votre Majesté d'un avanlage bien ordinaire à ses armes toujours victorieuses.

c Nous apprenons dans le moment que le comte de FQrstemberg est mort de ses blessures. Ge seroit une grande perte pour l'empereur et pour H. le prince de Bade, dont il étoit lliomme de oon6ance. »

lU. RETOUR DE LA PRINCESSE DES URSINS EN ESPAGNE.

Pages 414 et 431.

Les papiers du duc de Noailles, conservés en partie à la bibliothèque impériale du Louvre, fournissent d'utiles renseignements pour contréler les Mémoires de Saint-Simon, principalement en ce qui concerne les affaires d'Espagne. Voici, entre autres, deux lettres se rattachant au retour de la princesse des Ursins, dont Saint-Simon parle (t. lY, p. 414 et 431). La première est une dépêche de Louis XIY au duc de Grammont, anibassadeur en Espagne, et la seconde une lettre du duc de Grammont au maréchal de Noailles.

Dépêche de Louis XIV au due de OranunonlK

« Versailles, le 13 janvier 170S.

c Mon cousin, depuis que j'ai parlé à la princesse des Ursins, il m'a paru nécessaire de la renvoyer en Espagne , et d'accorder enfin cette

1 . La copie de cette lettre se trouve à la bibl. imp. du Louvre, ms F, 335, t. XXI, lettre 4.

NOTES

grâce aux instances pressantes du roi mon petit-iils et de la reine. J'ai jugé en même temps qu'il convenoit au bien de mon service de vous charger de donner à la reine une nouvelle qu'elle désire ayec autant d'empressement. Ainsi je fais partir le courrier qui sera chargé de cette dépêche ayant même que d'annoncer à la princesse des Ursins ce que je Veux faire pour elle. Je ne vous prescris point ce que vous avez à dire sur ce sujet. D vous donne assez de moyens par lui-même de faire connottre au roi et à la reine d'Espagne la tendresse que j'ai pour eux, et combien je désire de contribuer à leur satisfaction. •

c Je dirai encore à la princesse des Ursins que vous m'avez toujours écrit en sa faveur. Je suis persuadé qu'elle connott l'importance dont il est, pour le bien des affaires et pour elle-même, de bien vivre avec vous, et qu'elle n'oubliera rien pour maintenir cette bonne intelligence. Si vous en jugez autrement, je serai bien aise que vous me mandiez, avec tonte la vérité que je sais que vous ne me déguisez jamais, ce que vous en pensez, et mémo si vous croyez qu'il ne vous convienne pas de demeurer en Espagne après son retour.

« Cette sincérité de votre part confirmera ce que j'ai vu en toutes occasions de votre zèle pour mon service et de voire attachement particulier à ma personne. Vous devez croire aussi que ces sentiments me sont toujours présents, et que je serai bien aise de vous faiie connoltre en toutes occasions combien ils me sont agréables.

« Je renverrai incessamment le courrier par qui j'ai reçu votre lettre du 1** de ce mois, et je vous ferai savoir par son retour mes intentions sur ce qui regarde le siège de Gibraltar. Sur ce, etc.

UUre du duc de Grammont au maréchal de NoaiUes sur Mme des UrsinsK (Copie du temps.)

« 15 janvier 1705.

« Vous me demandez, monsieur, de la francliise et un développement de cœur au sujet de Mme des Ursins. Je \ais vous satisfaire; car je vous honore et vous aime trop pour y maïK^uer. Je commencerai par vous détailler quelle est ma situation à cet égard. Le roi im mande, par sa lettre du 30 novembre dernier, qu'il a permis à Mme des Drsins de venir à la cour, mais que son retour ici seroit très-contraire à son service. M. de Haulevrier, qui vient de quitter le

Page 1