‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 41 sur 209 · VAUBAN · texte numérisé non relu

VAUBAN

Ce prince 8*étoit ouvert à lui un an auparavant de la volonté qu*il avoit de le faire maréchal de France. Vauban

Tavoit supplié de faire réflexion que cette dignité n*étoit point faite pour un homme de son état, qui ne pouvoit jamais commander ses armées, et qui les jetteroit dans rembarras ai, faisant un siège, le général se trouvoit moins ancien maréchal de France <iue lui. Un refos si généreui, appuyé de raisons que la seule vertu fouraissoit, augmenta encore le désir du roi de la couronner.

Vauban avoit fait cinquante-trois sièges en chef, dont une vingtaine en présence du roi, qui crut se faire maréchal de France soi-même, et honorer ses (Hropres lauriers en donnant le bftton & Vauban. U le reçut avec la même modestie qu'il avoit marqué de désintéressement. Tout applaudit à ce comble d'honneur, où aucun autre de ce genre n'étoit parvenu avant hii et n'est arrivé depuis. Je n'ajouterai rien ici sur cet homme véritablement fameux, il se trouvera ailleurs occasion d*en parler encore.

Rosen étoit de Livonie. M. le prince de Gonti me conta qu*il avoit eu la curiosité de s'informer soigneusement de sa naissance, en son voyage de Pologne, à des gens qui lui en auroient dit la vérité de quelque façon qu'elle eût été. 11 apprit d'eux qu'il étoit de très-ancienne noblesse , alliée à la meilleure de ces pays-là, et qui avoit eu de tout temps des emplois considérables, ce qui se rapporte aux certificats de la noblesse de Livonie et du roi de Suède Charles Xn que Rosen, dont il s'agit ici, obtint, et dont celui du czar Pierre !•% donné à Paris, con firme la forme. Rosen s'enrôla tout jeune, et servit quelque temps simple cavalier. Il fut pris avec d'autres en maraude et tira au billet. Le maréchal ferrant de la compagnie où il étoit se trouva de sa chambrée, n survécut leurs autres camarades, et finit aux Invalides. Tous les ans Rosen, même maréchal de France, l'envoyoit quérir, lui domioit liicn à dîner et dînoit avec lui; ils parlûient de leurs vieilles guerres, et le renvoyoit

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