‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 42 sur 209 · AO&£N · texte numérisé non relu

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avec de Targent assez considérablement. Outre cela, il avoit soin de s'en informer dans le reste de Tannée, et de metti^e ordre qu'il eût de tout et fût à son aise. Hosen, devenu officier, [fut] attiré et protégé en France par Rosen, son parent de même nom, qui avoit un régiment et mille chevaux sous le grand Gustave-Adolphe, à la bataille de Lutzen, . puis sous le duc de Weimar, [qui] commanda en chef pour le roi en Alsace, et mourut en 1667, ayant donné sa ûUe en mariage à Rosen dont je parle.

. CTétoit un grand homme sec, qui sentoit sou reltre, et qui auroit fait peur au coin d*un bois, avec une jambe arquée d'un coup de canon, ou plutôt du vent du canon, qu'il araenoit tout d'une pièce. Excellent officier de cavalerie, trèsbon même à mener une aile, mais à qui la tête tournoit en chef, et fort brutal à Tannée et partout ailleurs qu'à table , où sans aucune ivrognerie il faisoit une chère délicate, et entretenoit sa compagnie de faits de guerre qui instruisoient avec plaisir. C'étoit un homme grossier a l'extérieur, mais déhé au dernier point, et qui connoissoit à merveille à qui il avoit affaire , avec de l'esprit, du tour et de la grâce en ce qu'il disoit du plus mauvais û^çois du monde qu'il affectoit. Il connoissoit le roi et son foible et. celui de la nation pour les étrangers; aussi reprochoit-îl h son fils qu'il parloit si bien français qu'il ne seroit jamais qu'un sot. Rosen fut toujours bien avec les ministres et au gré de ses généraux, par conséquent du roi, qui l'employa toujours avec distinction, et qui pourvut souvent à sa subsistance. Ghâteaurenauld, Tauban et lui étoient grands-croix de Saint- Louis, et il fut mestre de camp général à la mort de Montclar, qu'il vendit à Montpéroux, lorsqu'il fut maréchal de France. £n tout c'étoit un homme qui avoit voulu faire fortune, mais qui en étoit digne et bon homme et honnête honmie, avec la plus grande valeur. D m'avoit pris en amitié pendant la <îampagne de 1693, qui avdt toujours continué depuis, et me prétoit tous les ans sa maison toute

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