‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 78 sur 209 · INFIDÉLITÉ DU DUC DE SAVOIE · texte numérisé non relu

INFIDÉLITÉ DU DUC DE SAVOIE

ferme opinion de Yandemont qui se gardoit bien de mander

ce qu'il en pensoit, la duperie et la confiance si ordinaire de Vendôme, tout cela rassuroit; Mme de Maintenon ne poQToit croire coupable le père de Mme la duchesse de Bourgogne; Ohamîllart, séduit par les deux généraux, étoit de plusentrainé par elle, et le roi ne voyoit que parleurs yeux. A la lin mais trop tard, ils s'ouvrirent : mais avant de raconter le périlleux remède auquel, pour avoir trop attendu à croire, on fut forcé d'avoir recours , il faut voir rentier diangement de scène qui arriva en Espagne» et y reprendre ks choses de plus haut.

Si on se souvient de ce que j*ai dit (t. ni, p. 217 et suiv.) de la princesse des Ursins, lorsqu'elle fut choisie pour être camarera-mayor de la reine d'Espagne à son mariage, et depuis lors de l'apparente régence de cette princesse, pendant le voyage du roi son mari en Italie, on verra que Mme des Ursins vouldt régn^; die n*y pouvoit atteindre qu'en donnant à la reine le goût des affaires et le désir d*y dominer, et se servir du tempérament de Philippe V et des grices de son épouse pour un partage du sceptre qui, en laissant l'extérieur au roi, en feroit passer la puissance à la reine, c'estènlire à elle-même, qui la gouvemeroit, et par elle le roi et sa monarchie. Un si grand projet avoit un besoin indispensable d'être appuyé du roi, qui dans ces commencements surtout ne gouvernoit pas moins la cour d'Espagne que la sienne propre, avec l'entière influence sur les ail'aires. Dans ce vaste dessein, conçu idès qu'elle eut joint et reconnu le roi et la rehie, elle acheva de gagner son esprit, qu'elle ayoit ménagé pendant le voyage de Provence à Barcelone, par lui faire peur des dames espagnoles , à quoi ne lui servit pas peu l'incartade des dames du palais au souper du jour du mariage et celle de la reine qui la suivit. Elle crut n'avoir de ressource qu'en Mme des Ursins, elle s'y livra tout entière.

Cette princesse n'avoit pas été moins soigneusement âe-

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