‹ Mémoires complets et authentiques du duc de SaintSimon sur le siècle de Louis XIV et la Régence 16911723 (volume 3)Chapitre 93 sur 209 · RETOUR DU COMTE DE TOULOUSE · texte numérisé non relu

RETOUR DU COMTE DE TOULOUSE

sa cour au ministre, et il ne resta an dne de SaTOie en deçà

des Alpes que la vallée de Tarentaise, où le marquis de Sales s'étoit retiré avec ses troupes. On peut juger combien on Ht valoir ces bagatelles. Ghamillart enivré de son gendre étoit dans le ravissement, et La Feuillade en partant ne t^oit pas dans sa peau.

Le comte de Toulouse revint à la cour, et peu de jours après le maréchal de Cœuvres; ils avoient passé un long temps à Toulon, leurs forces n'étant pas bastantes pour se mesurer avec les Anglois et les HoUandois. Quand ces flottes se fbrent éloignées, ils fimit un tour à la mer, où le comte commandoit au maréchal comme amiral, et n<m comme b&tard à un maréchal de France, toutefois et avec raison soumis à son conseil, et ayant défense du roi de rien faire que de; son avis.

ViUars arriva aussi, et ce fut à liarly, mais sans y coucher : il étoit trop appuyé pour n'être pas bien reçu. Le roi lui fit même une honnêteté surcè qu'il n'y avoit aucun logement de vide. Il parut avec sa confiance accoutumée pour ne pas dire son audace, et il eut la hardiesse, en rendant compte au roi chez. Mme de Maintenon à Versailles, de toucher l'étrange cordé des contributicms : il fit valoir celles qu'il avoit fait pay^ au profit du roi ; puis ajouta qu'il étoit trop bon maître pour vouloir qu'on se ruinât à son service ; qu il savoit qu'il étoit né sans bien; qu'il ne lui dissimuloit pas qu'il s'étoit un peu accommodé, mais que c'étoit aux dépens de ses ennmms, se gardant bien d*avouer rien de la Bavière, et qu'il regardoit cela oonune une grflce pécuniaire que Sa Majesté lui faisoit sans qu'elle lui coûtât rien. Avec cette pantalohnade et le sourire gracieux de Mme de Maintenon tout passa de la sorte, et ses démêlés si indécents avec l'électeur de Bavière, et si funestes aux succès, furent comptés pour rien.

Tallard, à mains plus nettes, salua le roi plus modestement; ce fiit peu de jours après. Il arriva comme le roi s'ha-^

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