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lèreiU chez I9 chancelier, où ils trouvèrent le maréchal de Villeroy et la Hoassaye, contrôLeur gépéral des finances, nommés commissaires du roi pour signer les articles avec les deux ambassadeurs, auxquels les trois commissaires du roi donnèrent la droite, et ils aignèrent les articles en la même façon que nous h Madrid ceux du roi et de Tinfante.
L'aprèS'dinée du même jour^ le duc d'Ossone, conduit par le prince d'Ëlbœuf et le chevalier de Sainctot, introducteur des ambassadeurs, dans un carrosse du roi, et don Patricio Laulie?, conduit par le prince Charles de Lorraine, grand écuyer de France, et par Bémond, introducteur aussi des ambassadeurs, dans un autre pareil carrosse du roi, allèrent çtfurentreçus aux Tuileries avec tous les honneurs accoutumés, ayant de nombreux cortèges, et des carrosses très-magnifiques ainsi que leurs livrées et tout ce qui les accompagnait. Us trouvèrent le roi dans un grand cabinet, debout sous un dais, ayant un fauteuil derrière lui et découvert, une table et une écritoire devant lui, sur une estrade couverte d'un tapis qui débordait fort l'estrade dQ tous côtés; ceux des grande officiers qui devaient être derrière le roi en leurs places, Madame et M. le duc d'Orléans à droite et à gauche aux deux bouts de la table et la joignant, le cardinal Dubois un peu en arrière de M. le duc d'Orléans vers le coin de la table hors de Testrade, les princes et princesses du sang en cercle vis-à-vis du roi et de la table sur le tapis hors de Testrade, derrière le chancelier et les secrétaires d'état, et sur les ailes, derrière Madame et M. le duc d'Orléans, quelques seigneurs principaux. Les ambassaideurs s'approchèrent du roi à qui le duc d'Ossone fit un court compliment, et se retirèrent aux places où ils furent conduits, au-dessous des princes et princesses du sang,
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mais sur le tapis et snr la même lignCé Le coutrat lu par le cardinal Dubois fut signé par le roi et par tout ce qui était là présent du sang, puis^ sur une autrç co* ionne, par les deux ambassadeurs, sur la même table; en quoi ils furent mieux traités que nous, comme aussi nous fûmes mieux traités qu'eues pour la signature des articles qui se fit, comme on la vu, chez le chancelier à Paris, et à Madrid dans un cabinet de Fappartement. du roi. Après la signature, le duc d'Ossone se rappro« cha encore du roi avec Laullez, fit un court compliment, et se retirèrent reconduits chez eux en la manière accoutumée, d'où ils allèrent au Palais-Boya(.
Un peu après, le roi alla voir mademoiselle de Mpnt* pensier au Palais-Royal , qu'il trouva auprèsde Madame, puis dans la grande loge de M. le duc d'Orléans, avec le tapis et les gardes du corps au bas de la loge s\^v le théâtre, et répandus de tous côtés, où il vit pour la première fois l'Opéra, qui fut celui de Phaèion^ ayant Madame à sa droite et M. le duc d'Orléans à sa gauche, et derrière lui ceux de ses grands officiers qui y devaient être. Après Topera, où on avait eu soin de bien placer les ambassadeurs et leur principale suite, et où se trouva tout ce qu'il y avait de plus brillant à la cour, le roi retourna souper aux Tuileries. Il revint après au Palais- Royal, où il trouva un superbe bal paré qui l'attendait. Il l'ottvritavec mademoiselle de Montpensier,et y dansa ensuite plusieurs fois. Au bout d'une heure et demie il s'en alla et il traversa huit salles remplies de masques magnifiquement parés. Après son départ M. le duc de Chartres emmena les deux ambassadeurs d'Espagne dans la galerie de son appartement, avec les principaux de leur suite et beaucoup de seigneurs distingués de la cour, où ils trouvèrent une grande table splendidemeni servie. Tous les masques furent cependant admis dana^
le liai, où OD dansa dans toutes les pièees jusqu'à six heures du matin. Ou y servit force rafraîchissements, et il y en avait de toutes sortes de dressés dans les pièces voisines.
Enfin, le 18 au matin, le maréchal de Yilleroy vint de la part du roi complimenter mademoiselle de Montpensier, puis la ville de Paris, après quoi elle monta dans un carrosse du roi avec M. le duc d'Orléans sur le derrière, M. le duc de Chartres et la duchesse de Ventadour sur le devant, et aux portières la princesse de Souhise et la comtesse de Chevemy , gouvernante de la prineesse. Elle était accompagnée d'un détachement de gardes du corps jusqu'à la frontière, et de force carrosses pour sa suite. M. le duc d'Orléans et M. le doc de Chartres la conduisirent deux lieues, puis s'en revinrent à Paris. Peu de jours après le duc d'Ossone fut, par ordre du roi, complimenté chez lui par Chàteauneuf, prévôt des marchands, à la tète des échevîns et des conseillers de ville, en hahit de cérémonie, qui lui présentèrent les présents de vin et de confitures de la ville de Paris. Ce fut encore un honneur qui ne se rend point aux ambassadeurs extraordinaires d'aucun prince. Le duc d'Ossone le reçut étant accompagné de don Patricio Laullez, mais à qui la parole ne fut point du tout adressée.
Le comte de Roucy était mort à Paris, quinze jours auparavant, à soixante-trois ans, lieutenant général et gouverneur de Bapaume. On a vu le procédé étrange qu'il eut avec moi, qui nous brouilla avec le plus grand éclat après une longue suite de liaison étroite et de services de ma part. Plus religieux, quoique moins dévot que sa femme, qui raffichait, et lui le contraire, il envoya prier madame de Saint-Simon de vouloir bien l'aller voir. Elle y fut, et en reçut toutes les marques du plus
sensible regret de sa conduite avec mol, et mourut deux jours après. J'ai eu si souvent occasion déparier de lui que je n'y ajouterai rien, non plus qu*à l'égard de Surville, qui mourut quinze jours après, duquel il a été amplement parlé à Toccasion des disgrAces qu'il s'était attirées dans le brillant d'un chemin de fortune trèsmal mérité.
Torcy, dont c'était le nom, et point parent des Colbert, mourut en même temps à soixante-treize ans. )1 avait été sous-lieutenant des chevau-légers de la garde avec réputation de probité et de valeur, du reste un fort pauvre homme. Il était riche et avait épousé en premières noces la fille du duc de Yitry, et en secondes la fille de Gamaches. Il ne laissa point d'enfant. Il était maréchal de camp.
La Fare arriva à Madrid le lendemain du départ de la cour et vint descendre chez moi. Dès ce premier entretien il m'exposa des prétentions sauvages : c'était d'être reçu comme le sont les envoyés des souverains; d'être conduit à l'audience dans la même forme, et d*étre reçu et traité comme eux. J'essayai de lui faire entendre que ceux que feu Monsieur avait envoyés faire ses compliments dans les cours étrangères, à Londres, même à Heidelberg, à l'occasion de ses mariages, A Madrid, A Toccasion du mariage de la reine sa fille, et en d'autres occasions en ces mêmes cours et eu d'autres, n'avaient jamais prétendu ces traitements, quoique venant de la part d'un fils de France, et que lui pouvait encore moins prétendre venant de la part d'un petit-fils de France. La Fare me répondit que ce peti^fils de France était r^ent ; que cette qualité changeait tout; que de plus la conjoncture était heureuse et qu*il fallait en profiter.
Je répliquai que la qualité de régent ne changeait rien au rang et A Tétat personnel de petit-fils de France à
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l'ëgaNI «l6 M. le duc d'Orléans, qu'il te voyÀlt totis les jours en France et en était témoin, qu'il en était de même dans tes pays étrangers, de pas un desquels il b'avalt prétendu quoi que ce pût être de nouveau à titre de régent; qu'à la vérité la conjoncture était heurease, mais qu'il ne la fallait pas forcer et s'attirei* un refus qui changerait en dégoût et ensuite en élolgnement la réunion qui faisait la joie publique des deux nations et la gloire personnelle de M. le duc d*Orléans, et sûrement la Jalousie des autres princes qui sauraient bien nourrir, se réjouir et profiter d'un mécontentement de cérémonial ; qu'il ne pouvait pas douter qu'étant depuis toute ma vie ce que J'étais à M. le duc d'Orléans, et lui devant l'ambassade où j'étais, je ne fusse ravi d'en profiter pour lui procurer toute sorte de grandeur; mais que dans te même emploi, où je me trouvais par son choix, les désirs devaient, quant aux démarches, être bornés par les règles, et que ce serait fort préjudicier à cette même grandeur que de la commettre par des prétentions qui n'avaient pas été conçues jusqu'à ce moment en aucun lieu, et s'exposer à un refus qui, outre son extrême désagrément, changerait aisément en dégoût, en froideur, en éloignpment le fruit d'une réunion qui se pouvait dire le chef-d'œuvre de l'adresse et de la capacité de la politique, après les choses passées, et le sceau le plus solide de la grandeur réelle de M. le duc d'Orléans eu tout genre, par le mariage de sa fille avec le prince des Asturies. J'ajoutai que M. le duc d'Orléans ni le cardinal Dubois ne m'avaient jamais dit un mot de cette prétention, ni mli^ ^ur son envdi (ji^oi que ce fût dans meâ instructions, et que c'était à lui à me dire s'il en avait là-dessus, dont on ne m'avait rien dit ni écrit. La Pare devint embarrassé; il n'en avait point, n'osait ïAé lé dire, il^e Votilait pàâ au^i iné tromper, et
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parce quHt n'était pas capable de se porter à ce mensonge, et parce ^U'il sentait bien que je né serais pais longtemps, s'il in*eût avancé faux, d'être éclairci de te vérité.
Mais it ne se rendit point, et ine pressa de telle sorte que j'entrai en capitulation. Je fis une lettre pour Grimaido, par laquelle, lui donnant avis de i'arrivëe de la Fare, je lui exposais la convenance de le recevoir et de le traiter avec dés distinctions particulières, mais sans rien spécifier ni dertiandel* distinctement ni directement, me contentant de m'étendie àur la faveur de la conjoncture, sur celle de la Fare auprès de M. le duc d'Orléans, qui serait flatté pour soi et pour lui des bontés et des distinctions que sa majesté catholique voudrait bien lui accorder. Je montrai ma lettre à la Fare; Je l'envoyai à Grimaldo et Une copie au cardinal Dubois.
La Fare ne fut pas content d'une lettre qui ti'expritnait point ses prétentions, moins encore de l'envoi de sa co^te au cardinal Dubois. Il comptait d'emporter d'emblée ce qu'il avait imaginé, et de s'en faire grand honneur en Espagne et un grand mérite auprès de M. le duc d'Orléans. Toutefois il aima mieux cela que rien. Grimaldo, qui suivait la cour, avait eu avis de son passage par les chemins, et la Fare en reçut ordre dès le lendemain d'aller incontinent joindre la cour. Il partit donc peu satisfait de moi, et par ce qu'on va voir qui m'arriva, nous fûmes près de deux mois saris nous rejoindre. II reçut de ta cour d'Espagne tout l'accueil et les distinctions possibles, mais aucune de cblles qu'il prétendait et qui fussent de caractère. Je fus approuvé dans ce que j'avais fait là-dessus; et M. le duc d'Orléans était bien éloigné d'avoir formé aucune prétention nouvelle.
Cela même me confirnaa dans la pensée que j'avais
toujours eue que les deux lettres de M. le duc d'Orléans, dont je fus chargé pour le prince des Asturies, Tune dans le style ordinaire, l'autre avec TinDovation du mot frère, étaient une friponnerie du cardinal Dubois, qui espérait bien -que je ne ferais point passer cette dernière, et de s'en avantager contre moi auprès de M. le duc d'Orléans, d'autant que ce prince, tout en me marquant son désir Ià«dessus qui lui était enjoint, ne me recommanda rien plus que de ne rien hasarder, de ne point insister à la moindre difficulté que j'y rencontrerais, de la retirer et de présenter l'autre, au lieu que le cardinal ne me recommanda rien davantage que de la faire passer, jusqu'à me piquer d'bonneur sur mon attachement pour M. le duc d'Orléans, sur ce premier moyen de lui témoigner ma reconnaissance dans cette ambassade, et de marquer mon adressa et mon esprit par un si agréable début. On a vu que je n'eus besoin ni de l'un ni de l'autre, et que cette lettre passa doux comme lait, sans même qu'il en fût dit un seul mot. Si on l'avait refusée, ce petit dégoût se serait passé dans l'intérieur et le secret, et c'est sûrement ce qui le fit entreprendre au cardinal Dubois, au lieu que s'il eût conçu les chimères de la Fare, leur refus aurait été public, et c'est ce qui empêcha le cardinal Dubois de les former et de m'en charger, quelque joie qu'il eût eue de me les voir peter dans la main. Ce petit fait méritait d'être expliqué, d'autant que dans la suite, il se verra encore une prétention fort singulière de la Fàre, qui , comme celle-ci, périt pour ainsi dire avant que de naître.
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