‹ Mémoires complets et authentiques sur le siècle de Louis XIV et la RégenceChapitre 34 sur 61 · LE · texte numérisé non relu

LE

Décide

M<Mrquds de

Ducs de

Medina-GœU.

VUlena.

Ségorbe.

Escalone.

Astorga.

Montai te

Ulnfantado.

Comiei de

Albaquerque.

Bene vente.

Albe.

Lemos.

Bejar.

ir€«f

Aragov.

Marquit D*Ayétone,

PiuHeurs y ajouUfU .-

Ductde Marquiê Ces cinq ci i côté sont, à U

Medint-Sidonia. B^Âguilar. vérité, si fort en tout des plus

Najara. {grands et des plus disUngné»

Frias, connétable. seigneurs qu'on aurait peine à

Médina di RîoiecOi amirauté, leur disputer la même origine

hérédiuires. des préoédenU,

Grands d^Espagne en ordre alphabétique existant en tous pays pendant que j'étais en Espagne 1722 (1).

Ducs DE :

Abrantàs est Alencastro.

9. Albe est Tolède (2). Jean II, roi de Castille, fit don, ea 1430, de la ville d'Albe en titre de comté, dans

{\) On verra ici que je ne m^étendi guère que sur les grands espagnols. Il faut remarquer pour la pronouciaiion de leurs noms, qaej se prononce c, mais un peu de la gorge, comme cfans le nom de Bejar et autres semblables , et que n avec un tiret dessus S6 prononce en le mouillant, comme dans le nom de Baîïof, qui se prononce Baguos, «t autres pareils.

(3) 11 est certain que cette maison tire son nom de la ville arobiépiscopale de Tolède, capitale de la Castille Nouvelle, et qu'il y a des seigneurs de maison entièrement différente, qui porienl ce même nom, pour distinction de quoi la maison d'Albe a pris le nom ou avant-nom d^ Alvarez de Tolède. Pourquoi et comment oe nom de Tolède est devenu celui de ces Albe et de ces astrtf seigneurs différents, c'est ce qui est caché dans robscurité de> temps, et qui ne peut être venu que d'exploits militaires faiU à Tolède, dont le nom leur aura été approprié pour honorer Tex* ploit et en conserver la mémoire ; car pas un d*eux n'a jamaii rien possédé dans Tolède qui ait pa leor en faire prendre U nom. On en doit dire de même du nom de Gordoàe, qui se trouvera dans cette liste, et que le fameux Gonialve, si connu soofi'

DE ^AlNT-SmOK. êS

le pays de Salainanqne, à Gotiere-Gomès de Tolède, évèque de PaleDcia, puis archevéqae de SéyiJIe, enfiD de Tolède, qui le légua à son nevea Ferdinando Alvarez de Tolède, dont le fils, Garcia Alvarez de Tolède, qui lui succéda, fut fiiit duc d*Albe, en 1469, par les rois catholiques. On avertit, une fois pour toutes, que les rois catholiques, dont il sera souvent parlé, sont les célèbres Ferdinand, roi d'Aragon, et Isabelle, reine de Gastille, dont le mariage réunit ces deux couronnes et les conquêtes sur les Maures qu'ils repoussèrent en Afrique, et leur acquit toutes les Espagnes, excepté le Portugal. Ce premier duc d'Albe fut de mâle en mâle bisaïeul du duc d*Albe, trop fameux par ses cruautés aux Pays-Bas et par la facile conquête du Portugal, dont peu avant de mourir il s'empara pour Philippe II. Après la mort du cardinal H., roi de Portugal, son ftls aine, premier duc d'Huesca, mourut sans enfants. Il avait un frère dont le fils lui succéda; il s'appelait Antoine de Tolède Beaumont, parce que sa mère, Brlaude de Beaumont, était héritière du comté de Le-^ rins et des offices de connétable et de chancelier héréditaires de Navarre, où cette maison avait si longtemps ^ si grandement figuré. De ce cinquième duc d'Albe est ^CDu, de mâle en mâle, le duc d'Albe mort à Paris am- Inissadeur d'Espagne, y ayant perdu son fils unique ; l'oncle paternel de ce neuvième duc d'Albe lui succéda. li avait suivi l'archiduc et s'était retiré à Vienne, où le comte de Galve, frère du duc de Tlnfantado, épousa sa flile. Son beau-père fit enfin sa paix, revint à Madrid, ^t s'y couvrit comme duc d'Albe. Le duc del Arco,

nom tout ooart de grand capitaine, a comme consacré en le portant, et pareillement du nom de Léon de la maison Ponce de l'^on, mais qui vient de descendance des rois de Léon.

•6 MËMOIEES

parrain de mon second fils pour sa couvertare, prit ee duc d'Âlbe pour lui aider à en faire les honneurs. Je l'ai fort peu vu à Madrid où il menait une vie fort retir rée. Il y passait pour un bon et honnête homme. Il me parut fort poli et savoir Tétre en grand seigneur. Ces Tolède se distinguent d'autres Tolède par le prénom d'Alvarez.

Albuquebqub, Bertrand la Cueva, Henri IV, roi de Gastille, fit don, en 1464, d'Albuq^uerque, dans l'Ëstrémadure castillane, à Bertrand de la Cueva et l'érigea en même temps en duché pour lui, alors comte de Ledesma, dont la postérité masculine finit vers le qnin* zième siècle. Marie de la Cueva, héritière, porta le duché d'Albuquerque en mariage à yn Français nommé Hugues Bertrand, qui prit le nom seul et les armes de la Cueva, duquel toute cette maison descend aujoui^ d'hui. Ce duché y a toujours été conservé par le soin qu'on a pris d'y marier toujours les filles héritières. Cet heureux Français ne pouvait pas être un homme du commun pour trouver un tel établissement en Espagne. On ne peut néanmoins dire qui il était ; mais on connaît des Bertrand qui, dès avant 1040, étaient barons de Briquebec en Normandie, qui ont grandement figuré de père en fils, et immédiatement alliés aux maisons des comtes d'Aumale, de Trie, de Tancarville, de Craon, de Neelle, d'Estouteville, de Coucy, de Sully, cadets des comtes de Champagne, Puynel et Chabot. Robert Bertrand, baron de Briquebec, vicomte de Boncheville, connétable de Normandie, fit, comme seigneur de Honfleur, des dons à l'abbaye du Becen, 1240. Il fut grand-père de Robert VU Bertrand, lieutenant du roi en Guyenne, Saintonge, Normandie et Flandre, nooré* chai de France en 1325. Il fut présent à Thommage qu'Edouard III, roi d'Angleterre, rendit, en 1329, à

Amiens, à Philippe de Yatois, eut divers autres grands emplois, mourut en i348 et ne laissa que des filles. Il eut un frère évêque-comte de Beauvais. pair de France, et un autre frère, vicomte de Roncheville, dont pourrait bien être sorti ce Hugues Bertrand si bien établi en Espagne. Mais quelque favorable que puisse en être la conjecture, elle est sans aucune sorte de preuves.

Le douzième duc d'Albuquerque, que j'ai vu en Espagne, était petit-fils d'une duchesse d'Albuquerque, laquelle était aussi la Cueva, qui avait beaucoup d'esprit et de lecture, et qui tenait presque tous les jours chez elle une assemblée de savants et de personnes distinguées et de bonne compagnie. Elle fut camarera major de la reine Louise, tille de Monsieur, lorsqu'elle obtint que la duchesse de Terranova, qui l'était, fût renvoyée, ce qui était sans exemple en Espagne. Cette duchesse d'Albuquerque la fut aussi de la palatine de Neubourg, seconde femme de Charles II, dont elle obtint la vice-royauté du Mexique, vers la fin de son règne, pour ce duc d'Albuquerque son petit-fils, où il était lors de l'avènement de Philippe V à la couronne. Il se mit fort bien avec lui en lui envoyant, aussitôt après qu'il en fut informé, un grand secours d'argent, hors les temps accoutumés, qui arriva fort heureusement et fort à propos. Il y perdit sa femme, et à ce qu'il me dit, son estomac, tellement qu'il ne mangeait plus que des potages. Ce fut son excuse de se trouver aux repas de cérémonie que je donnai. A la fin il me dit, sur le dernier, dont par règle je le conviai pour la Toison de mon fils aîné, qu'il ne pouvait plus me refuser toujours. Il y vint donc et me parut surpris du service où il y avait quantité de potages ; il mangea de tous, mais il se contenta, pour tout le reste, de quelques petites mies de pain qu'il trempa dans toutes les sauces , une

•8 MÊMOUIËS

seule fois par plat, et témoignait les trouver fort bonnes. La première fois que je le vis, ce fut dans une porte de l'appartement de la reine, à mon audience de cérémonie. J'aperçus devant moi, tout contre, un petit homme trapu, mal bâti, avec un habit grossier sang de bœuf, les boutons du même drap, des cheveux verts et gras qui lui battaient les épaules, de gros pieds plats et des bas gris de porteur de chaise. Je ne le voyais que par derrière, et Je ne doutai pas un moment que ce ne fût le porteur de bois de cet appartement. II vint à tourner la tète et me montra un gros visage rouge, bourgeonné, à grosses lèvres et à nez épaté ; mais ses cheveux se dérangèrent par ce mouvement et me laissèrent apercevoir un collier de la Toison. Cette vue me surprit à tel point que je m'écriai tout haut : « Ah! mon Dieu, qu'est-ce que cela? » Le duc de Liria, qui était derrière moi, jeta les mains à l'instant sur mes épaules, et me dit : « Taises-vous, c'est mon oncle. » Le duc de Yeragua et lui me le nommèrent et me le présentèrent aussitôt. Je l'ai fort vu depuis : c'était un homme d'esprit, très-instruit, fin et adroit courtisan, qui avait su tirer de la cour et s'y maintenir bien et en considération dans le monde. Sa conversation était agréable, polie, instructive. Il avait, vis-à-vis Tlncarnation , un des plus beaux palais de Madrid, et des plus vastes, magnifiquement meublé, avec force argenterie, et jusqu'à beaucoup de bois de meubles qui, au lieu d'être de bois, étaient d'argent. Il était fort riche et parlait assez bien français. Il avait plusieurs fils : l'atné, déjà âgé, dont on disait beaucoup de bien et qui, avant mon départ, fut un des gentilshommes de la chambre du prince des Asturies.

D. DEL Abgo, ManrtQue de Lara. Quoique grandement et procbaintuJient ollié, il n'était pas reconnu unanimement pour être d'une si grande origine, quoique

ses pères en eussent toujours porté le nom. La fortune du sien était médiocre, et lui crut en avoir fait une que d'être parvenu* à une des quatre places de majordomes de Philippe V, tôt après son arrivée en Espagne. C'est ce qui me fait différer à parler de cette maison sous un autre titre. C'était un grand homme parfaitement bien fait, blond, chose très-rare dans un Espagnol, d'un visage agréable, Tair noble et naturel, l'abord gracieux, poli et attentif pour tout le monde, doux et néanmoins ferme et nullement ployant. Il fut tel toute sa vie sans que la faveur y ait jamais rien altéré. Il était adroit en toutes sortes d'exercices, grand toréador et fort brave. Il s'était fort distingué à la suite du roi dans ses armées en Italie et en Espagne ; le roi prit du goût pour lui fort peu après qu'il fut majordome, et lui un grand attachement pour le roi ; cette amitié réciproque parut bientôt en tout et n'a jamais souffert la moindre éclipse, tellement que tout in minoribus qu'il était encore, jamais le. cardinal Âlbéroni n'a pu ni le gagner ni l'entamer. Le roi le fit son premier écuyer^ et il était dans cette charge lors de deux actions qu'il fit qui redoublèrent extrêmement l'estime et l'amitié du roi pour lui. La première fut à une chasse où le roi blessa un sanglier qui vint sur lui et qui l'eût tué, si dans l'instant don Alonzo Manrique ne se fût jeté entre-deux et dessus, et ne l'eut tué. La seconde fut encore aune chasse on le roi et la reine sa première femme étaient à cheval. Ils se mirent à galoper; la reine tomba le pied pris dans son étrier qui l'entraînait. Don Alonzo eut l'adresse et la légèreté de se jeter à bas de son cheval et de courir assez vite pour dégager le pied de la reine. Aussitôt après il remonta à cheval et< s'enfuit à toutes jambes jusqu'au premier couvent qu'il put trouver. C'est qu'en Espag&e toucher au pied de la reine est un crime dign

de mort. On peut juger que la rémission lui fiit bientôt accordée, avec de grands applaudissements.

Sa faveur croissant toujours, le roi fît en sorte que le duc de la Mirandole voulût bien se démettre de ia charge de grand écuyer qu'il avait, dont les honneurs et les appointements lui furent conservés, et la donna à don Alonzo Manrique, qu'il fît en même temps duc del Arco et grand d'Espagne. 11 était noble en toutes ses manières, et magnifique et libéral en tout, avec cela extrêmement simple et modeste, et d'un esprit sage, mais médiocre, et beaucoup d'équité et de ménagement.

11 avait l'air si parfaitement et si naturellement Français, qu'il aurait passé dans Paris pour l'être, et que j'en fus surpris extrêmement. Avec sa faveur, il ne se voulut jamais mêler de rien, ne demanda jamais rien pour lui, et passa même toute circonspection dans son extrême retenue à demander pour les autres. Par sa charge, il avait celle de toutes les chasses, où il suivait toujours le roi, et était très-charitable et très-judicieux à l'égard de ces milliers de paysans employés sans cesse aux battues, dont je parlerai en leur lieu, et c'était encore lui qui, comme grand écuyer, ouvrait et fermait ia portière du carrosse du roi. De tous les gentilshommes de la chambre, lui et le marquis de Santa-Gruz étaient seuls toute l'année en exercice; ainsi il fallait habiller et déshabiller le roi tous les jours, et l'hiver porter une bougie dans un flambeau devant lui, depuis son carrosse jusqu'à son cabinet. Tant de fonctions et de détails de charges l'obligeaient à une incroyable assiduité, qui m'empêcha de pouvoir être en commerce avec lui autant que lui et moi l'aurions souhaité. Il portait derrière sa médaille de chevalier de Saint- Jacques, uo petit portrait du roi en miniature, qui était très-ressemblant. Il se retira avec lui à Saint-Ildephonse à son

abdication, et revint avec lui à la mort du roi Louis. Il eut la Toison et le Saint-Esprit et mourut longues années après, presque aveugle, sans enfants ; son frère, assez obscur, hérita de sa grandesse.

6. Abcos, Ponce de Léon, Jacques II, roi de Castille, avait donné le comté de Medelin à Pierre Ponce de Léon en récompense de ses services contre les Maures. Il était lors cinquième seigneur de Marchea^ et le lui retira en '1440 en lui donnant en titre de comté Arcos en Andalousie. Cette maison prétend sortir des anciens comtes de Toulouse. Rodrigue, troisième comte d' Arcos, petit-fils du premier par mâle, fut fait en 1484 marquis d'Arcos et duc de Cadix par les rois catholiques. Faute de mâles, sa fille porta Arcos, etc., en mariage au petit-fils par mâle de son grand-oncle paternel. Les rois catholiques lui retirèrent Cadix, et en échange le firent en 1498 duc d* Arcos et lui donnèrent d'autres terres. Celui que j'ai vu fort familièrement à Madrid était le septième duc d'Arcos de mâle en mâle, fils de rhéritière d'Aveiro si comptée en Espagne, et le même dont il est aussi parlé à propos du voyage forcé qu'il fit en France et en Flandre avec le comte de Barios, son frère. Ce duc d'Arcos était un homme d'une belle et noble représentation, sa femme aussi, très-riche et très-magnifique, ayant un très-beau et grand palais, des meubles admirables, et fort aumôniers et gens de bien, fort considérés à Madrid, fréquentant peu la cour et se plaisant en leur haras et à la plus superbe écurie d'Espagne, en nombre et en beauté de chevaux : tous deux très-polis, beaucoup d'esprit et de grandeur ; et le duc d'Arcos fort instruit et du goût pour les livres; tous deux parlant bien français et de fort agréable conversation et même libre avec moi.

Aremberg, Ligne. Était en Flandre attaché à la cour de Vienne.

Arion, Sotomayor y Zuniga. Je parlerai de cette maison sous le titre de Bejar. Ce duc d*Arion était oncle paternel du duc de Bejar, quoique de peu plus âgé que lui. Il portait le nom de marquis de Valero, et il était un des quatre majordomes du roi quand Philippe V arriva en Espagne, qui prit pour lui un goût et une estime qui ont toujours duré ; il était vice-roi du Mexique lorsque j'étais en Espagne, où il était en vénératiOD; c'est lui que le roi d'Espagne, bien qu'absent, fit majordome major de la princesse des Asturies, puis duc d'Arion et grand en arrivant en Espagne peu après que j'en fus parti.

Atri, Aquaviva, Napolitain, frère du cardinal Aquaviva et neveu d'un autre cardinal Aquaviva ; il était ca* pitaine des gardes du corps de la compagnie italienne, et en Italie lorsque j'étais en Espagne.

Atbisgo, Sarmiento.

BAfios, Pofice de Léon^ frère du duc d'Arcos. Il s'était retiré et établi en Portugal dans les biens d'Aveiro, de sa mère, lorsque j'étais en Espagne.

Bejar, Sotomayor y Zuniga. Les rois catholiques érigèrent cette terre, qui est en Estrémadure, en 1488, pour Alvar de Zuniga, second comte de Piacencia, et dès 1460 fait duc d'Arevalo par les rois catholiques qui peu après mirent ce titre sur Piacencia et enfin sur Bejar, et réunirentà leur couronne Arevalo et Piacencia. La nièce du second duc de Bejar en hérita et porta Bejar en mariage en 1533 à François de Sotomayor, cinquième comte de Belaicazar, dont le fils, qui joignit à son nom celui de Zuniga, fut quatrième duc de Bejar. Cette maison de Sotomayor, dans laquelle cette gran-

desse a'est depuis coatinoée de mâle en mâle, descend masealinement de Gutiere de Sotomayor, grand maître de Tordre d'Akantàra, mort en 1456, dont le fils atné Alphonse fut créé comte de Belaleazar par Henri IV, roi de Gastille. Le douzième duc de Bejar est celui que j'ai connu familièrement en Espagne. C'était un homme d'esprit, sage, timide, qui désirait fort quelque utile réformation dans le gouvernement, et qui m'en entretint particulièrement plusieurs fois avec le comte de Priego en tiers, son ami intime, par qui il m'avait fait demander ces conversations , et qui me voyant si bien avec leurs majestés catholiques et avec le marquis de 6rimaldo, désiraient ardemment que je m'y employasse, ce que Je ne jugeai point du tout à propos, quoique au fond je pensasse: comme eux, ce que je ne leur désavouai pa8,tainsi que l'impossibilité radicale du remède. Ce duc de Bejar était fort honnête homme, instruit et fort pieux ; il avait eu, dès Tâge de six ans, chose unique, la T(^8on de son père, tué, en 4686, volontaire au Biége de Bade. L'empereur s'intéressa fort pour cette ^ce si singulière. Longtemps depuis mon retour il maria son fils aîné à une fille du prince de Pons-Lorraine, qui fut dame do palais de la reine, et quelques années Après il fut majordome major du prince des Asturies, gendre do roi de Portugal.

BsRvncK, FitS'James. Bâtard de Jacques IL, roi d'ÂD^eterre, étant duc d'York et de la sœur du far ineux duc de Marlborough, duc et pair de France et ^'Angleterre, maréchal de France, général des années de France et d'Espagne, chevalier des ordres de la Jarretière, de la Toison-d'Or et du Saint-Esprit, gouverneur de Limousin, tué devant Philipsbourg dont il faisait le siège en 4734. Je remets au titre de Liria à parler de cette grandesse.

XXXVl. 5

74 MttMOl&ES

BovaNONTULiy Boumanmiie. Cette maiMAest origi- BBire da Boulonnais ou est la terre de BoQmonTiilc dont elle tire son nom, et connue dès 4070; longtemps français Y puis transplantés en Flandre. Il 8*agit ici de Michel-Joseph de Boumonville, qui a longtemps porté le nom de baron de Câpres. Son père, frère cadet du père de la première maréchale de Noailles, mourut en 17i8 gouTcrneur d*Oudenarde et lieutenant générai dei armées de Philippe V, et sa mère était Noirearmes, Sainte- Aldegonde, seconde femme de son mari. Le baron de Câpres monta par les degrés en Flandre au ser- ▼ioe d*£spagne ; il fit si bien sa cour aux maîtresses de rélecteur de Batière, qu'avec fort peu de réputation dans le monde et pas davantage à la guerre, il détint lieutenant général et chevalier de la Tolson-d'Or, qu'il Yeçuten 4710 des mains de l'électeur à Compiègoe. N'ayant plus rien à gagner avec lui, il passa en Espagne, où il s'attacha servilement à la princesse des Crsins, qui, comme on l'a vu ailleurs» l'envoya de sa part è elle à Utreeht pour cette souveraineté qu'elle voulait qu'on lui établit, et qui accrocha si étrangement la paix d'Espagae. Bournonville ne put être admis à Utreeht, y fût méprisé comme il le fût aussi en France et en Espagne de s'être chargé d'une si vile eommission. Mais avec un esprit médiocre, il L'avait trèsrsouple; a qniies bassesses, quelles qu'elles fussent, ne coûtaient rien, et qui l'avait tout tourné aux intrigues et à la fortaaeavie force langage et beaucoup de désinvolte et de grand monde. Ce bel emploi lui dévoua entièrement la princesse des Ursîns, qui Je mit si bien auprès du roi d'Espagne que, même après sa chute à elle, il fût fait) ^ \ 1716, grand d'Espagne et bientôt après capitaine des gardes du corps de la compagnie wallonne; il pnl ^ nom de duc de Bournonville et eut encore la def de

DE SAINXiWiON. Il

g«QtUbMmM de \% diamiwe, ottto vm w d'^u a'en avait ancune sorte de fonction que le diw del Aif0tt le marquis de Santa^Giruz.

J'en reçus à Madrid toutes les avances et toutes le$ care3ses imaginables. Il voulait aller ambassadeur en Franee, oà résolument on n*ea voulait pofitt, doot il se doutait bien. C'était donc poor lever cet obstacle qu'il me cieiirtiaait. J'avais ordro de \y barrer sous mafa^ même à découvert de la part du roi s'il était aécessairo. C'était tm éclat que Je voulus éviter, qui aie eoAta at -vrai tourment tes denriers moia que je {MSsai ea EspA^ gne, parce qui la se passèrent en importaaités Joarutt" lières là-dessus de sa part, et en efforts de la aûsaoé) pour lui en faifa perdre la pensée, jusqu'à la veille d« mon départ qu'il m'obséda deux heures le »oir daas Ni cour du Retire, pour me persaader de Tintérèl qu'oii avait en France de l'y avoir ambassadeor , et me con/a» rer de le persuader à M. le duc d'Orléans et au cardinal Dubois. S'il ne réussit pas dans ce dessein, il obtint ea -1726 l'ambassade de Yieane, dont il n'eat paa liea d'être ccnatent ; mais, accoutumé à savoir se rq9loyer5 ^ ne laissa pas d'être nommé, Tannée auivaate, premier plénipotentiaire au congrès de Scrïssons, où il ne se fit que des révérences et des repas , d'où il retourna en Espagne, peu content de Parts et de notre cour, ma^ré la protection des Noailies auxquels il était fort bonns gène, excepté à sa cousine la maré6hale> à. qui il ae ressemblait point, car il était feux au dernier point, Ift le sentait de fort loin, et d'une avarice extrême.

Il avait un frère afné sans fortune dont H prit le ffis auprès de lui. Il n'était point marié, et son dessein était de lui faire tomber sa grandesse et sa charge. Il était fort parmi le monde pendant que j'étais à Madrid, et en ntene temps peu désicéi pea estiaié et peu coaipté.

n KÉMomEs

DoMA, DortakQéûBêy dont il ettanedes qoatrepre* mièret matBons.

EsTBtes, Estréês, Français, à Paris. On a vu en sod liea comment il fat fait grand.

Fbus, Veloêco, en Gastille, près de Bargos. Les roii catholiques rerigèrent en duché pour Bernardin Fernandès de Velaseo, troisième eomte de Haro, et coimétable deCastille, après son père, office personnel jusqu'à ee second connétable, qui le rendit béréditairey teli^ ment qu'ils ont été bien plus connus sons le seul nom de connétables de Gastille, que sous celai de dues de Frias, grandesse qui, pour être toute mascnUne, n'est jamais sortie de la maison de. Velaseo. Cette illustre maison, qui a fait plusieurs branches, vient toute de Jean de Velaseo, riea4iombre et seigneur de Bibriesca et de Pomar. avant 'I4G0. Les offices de connétable et d'amirante avaient anciennement des rangs, desdroits et des fonctions dans les divers royaumes dont ils Té talent, qui composent celui d'Espagne; mais devenus depuis longtemps héréditaires, par conséquent abusiû, tout ce qui y était attaché s'était tellement perdu qu'il n'en restait plus que le titre, qui n'était que pour les oreilles , et ne donnait plus quoi que ce soit. Cette inutilité, rinsolenoe et la perfidie de ramirante, et l'enfance du connétable eng^èrent Philippe V, il y a quelqui^ années, à en supprimer même les titres pour toujours par un diplôme exprès et sans dédommagement, parce que ce n'était qu'un titre vain et vide de tout. Je n'ai point vu le dernier de ces connétables, parce que son jeune âge l'empêchait encore de paraitre dans. le monde. Il était fort riche et fort grand seigneur, le dixième duc de Prias.

ClrAi^niB, Llançoldit Bargia^ an royaumede Valence,

près de la mor. Alphonse Borgia, fait caidlnal, 4445,

par ËQgèBe lY ^ suceéda en 1465 à Nicolas Y, prit le

Qom de Galixte III, et mourut 4468. Sa sœur avait

épousé Geoffroy Uançol, d'une ancienne maison du

royaume de Yalcace, aux en£ants duquel le pape Ca-

iixte III fit prendre le nom et les armes de Borgia, dont

il ne restait plus de mâles. Geoffroy LIançol eut de la

sœur du pape deux flls et trois filles : P. L. Borgia,

préfet de Rome, et Bodriguès Boi^a, qui fut pape sous

leoom d'Alexandre YI, lequel, étant cardinal, avait eu

de Yenosa, femme de Dominique Arimano, Romain,

quatre fils et une fille, qui épousa successivement Jean

Sforze, seigneur de Pesaro, Alphonse d* Aragon, duc de

Bisoèglia, et Alphonse d'Esté, duc de Ferrare. Les fils

farent Pierre-Louis Borgia, fait duc de Gandie en 4485,

qui mourut accordé avec Marie Bnriquès, fille de Fami*

rai de Sicile ; César Borgia, d*abord cardinal qu'il ne

demeura pas, et qui devint célèbre par ses crimes, sous

le nom de duc de Yalentinois ; Jean Borgia, qui succéda

au duché de Gandie de son frère aîné, et qui épousa

Marie Enriquès, qui lui avait été destinée; enfin Gode*

'roy Borgia, prince d'Esquillace, marié à une bâtarde

d'Alphonse, roi d'Aragon, et dont la branche qui a duré

longtemps s'est éteinte. César Borgiafit tuer Jean Borgia

ànjïs Borne, et jeter son corps dans le Tibre ; mais il

laisfta un fils et une fille. Ce flls fut Jean II Borgia, duc

do Gandie, qui de Jeanne fille d'Alphonse, bAtard de

Ferdinand, roi d'Aragon, laissa François Borgia, duc

â« Gandie, qui, après avoir perdu sa femme, Françoise

de Castro, se fit jésuite, et devint bientôt général de cet

ordre : c'est le célèbre saint François de Borgia, mort

''^72, et canonisé cent ans après. Il laissa une grande

latérite qui se divisa en plusieurs branches, desquelles

l'ainée a toujours masculinement conservé le duché et

i« titre i» duo de Oândie. C'est le treidènie dm ôê Gand(e, qoe j'ai vu en fiapagne, jeune, sans monde ni esprit; oliBcar et embarrassé de tout, que toutefois la eonsldération de son nom du duc d'HiJar, son bean« père, du cardinal Borgia, son onela, fit l'un des deux gtntilhoninies de la ehambre du prinee des Astnries à son mariage.

ftiOTENAzzo del Giudiee^ Génois trans^snté à Na« pies. C'était le prince de Gellamsre, ambassadeur en France, qui ourdit avec le due et la duobasse du Maine la eonspiration dont il a été parlé, et tant de. lui à cette oeeasion qu'il n'en reste rien à ajouter ici, non plus que sur le cardinal del Giudice, son oncle paternel, dont il a été beaucoup parié ici, tant à l'occasion de son voyage à Paris qu'à celle de son expulsion d'Espagne par le cardinal Albéroni. Son frère, le vieux due de Giovenazio, qui avait encore plus d'esprit et d'intrigue que lui, et bien plus de sens, alla s'établir en Espagne, où il parvint à une grande considération. Charles II le fit grand, mais seulement pour trois races, et enfin conseiller d'état. Son fils Cellamare, qui, étant encore ambassadeur à Paris, prit à sa mort le nom de duc de Giove* nazzo, avait épousé à Rome uneBorghèse, veuve du duc de la Mirandole, et mère du duc de la Mirandole que je trouvai établi en Espagne. Cellamare en avait une fille unique, demeurée à Rome dans un couvent, qui avait cette troisième race de grandesse et de grands biens à porter au mari qui l'épouserait. On la disait étrangement laide. Je ne sais ce qu'elle est devenue.

Longues années après mon retour, la cour d'Espagne fit un long voyage à Cadix, Séville , Grenade , etc., et don Joseph Patifio était lors premier ministre et chef des finanees en particulier. Cellamare , je l'appelle toujours ainsi , y était eomme grand écvytr da It reine , eliarge

DE SAiirr^MON. n

^o'il avait dès le temi» qu'il était à Paria. Patilld avait le défaut d'être également iafatigable en promesses réitérées et en inexécutions , même de choses à faire sur-» le-elianip) surtout quand il s'agissait d'argent. Il y avait longtedups qu'il menait Gellainare de ia sorte sur le paiement de i'écnrie de la reine , livrée ^ fourrages et réparations de voitures, dont Geliamare était outré , n'osant trop pousser un premier ministre dans le plus haut erédit et là puissance la plus vaste et la plus ab* solae. Iji clioae traîna ainsi jusqu'au départ de la cour pour revenir à Madrid , toujours en promesses, et la plupart d'être payé sur^Ie-ehamp, sans jamais d'exéeu* tion la plus légère. Le matin du départ, Geliamare fut chez Patino lui représenter l'état de l'écurie de la reine, etc. ; ii en eut peu de satisfaction, il se fâcha, en vint aux grosses paroles , et entra dans une telle colère qu'il eut peine à regagner son logis , où il se trouva si mal qti'ii en mourut le jour même à près de quatre-vingts ans.

Gbavina des Ursins à Naples et à Rome. C'est à présent l'aîné de cette grande maison, si tant est qu'il en reste d'autres branches. Madame des Ursins fit donner la grandesse aa duc de Gravina, neveu du pape Benoît XIII.

Havbbch, Croï, en Flandre. Philippe III l'érigea en duehé pour Gharles-Alexandre de Groi ^ de la branche d'Arsehot, qui, de gentilhomme de la chambre de l'ar^ chidue Albert, et conseiller au conseil de guerre à Bruxelles , prit le'nom de duc de Groï après la mort de Charles duc de Groi , son cousin et son bcau-frère« Philippe III le fit eonseiller d'état , surintendant des finances des Pays-Bas , chevalier de ia Toison-d'Or et grand d'Espagne. Il fut tué dans sa maison à Bruxelles, à cinquante ans , en 1624 , d'un coup de mousquet qui

tO MÉMOIRES

lui fût tiré par une fenêtre. Il avait épousé , en 1599, Yolande , fille de Lamoral , prince de Ligne , dont il n'eut qu'une fille unique , qui porta sa grandesse et tous ses biens en mariage à Plerre-François , second fils de Philippe de Croi, comte de Solre, qui prit par elle le nom de duc d'Havrech. Il fut chevalier de laToisond'Or, gouverneur de Luxembourg et du comté de Chiny, et chef des finances des Pays-Bas, mort à Bruxelles en 1650. Son fils unique , Ferdinand-François- Joseph de Crol , duc d'Havrech , fut chevalier de la Toison-d'Or^ et mourut à Bruxelles en 1694. Il avait épousé , en 1668, l*héritière d'Haï luyn dans le château de Wailly près d'Amiens, dont il eut Charles- Joseph, duc d'Havrechy tué sans alliance à la bataille de Sarragosse, 10 septembre 1710, lieutenant général et colonel du régiment des gardes wallonnes, et Jean- Baptiste-Joseph , duc d'Havrech et colonel du régiment des gardes wallonnes après son frère. La princesse des Ursins lui fit épouser la fille de sa sœur et d'Antoine Lanti , dit délia Bovere , seigneur romain , à qui sa belle-sœur procura l'ordre du Saint-Esprit en 1669. La chute de la princesse des Ursins attira des dégoûts ao duc et à la duchesse d'Havrech qui était dame du palais de la reine. Le duc d'Havrech quitta l'Espagne et se retira en France avec sa femme , et mourut à Paris en 1627. Il laissa deux fils, dont l'ainé, duc d'HaiTOch, grand d'Espagne, s'est fixé au service de France où il est lieutenant général, et a épousé une fille do maréchal de Montmorency, dernier 'fils du maréchal duc de Luxemi>ourg. Le cadet s'est marié en Espagne à la fille héritière du frère de sa mère, qui , comme on le verra ci-après , le fera grand d'Espagne.

HiJÀR, Sdva, ancienne baronnie en Aragon, puis duehé , a passé d'héritière en héritière en différentes

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maisons , et enfin en celle de Silva , où elle ne fut que sut une seule tête par son mariage , dont une seule fille liéritîère, qui porta ses biens et cette grandesse à Rodrigue de Silva y Sarmiento et Yillandrado , comte de Saiinas et Biimâaneo , second marquis d'Alenquer, mort au château de Léon , prisonnier d^état, ayant trempé dans la conjuration de Cliarles Padille contre Philippe IV. Son fils aîné, duc d*Hijar, eut des fils qui n'eurent point d'enfants, et laissèrent leur sœur héritière , qui porta ses biens et cette grandesse en mariage, décembre 1688, à son cousin paternel Frédéric de Silva y PcA'tugal , marquis d'Orani , dont le petit-fils , par mâles, est le huitième duc d'Hijar, que j*ai vu en Espagne, qui fréquentait peu la cour et le monde, mais qui avait de la considération. Je l'ai fort peu vu et point du tout fréquenté.

L'iNFAiîTAno , fit/va. Cette maison, cette grandesse et le duc del Infantado, du temps de mon ambassade en Espagne , sont traités ci-dessus, en sortç qu'il n'en reste nen à expliquer, sinon que. l'érection en est des rois catholiques en 1475 , sous lé nom de Tlnfantado, et d'héritière en héritière tomba enfin , vers 1667 , dans la maison de Silva , au cinquième duc de Pastrana.

Pastrana, terre en Casttlle, fut vendue avec d'autres, 1572, par Gaspard Gaston de la Gerday Mendozza, à Buy Gomès de Silva, prince d'Eboli, qu'il fit peu après ériger en duché et grandesse pour lui par Philippe II , qui l'avait fait grand d'Espagne et duc d'Estremera dès 1568 ; et le nouveau duc de Pastrana en préféra le titre à celui de duc d'Estremera qu'il quitta. Il eut plusieurs enfants d'Anne Mendozza y la Gerda son épouse , favorite si déclarée de Philippe II , dont descendent, outre les ducs de Pastrana, les comtes de

m MtMonuBS

Satinas , les dues d'Hijar et les marqufs d*Oraiii d'EUsede et d'Âguilar. L'alné, Roderio de Silva y M endosza, M second duc de Pasirana et troisième prince d*£boli, et grand-père d'un autre Roderio de Silva, einquième due de Pastrana , qui devint due de l'Infantado et de Lerma par sa femme, sœur et héritière de Roderic Diaz de Vlvar Hurtado de Mendozza et Sandoval , septième duc del Infantado , mort sans enfants en Janvier 1657) et de Diego Gomea de Sandovai , mort aussi sans enfttnts , juillet 1668. Le duc del Infantado, du temps qne j'étais en Espagne, est petit-fils du duc de Pastraoa, devenu , comme il vient d'être expliqué, duc del Infantado, dont lesSilva, depuis cette époque, ont préféré le titre à celui de duc dePastraua.

Il résulte de ce détail que la date de la grandease del Infantado doit être prise de la première qu'il ait eue, qui est celte de 4568 de duc d'Estreraera qui, sons Charles V, a passé de l'état de rico^hombre à celui de grand d'Espagne.

LiGEBÂ y Aragon.

LiWÀBÈs , Aleneastro. Linarès, en Portugal , érigé en comté par le roi Emmanuel de Portugal pour Antoine de Norona, fils puîné de Pierre de Norona y Menesez,issu de la maison royale de Castiiie. Une fille héritière épousa un autre Norona, dont le fils Ait fait due de Linarès par Jean lY, roi de Portugal. Son flie fut fait grand d'Espagne par Charles II, et grand écuyer de la reine sa seconde femme , et mourut à sa suite à Tolède en 1703. Ses iwa fils mourarent sans postérité, et sa fille ainée porta le duché etgraodesse de Linarès en mariage au second duc d'Abrantèt; rien à ajouter sinon que , la grandesse étant tomhéeà l'évéque de Guença , il en prit le titre et cessa de porter le nom d'évique de Cuença. Je le laissai en partast

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d'E^agne sans avoir fait sa eooveitare , parea qu'il voulait ia faire avec son bonnet, et que les grands s'y opposaient rt voulaient qu'il se eouvrtt avec son clia« peau. Cette contestation , qui durait depuis longtemps, retanait ce prélat à la cour, Ipquel n'en était pas fâché I et qui n'était pas sans ambition ni sans esprit* Il était, comme on l'a vu , de la maison d'Alencastro. Loua, fils unique du premier lit du duc de Benvieh ci-dessus, qui, après avoir fût tout jeune ses premières armes en Hongrie, retourna en Angleterre sur le point de la révolution, et passa en France avec Jacques II , dont il était fils naturel. Il y servit d*abord volontaire, «t tôt aprè3 lieutenant général tout d'un coup; il eut bientôt des commandements en chef. Il a tant été parlé de lui dans ces Mémoires, et de l'occasion glorieuse qui lui acquit la grandesse et la Toison à lui et à son fils, qu'il n'est besoin de s'arrêter que sur la singularité de sa grandesse, sur quoi il faut reprendre les choses de plus haut. Il avait été marié deux fois, et n'avait de son premier lit qu'un fils unique et plusieurs du second. Il s'était si parfaitement flatté d'obtenir son rétablisse* meut en Angleterre que , lorsqu'il fut fait dao et pair de France, il obtint une clause inouie dans ses lettres, qui fut rexclusion de son fils aîné, parce qu'il le destinait à succéder en Angleterre à ses dignités et à sea biens; mais lorsqu'il fut fait grand d'Espagne, il s'était enfin désabusé de cette trop longue espérance, et vou* lut établir tout à fait en Espagne ce fils aîné. Piûiippe Vy en le faisant grand d'Espagne, lui avait donné en mémo temps les duebés de Lirla et de Quirica, dans le royaume de Yalenee, qui avaient été des apanages des inâinti d'Aragon. Le duc de Berwick obtint de les pouvoir don* ner actuellement à son fils aîné, el qu'il jouit en même temps de la grandesse conjmntanBent avec lui, ce qui

U NËMOniES

était Jusqu'alors sans exemple. Son fils aine prit donc alors le nom de dae de Liria , fit sa couverture , reçut l'ordre de la Toi8on<d*Or, et bientôt après épousa la sœur unique du duc de Veragua qui^ par révénement, devint l'héritière de très-grands biens. C'était une femme très*bien faite, Tair fort noble et les manières, avec cie l'esprit, du sens et de la piété, et fort estimée et considérée. On a vu qu'elle fut dame du palais de la princesse des Asturies à son mariage.

Le duc de Liria était lieutenant général, et fut gentilhomme de la chambre du roi d'Espagne très-peu avant que j'y arrivasse. On a vu toute l'amitié et les services que j'en reçus. Il avait par deux fois couru grand risque en Ecosse et en Angleterre. Il avait de l'esprit, beaucoup d'honneur et de valeur, et une grande mais sage ambition, était aimé, estimé et compté en Espagne, et le fut partout où il alla. Sa conversation était trèsagréable et gaie , instructive quand on le mettait sur ce qu'il avait vu et très-bien vu en pays divers et en affaires, très-bien avec tout ce qu'il y avait de meilleur en Espagne, ami le plus intime de Grimaido qu'il n'avait point abandonné dans sa disgrâce du temps d'Albéroni, et Grimaido ne l'avait jamais oublié ; quoiqu'il eût beaucoup de dignité, il ne laissait pas d'être souple avec mesure et justesse, et fort propre à la cour qu'il connaissait extrêmement bien. Il avait un talent si particulier pour les langues, qu'il parlait latin, français, espagnol, italien, anglais, écossais, irlandais, allemand et russien comme un naturel du pays, sans jamais la moindre confusion de langues. Avec cela il aimait passionnément le plaisir; et la vie compassée, uniforme, languissante, triste de l'Espagne lui était insupportable. U était fait pour la société libre, variée, agréable, et c'était ce qu'on n'y trouvait pas.

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Qaelque temps après mon départ, il obtint l'ambassade de Russie, avec une commission à exécuter à Vienne. Il réussit en Tune et en l'autre, tellement que la czarine, sans l'en avertir, lui jeta un jour le collier de son ordre an cou. Il repassa à Paris, où il se dédommagea tant qu'il put de l'ennui de l'Espagne, et où nous nous revîmes avec grand plaisir. Il me voulut même bien donner quelques morceaux fort curieux qu'il avait faits sur l'état de la cour et du gouvernement de Russie. Il demeura à Paris tant qu'il put , et bien moins qu'il n'eût voulu, et pour éloigner son retour en Espagne, il obtint permission d'aller voir le roi d'Angleterre à Rome ; de là il alla à Naples, où il ût si bien, qu'il demeura si longtemps que, s'y abandonnant aux plaisirs delà société, et peu à peu à l'amour d'une grande dame, il en mourut de pbtbisie, laissant plusieurs enfants. C'est un homme que je regretterai toujours. Son fils aine a recueilli sa grandesse, est grandement établi, mais ne lui ressemble pas.

Memna-Cœu , Figuerroa y la Cerda. La grandeur de l'origine de cette grandesse, et la* singularité de sa première continuation , m'engagent à m'y étendre. Alphonse X , roi de Castille, dit l'Astrologue, de son goût pour l'étude, et en particulier pour les mathématiques et l'astronomie, et des fameuses tables dites Alphonsines de son nom qu'il fit dresser sous ses yeux, eut deux fîl s d'Yolande, infante d'Aragon, son épouse : Ferdinand rainé qui fût gendre de saint Louis ; et Sanche dit le Brave. Ferdinand donna àei preuves de son courage contre les Maures, et mourut à vingt et un ans, en 1275, neuf ans avant son père, laissant deux fils : Alphonse et Ferdinand qui , je n'ai pu savoir pourquoi , prirent dans la suite le nom de la Cerda. Sanche, fils cadet de l'Astrologue, voyant les deux fils de son aine

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