H M£II0I1ES
8i fort en bas âge, et le roi son père si enterré âa»e ses études qu'il ne put jamais se ràendre d'aller en All^ magne où il ayatt été ^u uDanimemaQt empereur , ie méprisa, et conçut le dessein de régner. Les instances persévérantes des princes d'Allemagne, ni les ezlMurtatiens du pape, n'ayant pu Tébranler pendant plusieurs années^ quoiqu'il eût accepté l'empire, pris le nom d'em* pereur, souvent promis de passer en Allemagne, les princes de l'empire, rebutés de tant de remises, se tournèrent du côté du firère du roi d'Angleterre, qui eut plus de volonté, mais non plus de succès, ce qui enga* gea lea Allemands à renoncer à l'un et à l'autre, et à élire Rodolphe , comte d'Hapsbourg, chex fameux de la maison d'Autriche.
Sanohe, ravi du mépris ou l'attachement à l'étude, et la privation de l'empire qui en fut l'effet, avait pré« cipité son père, profita de cette passion d'étude pour lui persuader de se décharger sur lui de tous les soins du gouvernement, qui le détournaient de ses occupatloiis les plus chères. Parvenu à régner sous son nom, et à s'être acquis toute la Gastilie par sa valeur et sa manière de gouverner, il songea à faire déshériter ses neveux, et à se faire associer par son père, et couronner roi de son vivant, car jusqu'à la réunion des divers royaumes qui composent l'Espagne, c'est-à-dire Jusqu'aux rois' catho* liques inclusivement, tous ces différents rois se faisaient couronner. Le père y consentit , et presque tout le royaume ; au moins on n'osa y branler. Ce ne ftit pas tout, Sanche trouva*que son père demeurait trop longtemps avec loi sur le trône; il résolut de l'en précipiter, il en vint à bout. Le malheureux père, réduit à ses livres, ne put s'en consoler avec eux. Il Implora l'assistance de toute l'Europe contre un Als si dénaturé, laquelle ne lui en procura aucune. Alors réduit au
DE SAINT-SDIOBi. «1
défl€8po!r, il donna sa malédiction à son fils, le déshérita et sa née autant qn'il fut en lui , rappela ses petits-fils alinéa h leurs droits, et à défaut de leur race, appela à sa couronne celle de saint Louis. Il mourut dans ce désespoir, et Sanche sut bien empêcher l'effet des dernièrea volontés de son père. Ce prince et Jacques V% roi d'Angleterre, montrent ce que sont des cuistres cou* ronnés. Des deux mallieureux neveux, Alphonse de la Cerda fit la branche dite de Lunel, et' Ferdinand fit celle dite de Lara, de la femme que chacun des deux épousa. Cette branche s'éteignit dans le petit-fila de Ferdinand, qui n'eut qu'un fils mort au berceau, et des filles mariées, qui furent emprisonnées et empoisonnées par l'ordre de Pierre le Cruel , roi de Castille, en 1361. Ainsi je ne parlerai point de cette branche.
Alphonse de la Cerda n*oublia rien pour recouvrer le royaume qui lui appartenait, et dont il prit le nom de roi de Castille , que Sanche, son oncle, avait usurpé. Ses efforts furent inutiles ; il fut réduit à se retirer en France, où Charles le Bel le fit son lieutenant général en Languedoc. Il épousa Mahaud, dame de Lunel, dont il , eut un seul fifs connu sous le nom de prince des tles Fortunées, d'où sont sortis les Meâina*Coeli. Il se remaria à Isabeau, dame d'Anevinge et d'Ëspinoy, veuve d'Henri de Louvain , seigneur de Gaêsbeck, qui épousa en troisièmes noces Jean premier de Melun, vicomte de Gand. De son second mariage Alphonse de la Cerda eut Charles , dit de Castille ou d'Espagne , connétable de France , qui figura dignement et grandement, et qui fut empoisonné à Laigle en Normandie , où il mourut , par ordre de Charles le Mauvais, roi de Navarre. Ce connétable ne laissa point d'enfants de Marguerite de Châtil* lon-Blois. Il eut deux frères sans établissements ni alliances , dont un fut archidiacre de Paris , et une sceur
M MËMOIRES
ioariëe en Espagne, à Ferdinand Ruys de Yillalobos. Ainsi finit promptetnent cette branche du connétable. Revenons maintenant à son frère aîné, Louis d'Eqttgne, prince des lies Fortunées , duquel sont sortis les Me* dina-Cœli.
Ce Louis de laCerda eut le don du pape des lies For* tunées, dont il fut couronné roi dans Avignon, par le même pape Clément YI, vers 4344. Ces lies sont.les Canaries, qu'il se résolut d'aller chercher sur l'exemple de ceux de Gênes et de Venise sur le bruit de leur découverte; mais ce fut un dessein qu'il ne put exécuter. Il Alt amiral de France, comte deCtermont etde Talmont; il'épousa vers 4370 Léonor de Gusman , dame du port Sainte-Marie, près Cadix, dont il ne laissa qu'une seule fille héritière , appelée Isabelle de la Cerda , dame de Medina-Cœli et du port Sainte-Marie, qui fut veuve sans enfants de Roderic Alvarès d'Asturie. Voyons maintenant à qui elle se remaria.
Gaston Phœbus, comte de Foix, vicomte de Réarn et de Rigorre, dit Phœbus pour sa beauté, dont la magoi- «ficence, la cour, la puissance et l'autorité chez tous les princes de son temps sont si Vantés dans Froissard, fut toujours brouillé avec Agnès, fille puinée de Philippe Illt roi de Navarre, à la cour duquel elle passa presque toute sa vie, et que ce comte de Foix avait épousée en 4348. Il n'en avait qu'un fils unique qu'il avait marié avec Béatrix, fille de Jean comté d'Armagnac, lequel passait aussi sa vie tant qu'il pouvait auprès de sa mère et du roi de Navarre son oncle. Etant venu voir son père à Orthez, qui haïssait sa femme et ne l'aimait guère luimême, et ne pouvait souffrir le roi de Navarre, son beaufrèra, il en fut assez bien reçu. Au bout de quelques Jours le comte de Foix, au retour de la chasse, se mit à table pour souper ; son fils lui présenta ii\ serviette pour
DE SAINT-SmON. M
laver. Dans eet instant le soupçon et la colère snrpri* rent si à coup le comte de Foix que, croyant que son fils lui allait porter le coup de la mort en lui donnant la serviette, il tira un poignard de son sein, dont il l'abattit mort à ses pieds, en 1380; et c'était un jeune homme de très-grande espérance , très-bien né et bien éloigné d'avoir jamais eu une si horrible pensée. Le père, revenu à lui-même , fut au désespoir, ne put s'en consoler , et mourut enfin de sa douleur , qui lui causa l'apoplexie qui l'étouffa dans l'instant qu'il se lavait les mains en se mettant à table à Orthez pour souper, en 1391 , à quatre-vingts ans, de même façon qu'il avait tué son fils. Ce fils n'avait point eu d'enfants, tellement que Mathieu de Fois , vicomte de Gastelbon » succéda à Gaston Phoebus au comté de Fois. Plusieurs années auparavant, sa soeur unique , Isabelle, avait épousé Archambàud deGrailly qui, par elle, succéda au comté de Foix , etc. , par la mort sans enfants de Mathieu comte de Foix, etc., frère de sa femme. Le duc de Foix, &it dac et pair par Louis XIY en 1663, avec madame de Senecey sa grand'mère, et la comtesse de Fieix sa mère, toutes deux dames d'honneur de la reine-mère, et mort il n'y a pas fort longtemps sans enfants, a été le dernier de cette maison de Grailly qui , par ce même héritage de Foix , eut celui de Navarre ensuite aussi par héritage , en porta peu la couronne , qui tomiia par une héritière dans la maison d*Albret, et d'elle par la même voie dans la maison de Bourl)on, avec tes comtés de Foix , Bigorre , Béarn , etc. Beprenons présentement notre sujet.
César Phœbus, comte de Foix, n'avait d'enfants que le fils qu'il poignarda; mais il laissa quatre l)àtards dont les deux derniers n'ont point paru dans le monde. Bernard, Tainé des quatre, eût un bonheur extrême, comme
il MMOttES
on le Ta Yoir. Yvain» le leconâ te qaatre, le làirorl du père j brilla à la cour de Charles YI^ fut de ce funeste bal où ce roi et sa suite se masquèrent en sauTages, où le feu prit à leurs habits, dont plusieurs moururent brûlés, dont Yvain Ait un, sans aToir été marié. Ce fut le 30 janvier 1392.
Bernard, bâtard de Gaston Pbœbus, comte de Foix , et l'ainé des trois antres bâtards , alla chereber fortune en Espagne dès 1367, y établit sa demeure , s'y dis* lingua par sa valeur au service du comte deTranstamare contre Pierre le Gruelf roi de Gastille, dont il était frère bâtard, maisquMl vainquit et tua, et fut roi de Galtille en sa place sous le nom d'Henri IL Bernard eut le bonheur de plaire à Isabelle de la Cerda, dame de Médina- Cœli et du port Sainte-Marie, fille et seule héritière de Louis de la Cerda ou d'Espagne, prince des lies Fortunées^ etc., petit-fils de Ferdinand, fils aine de Gastille et de Blanche, troisième fille de saint Louis, sur lesquels Sanehe le Brave, après la mort du même Ferdinand son frère aîné, avant le roi Alphonse l'Astrologue, leur père, avait usurpé la couronne de Gastille. Get heureux bâtard de Foix fit donc ce grand mariage si disproportionné de lui , et fut fait comte de Medina-Cœli. Il piit en plein et en seul le nom de la Gerda, et les armes au premier et quatrième parti de Gastille et de Léon, au second et troisième de France , et tous ces quartiers sans brisure , ainsi qu'il appartenait à ce malheoreui prince déshérité, père de cette royale héritière. Les trois générations suivantes comtes de Medina*Goeli fign* rèrent fort à la guerre et dans Tétat et par leurs al* liances; le quatrième, Louis II de la Gerda, servit si bien les rois catholiques contre les Maures, qu'en il9f ils le créèrent duc de Medina-Gœli ; te troisième doc M fait marquis de Gogoitudo; le slxlènie épousa l'béri*
DE
tièrt an duché d'Aleala. Son fila , le sejMième , épousa
l'héritière des duchés de Ségorhe et de Cardonne , des
marquisats de Comarès et de Benia et du comté de
Sainte -Gadca. Je ne marque sur chacun que les gran-
desses qu'ils accumutèreat et peint les autres terres. Le
kaitiàne fils du septième finit la race de ces heureux
bâtards de Foix. Ce fut Louis François, huitième due
de M edina-Gœli , général des côtes d'Andalousie , puis
des galères de Naples, ambassadeur à Rome , vice-roi
deNaples, rappelée Madrid, fait gouverneur duprinee
des Asturies, et premier ministre d*état 1709* La ja-
lousie et les menées de la princesse des Ursins le ren*
dirent suspect. Il fut accusé d'une conspiration ccmtre
rétat, et arrêté comme il allait au conseil , conduit à
Pampelune , puis à Fontarabie , où il mourut fort tôt
après sans aucun enfant de la fiile du duo d'Ossone qu'il
avait épousée en 1678. Ses sœurs ayaient épousé, Talnéa
le marquis de Priego ; la seconde le marquis d'Astorga ;
la troisième le dernier amirauté de Gastille ; la qua*
trième le due d'Albuquerque; la cinquième le marquis
deSolera; la sixième le connétable Colonne; la sep**
tième le duo del Sesto ; la dernière le comte d'Onate,
tous grands d'Espagne. Ainsi la sœur aînée du huitième
doc de Medina-Coeli des bâtards de Foix hérita de toutes
ces grandesses qu'elle porta après son mariage à son
mari le marquis de Priego. Voyons maintenant qui était
ce marquis de Priego , qui était aussi duc de Feria , et
doublement grand d'Espagne.
Laurent II, Suarès de Figuerroa, fut fait comte de Feria en Estrémadure par Henri IV, roi de Gastille, en 1467. Il était petit-fils de Laurent P' Suarès de Figuer» roa, mattre de l'ordre de Saint-Jacques^ qui acquit eette terre, et il fut grand*père d'antre Laurent III Suarès de Fignerroa ; tout cela de mâle es màie,.qui
n MÊHOIRES
épousa, en 4618, Catherine, fille aînée et héritière de Pierre Femandez de Cordoue, muqnis de Priego; par laquelle il unit en lui les deux grandesses deFerîa et de Priego, et le nom de Femandez de Cordoue, de sa fèmjne, au sien de Suarès de Figuerroa dans sa postérité. Pierre leur fils, mort après son père, mais avant sa mère, fut quatrième comte de Feria, et ne laissa qu'une fille unique laquelle fut bien marquise dePriego, mais non comtesse de Feria, qui ne pouvait passer aux filles. Ainsi son oncle paternel devint cinquième comte de Feria, et ce fut en sa faveur qu'en 1567 Philippe II le fit duc de Feria, dont le fils, second duc de Ferla, venu à Paris de la part de Philippe II, servit si ardemment la ligue. Sa race s'éteignit dans le quatrième duc de Feria.
Alphonse Suarès Figuerroa était troisième fils de Laurent III, troisième comte de F^ia, et de Catherine, héritière de Pierre Femandez de Cordoue, marquis de Priego, et fi*ère cadet du premier duc de Feria, dont il épousa la fille, et fut par elle marquis de Priego. Sa postérité masculine réunit Feria et Priego, par la succession du cinquième marquis de Priego au quatrième duc de Feria. Le fils de celui-ci fut ainsi sixième duc de Feria, et aussi sixième marquis de Priego, et c'est lui à qui Philippe lY accorda les honueurs de grand de la première classe.
Il maria son fils à la sœur atnée du dernier duc de M edIna-Gœli des bâtards de Foix, laquelle en recueillit la succession depuis qu'elle fut veuve et qu'elle transmit A son fils Emmanuel Figuerroa de Cordoue et la Cerda, marquis de Priego, duc de Feria et Medina-Cœli,. etc., père de celui que j'ai vu en Espagne, et qui y était fort considéré. Il avait un fils déjà grand, qui portait le nom de marquis de Cogolludo et qui, depuis mon re-
DE aUNT-SDION. fS
tour, ae<{Qit de nooTelles grandcsses par son mariage avec la fille unique héritière du marquis d'Ayétone. Le père et le fils étalent autant du grand monde et de la cour que des seigneurs espagnols naturels en pouvaient être, fort polis : je les voyais fort familièrement. Ce sont ceux de cette cour qui se sont souvenus le plus longtemps de moi, par leurs lettres, bien des années depuis mon retour. Le palais de Medina-Cœli, presque au bout de MMrid, vers Notre-Dame-d'Atdcha, est peut-être le plus spacieux qu'il y ait dans la ville et très-somptueusement meublé. Le roi d'Espagne s'y retira à la mort de la reine sa première femme, et y a demeuré jusque fort près de son second mariage. J'y ai vu une comédie extrêmement magnifique, dans une salle faite pour ce spectacle, où le duc de Medina-Cœli avait convié toute la cour et le plus distingué de la ville, hommes et femmes, après le retour de Lerma, où je vis le due de Linara, tout évéque qu'il était, et le cardinal Borgia; tout y était plein, mais avec un grand ordre et décence, et rien de plus magnifique que Tabondance des rafraîchissements et de tout ce qui accompagna cette
fête.
Mbbiii A DE RiosBCO, Bmfiques y Cabrera^ amirauté héréditaire de Castille . Cette maison, depuis son origine, ses grandesses, le personnel de l'amirante de Castille, lors de Tavénement de Philippe Y à la couronne d'Espagne, ont été traités avec un si grand détail, en leur lieu, dkXkû que sa conduite depuis sa fuite en Portugal, et le triste personnage qu'il y fit jusqu'à sa mort, qu'il ne s'en pourridt faire ici que d'ennuyeuses redites.
2. Medina-Sidonu, Gusman. C'est le premier duché des Castilles. Les antérieurs à celui-là sont éteints. Il est en Andalousie, vers le détroit de 6ibraltar. Jean If, roi de Castille, l'avait donné, sans éreetion, à J. 4e
OviBMil, mtâtn de Vùfirt de Cftiatrava. QMt tant tomba à Henri de GusmaB, seemid eomte de Niebla, dont le filf alnéy Jeaii-'Ali^onse de Onsmaii, fat eeéé^ en février 1445, par le même roi Jean II, due de li»> dina-Sidonia, mais sealement pour sa personne. Leru Henri IV i^étendit, en 1460, non seulement à sa postérité légitime , mais encore à son déâint à l'illégitime. Gela sent bien le mauresque et TAfirique. La maison de Gusman est une des plus ancienne», des pins grandes et des plus illustres de l'Espagne, et y figvnit fort dès le dixième siècle. Le doehé de Medina-Sidonia est demeuré dans la postérité masculine et légitime du pre* mier duo. On a suffisamment parlé du duc de Medina- Sidonia à Toocasion du testament de Charles II et de l'arrivée de Philippe Y en Espagne, dont il fot grand écuyer, puis chevalier du Saint-Esprit, et de son fils qui aima mieux conserver sa golille et vivre obscur que de faire sa couverture après la mort de son père. C'est œ fila qui était duc de Medina-Sidonia lorsque j'étais en Espagne, et que je n'ai vu ni rencontré nulle part.
Saint*Micbbl , Gravina, d'une des plus grandes maisons de Sicile, où il avait très-bien servi et s'était fort endetté à soutenir le parti de Philippe Y tant qu'il avait pu; en considération de quoi il avait obtenu la grandesse. IL était veau à Madrid pour y faire sa couverture; mais, comme je l'ai dit ailleurs, je l'y laissai encore sans s'être couvert faute d'avoir pu payer la médiannate et les frais, qui vont loin, sans avoir pu obtenir ni remise ni diminution, ce que tout le monde trouvait fort injuste. Il était vieux, estimé et accueilli; mais la tristesse de sa situation le rendait obscur. Comme toute sa famille était en Sicile, ou 11 comptait retourner, je ne m'y étendrai pas davantage.
Lk M iBAsrsoiiB, Pico. Je ne m'arrête aur ee seigneur
DE $AI!rr««IIION. M
italten, ftU grand d'Espagne par Philippe Y, qii le Ht avssi son grand écuyer, qm parée qu'il s'esl établi «a Espagne après avoir perdu toute espérance de rétablis* sèment dans ses petits états d'Italie, où ses pères étaient comme souverains, et dont l'empereur Léopold les a d^ pouillés sans retour, parce qu'ils se sont trouvés à sa bienséance. Les Pic smit connus dès i 900, par Fr. Pico, sel* gneur delà Mirandoie, et vicaire de l'empire. J, PicetFr. soa frère, quatrième génération de ce premier François, furent faits comtes de Goacordia, 1414, par l*empereur Sigismond. Le fameux Pic de la Mirandole, ta ptiénix de son siècle par son immense savoir, mort sans alliance en 1494, n'ayant pas encore trente-deux ans, était frère cadet de Oaleot Pic, seigneur de la Mirandde, comte de Coneordia, qui était la quatrième géné^ratioa du premier comte. Galeot Pic, second du nom, ^somte de Coneordia et premier comte de la Mirandole, mort en 1551, était petit-tils du frère du savant Pic de ia Mîrandole, et père de Siivie et de Fuivie, qui épou» sèrent le comte de la Rochefoucauld et un fiutre ia R#ehef<»ucauld, comte de Randan, du premier desquels viennent les ducs de la Rociiefoucauld. Ce même père de ces deux dames de la Rochefoucauld le fut aussi d'un comte de la Mirandole et de Coneordia, duquel le fiii, nommé Alexandre, fut fait due de la Mirandole, en 1619, par l'empereur Ferdinand II, duquel ledoode la Mirandole, que j'ai vu en Espagne, est la quatrième génération. Son frère a depuis été cardinal par Clément XI, dont il était maître de etiambre. Ce duc de ia Mirandole s'était vu sur le point d'être rétabli dans ses états et d'épouser la princesse de Parme, qui eut depuis l'honneur d'être la seconde femme de Philippe V, et qui conserva toujours de l'amitié et une grande distlnetion pour lui et pour la femme qu'il épousa depuis, sœur
du marqoii de las Balbazez, que j'ai vae amïsi en Espagoe el qui fut noyée dans sa maison de Madrid, réftagiée dans son oratoire, par une subite inondation dont j'ai parlé ailleurs, quoique arrivée depuis mon retour. Ce duc de la Mirandole était un fort bon et honnètehomme, fort pieux et considéré ; sa mère était Borghèse, fille da prince de Sulmone, remariée à Geliamare qui en était Yeuf, et qui vivait avec lui dans une étroite amitié.
HoNTBiLLANo, Solis. Cette maison peut être comparée à quelques françaises quise sont élevées à une grande fortune. Celui-ci était proprement de ce que nous appelons de robe. Il s'éleva par ses talents jusqu'à être gouverneur du conseil de Castille, et il eut assez de faveur pour être fait grand d'Espagne et duc de Honteillano par Charles II, depuis quoi il n'a presque plos paru. Il avait épousé une sœur du prince d'Isenghien, gendre du maréchal d'Humières, qui avait de Tesprit, du monde, eneore plus de sens. Ce fut elle que la princesse des Ursins choisit pour lui garder la place deeamarera mijor de la reine, lorsqu'elle fut chaasée la première fois et qu'elle reprit à son retour tifomphant en Espagne. Cette grande place l'avait fait connattrei aimer et considérer dans le peu de temps qu'elle Tocenpa, et c'est ce qui la fit choisir dans la suite poar remplir la même place auprès de la princesse des Asturies, où on en fut fort content : danjs Tentreedeiix elle avait perdu son mari. Elle avait un fila qui était jeune j dont on disait du bien. Je l'ai vu, mais sans aucun commerce. Il avait, dit-on, du goût pour la lectoie et la retraite, et il paraissait peu à la cour et dans le monde. Je ne répondrais pas que cette grandesse n'eût été achetée dans les grands besoins où Charles II s'est trouvé pl^s d'une fois ; car il manqua toujours d'argent. 2. MoNTSLEON, Pignatelli. On connaît Jacques Pi-
DE MHT-SniOIf . fl
gnattili» gouveroeur de la Fouille dès 1316, et cette maison, qui est fort étendue, pour une des grandes, des plus illustrées de titres, et des plus hautement alliées du royaume de Naples. Hector (4) Pignatelli, quatrième duc de Monteléon, irice-roi de Catalogne, fut fait grand d'Espagne en 1613, par Philippe III. Nicolas Pigna* telii, vice*roi de Sardaigne et chevalier de la Toison* d'Or, fils dernier, cadet de cet Hector, épousa la fille héritière du septième duc de Monteléon, petite-fille de son frère, et devint par elle huitième due de Monteléon et de Terranova, dont la mère de son père était héritière, et fut ainsi grand d'Espagne. Ce ftat lui qui, comme le plus ancien chevalier de Tordre de la Toisond'Or qui fût lors en Espagne, y donna en cérémonie le collier à Philippe Y à son arrivée. On a parlé de lui en son lieu, à propos de la saccade du vicaire. Il se retira hientdt après à Naples où étaient ses duchés et tous ses biens, y fut très-partial de la maison d'Autriche, et
(4) Gel Hector atait épooié Jeaniie, héritière de Tagliavia,
4ont le gfand«père paternel fut fait en 1561 duc de Terranova,
et en 4565 grand d'Espagne, chevalier de la Toiaon-d'Or, etc. ,
par Philippe II, dont il fat ambassadeur en Allemagne, et après
gonvemenr du Hilanaia : c^est «ette héritière, cinquième du-
Gheite de Terranova, qui étant veuve d^Hector Pignatelli, duc
^ Monteléon avec postérité, fut faite par Charles II camarera
major de ta première femme, fille de Monsieur, frère deLouis XZY,
Ml 1679, à qui elle se rendit si insupportable par sa rigidité et
tes insolences que la reine se la fit Mer, dmaMW «sHBfis eu
Espagne. Elle fut mise encettemteeelMi^aapièsdeU niai,
mère de Charles II, et y mourut, mai 4602, an Bnen-Relâs^
laissant héritière de ses biens et de sa grandesse de Terranova
Jeanne Pignatelli, qui avait épousé, 4679, Nicolas Pignatelli,
frèi^ de son bisaïeul, père du duc de Monteléon, qui fait cet
arti4e-ci.