‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 107 sur 335 · SIEGE DE FONTARABIE · texte numérisé non relu

SIEGE DE FONTARABIE

Charleîî, grand écuyer, sur le devant, entre M. le duc de Chartres et M. ]e Duc; le maréclial deVilleroy, gouverneur, et lo duc de Gliarost, capitaine des gardes en quartier aux ■portières. On fut Irès-étonné de cet arrangement; le roi en cérémonie, comnae il étoit là, devoit être seul sur le derrière. M. le duc d'Orléans, régent, et M. le Duc, surintendant de l'éducation, seuls sur le devant, les portières comme elles étoient. M. le duc de Chartres et M. le comte de Clerraont n'y avoient que faire pour olfusquer le roi, et faire de son carrosse un coche, le prince Charles encore moins. Bien est vrai que le grand écuyer entre les grands officiers y a la première place, mais il n'en est pas moins vrai que le grand chamiiellan, le premier gentilhomme de la chambre, et le même premier ecuver y entrent de préférence à lui ; c'est ce qui a été expliqué ailleurs ici assez clairement pour n'avoir pas besoin d'être répété. On trouva aussi fort singulier que M. le duc de Cliarlres fût sur le devant, tandis que M. le comte de Clermont éloit sur le derrière. Il avoit neuf ans et M. de Chartres quinze, qui , delà taille dont il étoit, n'auroit pas plus pressé le roi que M. le comte de Clermont.

Le maréchal de Berwick fit ouvrir la tranchée le 27 mai devant Fontarabie. Pendant ce siège, où éloit M. le prince de Conti, il reçut une lettre anonyme par laquelle on lui promettoit de le faire roi de Sicile, s'il vouloit passer en Espagne. Il s'en moqua avec raison , et l'envoya à M. le duc d'Orléans. La proposition ne pouvoit venir d'Esjiague. M. le prince de Coati n'avoit ni place, ni suite, ni parti, ni réputation: sou acquisition n'eût pas valu que l'Espagne se dépouillât de la Sicile pour l'avoir, et il n'y auroit été que fort à charge. La proposition de plus étoit ridicule: quinze mille Impériaux vendent d'y passer de Naples, et avoient déjcà obligé le marquis de Lede de leur abandonner son camp de Melazzo , avec ses malades, ses blessés et toutes les provisions de vivres et de fourrage qu'il y avoit amassées. Il y recommanda ceux qu'il ylaissoitau général Zumzungen, qui, aussitôt après, laissa le comnianden^snt de l'armée impériale à Mercy, et la Sicile ne fut pas longtemps a changer de maître. Mais la conjuration du duc et de la duches.sa du Maine enhardie après les frayeurs des emprisonnements, par leur courte durée, et par la conduite du régent et de l'abbé Dubois à cet égard, faisoit bois de toute flèche et ne désespéroit pas encore de réussir.

Le fils unique d'Estaing, aide de camp de Joffreville , fut tué devant Fontarabie. sans enfants de la fille unique de Mme de Fontaine-Martel. L'armée d'Espagne étuit vers Tafalla à trois lieues de Fontarabie. Coigny , par ordre du duc de Berwick, visitoit cependant, avec un léger détachement, les gorges et les passages de toute la chaîne des Pyrénées pour les bien reconnoître. Fontarahie capitula le 16 juin. Tresnel, gendre de Le Blanc, en apporta la nouvelle. Le duc de Berwick fit aussitôt oprès le siège de Saint-Sébastien. Il y eut quelque désertion dans ses troupes, mais pas d'aucynn officier. L'armée d'Espagne n'étoit pas en état de se commettre avec celle du maréchal de Berwick. Saint-Sébastien capitula le 1" août. Bulkley , frère de la maréchale de Berwick, en apporta la nouvelle. Quinze jours après, M. de Soubise apporta celle

Page 1