‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 133 sur 335 · MAISON FARNÈSE. [1719J · texte numérisé non relu

MAISON FARNÈSE. [1719J

Farnèse bâtards : Alexandre Farnèse, depuis pape Paul III. avoit commencé par être évêque de Montefiascone et de Cornelo. Etant cardinal etévèque sacré, il eut deux bâtards : Pierre-Louis et Ranuce, et une bâtarde. Constance, qu'il maria depuis qu'il fut pape à Etienne Colone, prince de Paleslrine.

Ce pape acheta de Lucrèce délia Rovere , veuve de Marc-Antoine Colone, la terre de Frescati qu'elle avoit eue en dot du pape son oncle, puis il échangea avec l'Eglise Frescati pour les terres de Castro et de Ronciglione qu'il donna à son bâtard Pierre-Louis. Ensuite il acheta chèrement Camerino de ceux qui y avoient droit, se fondant sur ce que ce fief étoit dévolu à l'Eglise par la mort de Jean-Marie Varani sans enfants mâles, et qu'il avoit droit de l'ôter aux héritiers de Guidobaldo délia Rovere, son gendre, qui étoit mort. Il maria son bâtard Pierre- Louis à une fille de Louis des Ursins comte de Petigliano, et Ranuce, son autre bâtard , à Virginie Gambara. Il fut général des Vénitiens en 1526, du pape son père en 1527 , du roi de France 1529; il mourut sans postérité.

Il maria Octave, fils de Pierre-Louis, qu'il fit duc de Camerino, à Marguerite, bâtarde de l'empereur Charles-Quint, veuve d'Alexandre de Médicis, et ne se flatta pas de moins que d'obtenir le duché de Milan en dot de ce mariage. Celte espérance fut le grand motif de la conférence de Nice entre ce pape et Charles-Quint. Il y fut trompé : il se réduisit donc à l'échange de Camerino avec Parme et Plaisance que Léon X avoit réclamés et acquis à l'Église comme ayant fait partie de l'exarchat de Ravenne; son prétexte fut la proximité de Camerino qui par là convenoit mieux à l'Église que Parme et Plaisance qui éioient éloignés et qui ne pouvoient s'entretenir et se conserver qu'avec beaucoup de dépenses. La plupart des cardinaux s'y opposèrent, mais le pape passa outre, fit remettre à l'Eglise Camerino par Octave, fils de Pierre-Louis, et le retira aussitôt après et le redonna au même Octave, avec la qualité de duc et de duché , en le soumettant envers l'Eglise au tribut annuel de dix mille écus d'or.

Ainsi ce bon pape fit ses deux bâtards l'un duc de Parme et de Plaisance, l'autre duc de Castro, et le fils de son bâtard aîné duc de Camerino, en attendant qu'il eût la succession de son père.

Pierre-Louis, bâtard aîné de Paul III, ne fut pas deux ans duc de Parme et de Plaisance. C'étoit un homme perdu de toutes sortes de débauches et de crimes, et qui s'étoit enrichi au pillage de Rome, par l'armée du connétable de Bourbon , quoiqu'il ne fût point dans les troupes. Un dernier crime énorme et de la nature de ceux qu'on ne peut nommer, mil le comble à l'exécration publique. Il se fit une conjuration dont le pape son père l'avertit; l'un et l'autre étoient fort enclins à la magie. On prétend que Pierre sut par cette voie qu'il trouveroit le nom des conspirateurs écrits sur sa monnoie. Elle portoit cette inscription P. Aloïs. Farn. Parm. et Place. Dux. Il eut beau l'examiner, il n'en fut pas plus savant. Il se trouva pourtant que les quatre premières lettres, P. Aloïs, les désignoient. Les comtes Camille Paiavicin. Jean Anguisciola, Auguste Landi et Jean Louis gonfalonier, surprirent la forteresse

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