DUCS DE MODÈNE ET DE REGGIO
ment VIII ne fut pas si facile pour Ferrare qui ne relevoit pas de l'Empire comme Modène et Reggio, mais du saint-siége, el qu'il prétendit lui être dévolu faute d'hoirs' légitimes. Il ne voulut pas voir l'envoyé de César, lequel prit les armes pour soutenir sa prétention et se maintenir dans Ferrare. Le pape s'arma de son côté, et n'oublia pas en même temps de se servir des foudres de l'Église. Henri IV, qui avoit grand intérêt de se montrer ami du pape, lui offrit le secours de ses armes. Cette démonstration finit tout. César, hors d'état de résister, ne pensa plus qu'à tirer de sa soumission le meilleur parti qu'il pût. Il conclut lioQC un traité avec le pape à la fin de 1597 , par lequel il céda au pape la ville et le duché de Ferrare avec la Romandioîe. Le pape lui céda quelques terres dans le Bolonois, lui laissa ses biens allodiaux', lui garantit ses biens mouvants de l'Empire, lui accorda le rang à Rome que les ducs ses prédécesseurs y avoient eu, enfin donna à son frère Alexandre, évêque de Reggio, le chapeau de cardinal, en mars 1598, lequel mourut en mai 1624. Après ce traité. Clément VIII alla lui-même à Ferrare prendre possession de la ville et du duché qui fait encore aul'ourd'hui une des plus belles possessions de l'État ecclésiastique. César, seulement duc de Parme et de Reggio, épousa, en 1586, Virginie, fille de Cosrae de Médicis, grand-duc de Toscane, qui mourut en 1615, et César en 1628 à soixante-six ans.
Alphonse, son fils, épousa en 1608 Isabelle, fille de Charles-Emmanuel duc de Savoie, et la perdit en 1626. Il se dégoûta en moins d'un an de la souveraineté à laquelle il avoit succédé à son père, et s'alla faire capucin à Munich en Bavière en 1629, et mourut dans cet ordre en 1644, à cinquante-trois ans, ayant porté cet habit quinze ans. Il laissa entre autres enfants François, son aîné, qui lui succéda; Renaud, évêque de Reggio, cardinal 1641 , mort 1672, qui fut attaché à la France, chargé de ses affaires à Rome, et qui l'éloit lors de l'insulte que les Corses de la garde du pape firent au duc de Créquy, ambassadeur de France en [1672], et qui sut en tirer un si bon parti pour sa maison par l'accommodement de cette affaire; et une fille mariée à ce fameux muet prince de Carignan.
François duc de Modène et de Reggio , par la retraite d'Alphonse, son père, épousa les deux filles de Ranuce Farnèse duc de Parme, l'une après l'autre, en 1630 et 1648, et en troisièmes noces Lucrèce fille de Tadée Barberin prince de Palestrina en 1654. Il mourut en 1658 à quarante-huit ans, et sa dernière femme en 1699. Entre autres enfants il laissa Alphonse II, son fils aîné et son successeur; François, cardinal, puis duc de Parme à son tour, et deux filles qui, l'une après l'autre, furent la seconde et la troisième femme de Ranuce Farnèse duc de Parme.
Alphonse II, fils et successeur de François, duc de Modène et de Re-'gio. Il épousa en 1655 Laure, fille de Jérôme Martinozzi et de Marguerite sœur du cardinal Mazarin. Il mourut en juillet 1G62, et sou épouse qui étoit sœur de Mme la princesse de Couti, mourut à Rome,
1. L'alleu , ou domaine allodial , était ua bien possédé en toute propriété, i la d fférence du fief qui relevait d'un seigneur dominant ou suzerain.
[1719] DUCS DE MODÈNE ET DE RE(îGIO. 167
19 juillet 1GR7. De ce mariage il n'y eut qu'un fils et une fille à remarquer : François H, successeur; et Mnrie Béairix qui épousa en 1G73 le duc (l'York, depuis roi il Angleterre , Jacques II , et détrôné par le prince d'Orange, réfugié en France, mort à Saint-Germain [16 septembre 1 101 J , et elle morte aussi à Saint-Germain [7 mai 1718], mère de Jacques III, réfugié et traité en roi à Home.
François II fils et successeur d'Alphonse II, duc de Modène et de Reggio, gen.lre de Ranuce II Farnèse duc de Parme, mort sans enfants 1694, à trente-quatre ans.
Renaud, frère d'Alphonse II, oncle paternel de François II, cardinal en 1686 à trente-un ans, n'entra point dans les ordres sacrés. Il succéda en 1694 à François II, duc de Parme et de Reggio, son neveu, remit son chapeau au pape, épousa en février 1696 Charlotte- Félicité, sœur de l'impératrice Amélie, femme de l'empereur Joseph, qui ne l'épousa que depuis; filles de Joseph Frédéric, duc de Brunswick-Lunebourg, et de la sœur de la princesse de Salm, dont le mari avoii été gouverneur et grand maître de l'archiduc, puis empereur Joseph, et de Mme la princesse de Condé, femme du dernier M. le Prince.
François-Marie, fils et depuis successeur de Renaud duc de Parme et de Reggio, né en l(i98, qui a épousé Mlle de Valois, fille de M. le duc d'Orléans, lors régent de France.
Ainsi la bâtardise de ces derniers Este ne peut être plus clairement ni plus évidemment prouvée. Passons maintenant à la maison Farnèse.
Elle est d'Orvieto et a pris le nom de son fief de Farnèse en Toscane. On prétend qu'ils ont paru dès l'an KXIO entre les principaux citadins d'Orvieto. Ce qui est certain, c'est qu'ils en ont été, plusieurs de suite, consuls, et vers 12'i8 podestats. De là ils ont commandé les troupes de Bologne, puis celles de Florence. On en connoît en tout cinq générations avant le pape qui a fiit les ducs de Parme, et six générations légitimes sorties du père ou de l'oncle paternel de ce pape, et qui ont duré jusque vers 1700 qu'elles se sont éteintes, la plupart connues par des emplois militaires distingués, par des fiefs qui l'étoient aussi, par des alliances bonnes, et plusieurs grandes, comme des maisons ûlonne, Ursins, Savelli , Conti, Acquaviva, Piccolomini, Sforce, etc. On parle ici des Farnèse légitimes; venons maintenant aux bâtards qui seuls des Farnèse ont été ducs de Parme et de Plaisance, de Castro et de Camerino aux dépens de l'Église.
Alexandre, second fils de Louis Farnèse, seigneur de Montalte et de Jeanne Cajetan, fille de Jacques seigneur de Sermoneta, né dernier février 1468, cardinal 1493, évêque de Parme, puis d'Ostie, et doyen du sacré collège, pape 1534, sous le nom de Paul III, mort 2 novembre 1.549 à quatre-vingt-un ans; il eut ur frère aîné, Barthélémy Farnèse qui, de Violente Monaldeschi de Corvara, laissa une postérité légitime qui a été illustre, et qui, avec celle de ses autres frères et cousins, n'a (ini qu'un peu avant 1700, et avec elle toute la njaison Farnèse légitime. Ce pape eut aussi deux sœurs dont l'aînée épousa Jules des Ursins de Bracciano, et l'autre un Pucci de Florence, puis Gilles comte de l'Anguilliara.