CHAPITRE XIV
Mississipi tourne leslêles. — Law se veut pousser, elpour cela se faire catholique. — L'abbé Tencin l'instruil el reçoit sans bruil son abjuration. — DijiT ssion sur cet abbé el sa sœur hi religieuse. — Caractère de celle-ci.
— Elle devient maîtresse de l'abbé Uuliois. — Caraclèi e de l'abbé Tencin.
— Il va à Rome pour le cbapeau de l'abbé Dubois; est admonesté en plein parlement eu parlant. — Law achète l'hôiel Mazarin et j établit sa bani|iie.
— Mort de Conflans ; du célèbre P. Quesnel ; de Blécourl dont Louville obiicnl le gouvernement de Navarreins. — Mort de la prmcesse de Guéméné. — Retour du maréchal de Berwick. — Porteurs de lettres en Espagne arrêtés. — Vaisseaux espagnols aux cotes de Bretagne. — Bretons en fuiie; d'autres arrêtés. — Profusions du régent. — Prince d'Auvergne épouse une aventurière angloise. — Law se fait garder chez lui. — Caractère el fortune de Nangis el de Pezé, qui olitienl le régiment du roi d'uiianterie, el Xangis force grâces. — Ma situation avec Fleury, évoque deFréjus, avant el depuis qu'il lut précepteur. — Caractère di Mme de Lévi. — Je propose à M. de Fréjus une manière singulière , aisée , agréable el utile d'instruction pour le roi, el je reconnois loi qu'il ne lui en veut donner aucune. — Je m'engage à travailler à faire Fiéjus cardinal. — Grâces pécuniaires au dac de Brancas. — Six mille livres de pension à Bélliune, chef d'escadre. — Torcy obtient l'abbaye de Maubuisson pour sa sœur. — Mme de Bourbon, depuis abbesse de Sainl-Autoine ; quelle. — Moil el étal de l'abbé Morel.
La banque de Law et son Mississipi étoient lors au plus haut point. La confiance y étoit entière. On se précipiioit à changer terres et maisons en papier, et ce papier faisoit que les moindres choses étoient devenues 1 ors de prix. Toutes les tètes étoient tournées. Les étrangers envioient notre bonheur, et n'oublioient rien pour y avoir part. Les Anglois même , si habiles et si consommés en banques , en compagnies . en commerce, s'y laissèrent prendre, et s'en repentirent bien depuis. Law, quoique froid et sage, sentit broncher sa modestie. Il se lassa d'être subalterne. Il visa au grand parmi cette splendeur, et plus que lui, l'abbé Dubois pour lui, et M. le duc d'Orléans; néanmoins il n'y avoit aucun moyen pour cela qu'on n'eût rangé deux obstacles : la qualité d'étranger et celle d'hérétique, et la première ne pouvoit se changer par la naturalisation sans une abjuration préalable. Pour cela il fallut un convertisseur qui n'y prît pas garde de si près, et duquel on ftit bien assuré avant de s'y commettre. L'abbé Dubois l'avoit tout trouvé, pour ainsi