MARIAGES
étoit fils d'une sœur de Chamarande , goutteux, veuf et sans enfants, qui étoit riche; mais lui étoit Talaru qui est une fort ancienne maison devers le Lyonnois . alliée à toutes les meilleures des provinces voisines-
Le prince d'Isenghien, qui n'avoit point d'enfants de ses deux femmes, épousa Mlle de Monaco, sœur de la duchesse de Valentinoi^, qui en fit la noce chez le comte de Matignon^ son beau-père, avec qui elle demeuroit. M. de Monaco ètoit à Monaco et n'en sortoit plus.
Parlant des Matignon, la seconde fiUe du maréchal de Matignon qui n'étoit plus jeune , et s'enuiiyait de n'être point mariée, épousa Basleroy, colonel de dragons. Sc-n nom étoit La Cour , et si peu de chose , que son père, qui étoit riche, épousa pour rien la sœur de Caumartin, conseiller d'État, et se fit maître des requêtes : il n'alla pas plus loin. LesMatignoB outrés furent fort longtemps sans vouloir ouïr parler de Basleroy et de sa femme , et à la fin les virent et leur pardonnèrent. Le second fils du maréchal de Matignon épousa aussi Mlle de Brenne, fille d'une sœur de la duchesse de Noirmoutiers, qui en la mariant la fit son héritière.
La reine d'Espagne accoucha d'un prince qui fut appelé don Philippe, à qui on envoya le cordon bleu à l'exemple du feu roi qii i en avoil usé ainsi envers les infants aînés de celui-ci , et les avoit ainsi comme fils de roi traités en fils de France , quoique . à le prendre en rigueur de naissance , ils ne fussent que fils d'un fils de France cadet , et '^ar conséquent petit-fils de France. Maulevrier-Langeron , dont le nom est Andrault, neveu de l'abbé de Maulevrier, aumônier du roi, duquel on a parlé ici quelquefois . fut destiné à porter ce cordon bleu , et à être envoyé du roi en Espagne. Ce fut son oncle qui lui procura cet emploi. Il venoit d'être fait lieutenant général dans une promotion de dix-sept, dont fut aussi le duc de Duras. Ces Andrault étoieut de Bourbonnois, attachés, mais fort en sous-ordre, à la maison de Condé. On a vu en son lieu que Langeron lieutenant général des armées navales, l'étoit fort au duc du Maine. On verra que M. le duc d'Orléans auroit pu faire un meilleur choix , si Dieu me doune le temps d'écrire ici mon ambassade en Espagne.
L'abbé de Gamaches étoit à Rome depuis assez longtemps, qu'il y avoit été envoyé succéder au cardinal de Polignac , à la place d'auditeur de rote pour la France. Il étoit fils de Gamaches qui avoit été mis auprès de Mgr le duc de Bourgogne avec Cheverny, d'O et Saumery, en qualité de menins. Le frère de cet abbé avoit épousé une fille de Pomponne , frère de Mme de Torcy , et Torcy ministre et secrétaire d'État des affaires étrangères lui avoit valu cet emploi. Le père de Gamaches étoit chevalier de l'ordre de 1661 , et tous deux avoient épousé les sœurs de MM. de Loménie ei de Brienne, père et fils, et secrétaires d'État des affaires étrangères, que le fils quitta parce que sa tète se dérangea, et a vécu longtemps et est mort enfermé. Le nom de l'abbé de Gamaches est Rouault. Il étoit fort glorieux, encore plus ambitieux et fort plein de lui-même; il faut dire .^uisi qu'il n'étoit pas sans mérite, et qu'il avoit du savoir et de l'esprit pour toute sa race ; mais il ne souffroit pas aisément de supérieur, ne démordoit point de ce qu'il avoit entrepris, et savoit parfaitement être ami et ennemi. Avec ces qualités il s'appliqua