‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 222 sur 335 · MORT DU PRINCE DE BERGHES · texte numérisé non relu

MORT DU PRINCE DE BERGHES

les vues , l'ambition du duc et de la duchesse du Maine qui les avoient si bien ensorcelés, et qui n'en perdirent pas un cheveu de leur tête. Il fut même remarqué que, peu de jours après, le duc du Maine vit pour la première fois M. le duc d'Orléans à Saint-Cloud.

Le prince de Berghes mourut chez lui en Flandre. Il n'étoit point de l'ancienne maison de ce nom, mais des bâtards de Berghes et frère de Mlle de Montigny, cette maîtresse si longtemps aimée et publiquement par l'électeur de Bavière, qu'il fit enfin épouser au comte Albert, comme on l'a vu ici en son lieu. EUe avoit fait en sorte que l'électeur avoit obtenu la grandesse d'Espagne et la Toison d'Or de Philippe V , pour son frère qui étoit aussi petit et vilain qu'elle étoit belle et bien faite. Il avait épousé une fille du duc de Rohan qui ne vouloit pas lui donner grand'chose, dont il n'eut point d'enfants, et qui a été une femme de mérite et dune belle figure. Le père de ce prince de Berghes étoit gouverneur de Mons, qu'il défemiit quand le roi le prit, et il est mort chevalier de la Toison d'Or et gouverneur de Bruxelles.

Le duc de Perth mourut presque en même temps dans le château de Saint-Germain où il étoit demeuré. C'etoit un seigneur qui avoit quitté de grands établissements en Ecosse, par fidélité pour ie roi Jacques qui le fit gouverneur du prince de Galles. Sa femme étoit morte à Saint- Germain, dame d'honneur de la reine d'Angleterre, dont il étoit grand écuyer. C'étoit un homme d'honneur et de beaucoup de piété, qui valoit bien mieux que le duc de Melford son frère. Le roi Jacques les fit ducs tous deux, le dernier en mourant, comme ou l'a vu en son lieu, et leur donna à tous deux la Jarretière.

Il se fit aussi plusieurs mariages. Mme de Biron , qui ne négligeoit rien, avoit su profiler de la place de son mari auprès de M. le duc d'Orléans, et captiver Law pour avoir gros , comme auparavant elle avoit su sucer plusieurs financiers, et quelques-uns jusqu'au sec pour sa protection. Le duc de Guiche, moyennant le besoin que le régent crut toujours avoir du régiment des gardes avoit tiré des monts d'or de Law. Il avoit. déjà marié sa fille aînée au fils aîné de Biron. Ils firent encore un mariage d'une fille de Biron avec le second fils du duc de Guiche qu'on appeloit le comte de Grammont. En faveur de cette affaire M. le duc d'Orléans donna huit mille livres de pension à la nouvelle épouse.

Mlle de Bournonville . sœur de la duchesse de Duras , mais qui ne lui ressembloitenrien, épousa l'aîné de la maison de Mailly, duquel la mère étoit sœur du cardinal de Mailly; ni l'un ni l'autre n'étoieut pas faits pour la fortune , aussi pour des gens comme eux sont-ils demeurés dans l'obscurité.

La même duchesse de Duras et son mari marièrent leur fille aînée , qui n'avoit que quatorze [ans], au fils aîné du duc et de la duchesse de Berwick qu'on appela duc de Fitz-Jaraes . qui étoit aussi fort jeune, qui eut en se mariant dix mille livres de pension. Il mourut pea d'années après sans enfants. Sa veuve s'est depuis remariée au duc d'Aumont dont elle a des enfants.

Peu après , Chalmazel épousa Mlle de Bonneval , fille du frère aîné de celui qui a passé en Turquie , tous deux de bonne maisou. Chalmazel

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