ET LE PRINCE DE GALLES
pour lui plaire, le voyage du duc de La Force fut presque aussitôt
rompu que déclaré. Il en fut pour un commencement assez considérable de dépense, et pour faire revenir beaucoup d'équipages qu'il avoit déjà fail partir, et l'abbé Dubois en recueillit auprès du roi d'Angleterre le double fruii de cet éclat de joi», et de l'avoir arrêté également pour lui plaire.
Masse'i, qui avoit apporté la barrette au cardinal de Bissy un peu avant la mort du roi, arriva à Paris. Il étoit fils du trompette de la ville de Florence, et avoit été petit garçon parmi les bas domestiques du pape, alors simple prélat. Son esprit et sa sagesse percèrent; il s'éleva peu à peu dans la maison, et de degré en degré devint le secrétaire confident de son maître, et enfin son maître de chambre quand il fut cardinal. Sa douceur et sa modestie le firent aimer dans la cour romaine où son emploi le fit connoître. Il le perdii à l'exaltation de son maître; il étoit ae trop bas aloi pour être maître de chambre du pape, mais il en conserva toute la faveur et la confiance; le pape lui parloit presque de tout, le consultoil et se trouva bien de ses avis. Il le fit archevêque -in vartibus , pour le mettre à portée d'une grande nonciature. Il l'avoit envoyé dans ce dessein porter la barrette au cardinal de Bissy, dans l'apogée de la faveur de cet ambitieux brouillon, et s'en étoit servi pour s'assurer de l'agrément de la France pour le recevoir nonce, quand le Bentivoglio, qui l'étoit, laisseroit la place vacante. En eff"et il lui succéda, et comme il étoit honnête homme il ne lui ressembla en rien. Il se conduisit durant le plus grand feu de la constitution avec beaucoup de modération, d'honneur et de sagesse, et se fit généralement aimer et estimer. Il languit longtemps nonce parce qu'il n'y eut point de promotion pour les nonces pendant le reste de ce pontilicat, et que Benoit XIII, qui étoit si fort singulier, et qui eût été meilleur sousprieu! de dominicains que pape, ne voulut jamais faire aucun nonce cardinal, et disoit d'eu.T qu'ils n'étoient que des nouvellistes.
Masseï ne montroit pas la moindre impatience, mais en attendant il mouroit de faim; car les nonces ont fort peu, et, à ce qu'étoit celui-ci, son patrimoine ni ses bénéfices n'y suppléoient pas. Il ne s'endetta pas le moins ilu monde , supporta son indigence avec dignité, mais il l'avouoit pour être excusé de li frugalité de sa vie, et s'en alla sans rieu devoir, véritablement regretié «It tout le monde. Il s'étoit tellement accommodé de la vie de ce pays-ci et du commerce des honnêtes gens et lies personnes considérables qu'il avoit su s'attirer, qu'il étoit outré de 5gi:tir que cela finiroit. Il disoit franchement que, s'il éloit assuré de sa «icaciature pour toute 3a vie., avec de quoi la soutenir honnêtement, il i)t youdroit jamais la quitter pour la pourpre, et s'en aller. Aussi fut- •1 ites-atHigé, quoique arrivé au cardinalat et tout de suite à la légation vje .la Romagne. Le nouveau cérémonial des bâtards, dont Gualierio s'étci» SI mai iro'ivé, car ils étoient rétablis alors, empêcha que la calotte jui arrivât à Paris. Des que la promotion fut sur le point de se faire, il ^vçul ordre de prendre congé, de partir, et d'arriver dans un temps auirquè et fort court à Forli, sa patrie , où il trouveroit sa calotte rouge, sooime il l'y trouva en effet; ce fut eu 1730. Il vécut encore plusieurs