‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 305 sur 335 · SA PREMIÈRE AUDIENCE · texte numérisé non relu

SA PREMIÈRE AUDIENCE

d'abord et y prit congé de lui. L'ambassadeur s'y reposa vin peu; puis l'iiitroducleur à côté de lui, à sa gauche, il traversa la terrasse du palais des Tuileries, monta à cheval avec tout ce qui l'accompagiioit, trouva dans la grande allée au pont tournant, à l'esplanade, les mêmes troupes dans les mêmes postes et les mêmes honneurs qu'en venant, la régiment du roi d'infanterie en haie jusqu'à la porte de la Conférence, les troupes qui l'avoient accompagné rangées sur le quai des Tuileries, et les carrosses , qui se remirent en marche dans le même ordre qu'en venant. Il passa sur le pont Royal, le quai des Théatins, devant le collège Mazarin, la rue Dauphine, et trouva partout, jusqu'à la porte de l'hôtel des ambassadeurs extraordinaires, les mêmes troupes et. détachements, instruments de guerre qu'il avoit trouvés allant à l'audience, pendant laquelle elles s'étoient postées sur les lieux de son retour. La singularité de la cérémonie m'a engagé à l'insérer ici, quoiqu'elle se trouve dans les gazettes.

On approuva fort le chemin qu'on fit prendre à cet ambassadeur, surtout celui du jardin des Tuileries , avec tout cet air si martial de ce grand nombre des plus belles troupes , et de l'avoir fait retourner par le quai des Tuileries et par celui des Théatins, qui sont les endroits où Paris paroît le mieux. Que seroit-ce si on dépouilloit le pont Neuf de ces misérables échopes , et tous les autres ponts de maisons et les quais de celles qui sont du côté de la rivière ? Peu de jours après l'ambassadeur turc fut au Palais-Royal , à l'audience de M. le duc d'Orléans , mais tout simplement, et reçu comme les ambassadeurs extraordinaires, conduit sans troupes et avec peu de cortège par l'introducteur de M. le duc d'Orléans.

L'empereur obtint enfin l'érection de l'évêché de Vienne en archevêché, avec un petit démembrement des diocèses de Passau et de Saltzbourg. Ces deux prélats et leurs chapitres s'y étoient longuement opposés à Vienne et à Rome.

La reine de Danemark mourut à Copenhague d'une longue maladie, àcinqnante-quatre ans. Elle étoit fille de Gustave-Adolphe de Mecklerabourg-Gustrow et d'une Holstein-Gottorp. Elle avoit épousé, en décembre 1695, Frédéric IV, roi de Danemark, le même qui voyagea et vint en France étant prince royal. Elle mourut le 15 mars de cette année 1721. Elle ne laissa que le feu roi de Danemark, Christian-Frédéric mort en 1746, père du régnant, gendre du roi d'Angleterre, et Charlotte-Amélie , encore vivante sans alliance. Frédéric , amoureux depuis longtemps de la fille du comte de Rewenclaw, chancelier de Danemark , dont il avoit eu une bâtarde en 1709, donna en 1712 le titre de duchesse de Sleswig à cette maîtresse, et n'eut pas honte de déclarer son mariage avec elle le 4 avril, c'est-à-dire dix-huit jours après la mort de la reine sa femme, et l'épousa en effet publiquement à Copenhague le même jour. Le7du même mois, c'est-à-dire trois jours après .leprinceetla princesse ses enfants se retirèrent à Jarespries en Jutland. Tels senties funestes eP>ts des amours des rois ; plût à Dieu que ceux-ci fussent les plus grandsl 11 y avoit déjà quelque temps que l'abbé Dubois avoit persuadé au cardinal de Rohai qu'il le feroit premier ministre, s'il vouioit aller à Jiome Saint-Simon xi 25

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