CONDUITE DU DUC DU MAINE
comte de Toulouse. — Faux sauniers soumis d'eux-mêmes. — Adresse de l'ablié Dubois. — 11 fait faire par Fontenolle le manifeste contre rEsjiagne.
— Il est examiné dans un conseil secret au Piilais-Uoyal, passé après en celui de régence, ei suivi aussitôt de la publication de la quadruple alliance imprimée, et de la déclaration de guerre conlrc rEs[jagne. — Le tout trèsmal reçu du public. — Pièces répandues contre le régent sous le faux nom du roi d'Espagne, très-foiblement lancées par le parlement. — Incendie du cliàteau de Lunéville. — Conspiration contre le czar découverte. — Le roi de Suède tué. — Prétendants à cette couronne, qui redt-vient élective, et la sœur du feu roi élue reine avec peu de pouvoir, qui obtient après l'association au trône du prince de Hesse, son époux, mais avec force entraves contre l'hérédité et le pouvoir. — Baron de Gœrlz est décapité , et le baron Van der Natli mis en prison perpétuelle. — M. le duc de Chartres a voix au conseil de régence, oii il entroit depuis quelque temps. — Saint -Nectaire ambassadeur en Angleterre. — Rareté de son instruction et de celle des autres ministres de France au dehors. — Maligne plaisanterie du duc de Lauzun fait cinq ans après le vieux Broglio maréchal de France. — Officiers généraux et particuliers nommés pour l'armée du maréclial de Berwick. — M. le prince de Conti obtient d'y servir de lieutenant général et de commandant de la cavalerie, et de monstrueuses gratifications. — Prodigalités immens(!s aux princes et princesses du sang excepté aux enfants du régent. T— Prodigalités au grand prieur. — Il veut inutilement entrer au conseil de régence ; mais ce lut quelque temps après être revenu d'exil; et cela avoit été oublié ici en son temps. — L'infant de Portugal retourne de Paris à Vienne. — Le duc de Saint- Aignan entre en arrivant au conseil de régence.
— Mort et caractère de Saint -Germain Beaupré. — Mort du prince d'Harcourt. — Mort et aventure de Mme de Charlus. — Mort de M. de Charlus.
— Jeux de hasard défendus. — Blamont , président aux enquêtes , revient de son exil en une de ses terres. — Le grand prévôt obtient la survivance de sa charge pour son fils qui a six ans. — Aiilice levée.
Le duc du Maine , outre l'aîné La Billarderie , lieutenant des gardes du corps qui l'avoit arrêté , fut conduit et gardé à Dourlens par Favancourt, maréchal des logis des mousquetaires gris et qui étoit sous-brigadier de mon temps dans la brigade où j'étois; il m'avoit toujours vu depuis de temps en temps , et néanmoins il fut chargé de ce triste emploi sans que je le susse et sans mîme que j'eusse pensé à personne pour cela. Je n'eus aussi aucun commerce avec lui direct ni indirect pendant tout le temps qu'il le garda, et il fut auprès de lui jusqu'à sa sortie. Quoique gentilhomme de Picardie, il étoit On et désinvolte à merveilles, et s'acquitta si bien de son emploi qu'il satisfit ceux qui l'y avoient mis et en même temps le duc du Maine , qui a depuis particulièrement protégé sa famille.
Au retour de Favancourt, je fus curieux de l'entretenir à fond. Il me conta que la mort étoit peinte sur le visage du duc du Maine pendant tout le voyage depuis Sceaux jusqu'à Dourlens ; qu'il ne lui échappa ni plainte , ni discours , ni question , mais force soupirs. Il ne parla point du tout les premières cinq ou six heures et fort peu le reste du voyage, et dans ce peu presque toujours des choses qui s'offroient aux yeui en passant. A chaque église devant quoi on pas-oit, il joignoit les mains, s'inclinoit profondément et faisoit force signes de croix, et par-ci, par-