‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence; (volume 2)Chapitre 86 sur 335 · TROIS CRIMES DU DUC DU MAINE · texte numérisé non relu

TROIS CRIMES DU DUC DU MAINE

toute l'Europe, avec la monarchie vacante, ne stipule la renonciation à la possible succession, avec le gré et le consentement du roi de France et les solennités célébrées pour cette renonciation ; qu'un roi de France n'a pas le pouvoir de disposer de sa couronne , laquelle suit de droit et par elle-même cette aînesse de génération en génération: et si la race masculine vient à manquer, le droit commun acquiert alors tout son droit, qui donne à la nation celui de se choisir un roi et sa postérité légitime masculine pour lui succéder tant qu'elle durera de génération en génération par aînesse; appuyer sur l'attentat de troubler cet ordre, et sur tous les points qui viennent d'être mis sous les yeux.

Passer de là au second crime : ameutement de gens à qui on fait usurper le nom de la noblesse, sans convocation du roi, ou du régent er. son nom, s'il est mineur, à qui seul elle appartient, par conséquent sans légitimes assemblées des bailliages pour le choix des députés, par conséquent sans mission, sans pouvoir de personne, des gens ramasses de toutes parts pour faire nombre , et dont plusieurs se trouveroient bien empêchés de prouver leur noblesse; éblouir des gens distingués par la leur à fraterniser en égaux avec ce vil mélange; abuser des fantaisies qu'on leur a inspirées de loin pour les ramasser et les animer , se les dévouer après à soi pour tout faire, jusqu'à avilir le nom du second, mais du plus illustre des trois états, que ce ramas se prétend être, par une requête au parlement, plus basse et plus humble que celle du moindre particulier; de traiter le parlement de nosseigneurs, en nom collectif de la noblesse, et avoir recours à sa justice , à son autorité, à sa protection, au nom delà noblesse, et en chose où ces mêmes suppliants prétendent le droit de juger. Se peut-il rien de plus contradictoire en soi , de plus injurieux au second corps de l'État, en tous les points et en tous les genres, de plus insultant au pouvoir du régent et à la majesté royale, de plus visiblement et prochainement teniiant à révolte et à félonie, et sous un roi mineur, à nier toute autorité, pour n'eu reconnoître qu'autant qu'on le veut bien, et qu'elle peut et veut bien servir aux vues qu'on s'est formées? Montrer enfin l'énormité de cet attentat, Is crime et le danger de ses diverses branches, qui ne viennent d'être touchées qu'en deux mots.

Joindre à ces deux crimes le troisième qui a fait arrêter le duc et la éuchesse du Maine. Les preuves des deux premiers sont claires. De ce Airnier, qui est le fruit des deux premiers, les preuves seront évidentes ^ao.nd il plaira à l'abbé Dubois de montrer les papiers de Cellamare et Cpux de l'abbé Portocarrero , qui n'ont été vus que de lui seul, et qui U.* sont pas sortis de sous sa clef, et quand iJ plaira à son maître de se ic'ire l'effort de le lui commander de façon à se faire obéir'.

G'étoit bombarder rudement la foiblesse de régent, et tâcher à l'ex-

< . Les représentations de Saint-Simon au rôgi-nt n'étaient pas ignorées. Madame, mère durcgtMU, écrivait le 7 juillet 1719 : « Le duc de Saint-Simon s'impalienla une fois de la bonté d'' mon fils et lui dit en colère : ^-Jh/ vous voilà bien débonnaire ; df/uis Louis le Débonnaire on n'a rien vu d'aussi débonnaire que vous. MoE fils laillit se rendre malade à force de rire. »

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