COMTESSE DE GRAMMONT
Gramraont avoit été passer quelques jours de cette octave à Port-Royal des Champs, où elle avoit été élevée, et pour lequel elle avoit conservé beaucoup d'atlachemerit. G'étoit ua crime qui pour toute autre auroit été irrémissible; mais le roi avoil personnellement pour elle' une vraie considération , et une amitié qui déplaisoit iort à Mme de Maintenon. mais qu'elle n'avoit jamais pu rompre, et qu'elle souffroit parce qu'elle ne pouvoit faire autrement. Elle ne laissoit pas de lui montrer souvent sa jalousie par des traits d'humeur quoique mesurés, et la comtesse qui étoit fort haute , et en avoit tout l'air et le maintien avec une grande mine, des restes de beauté, et plus d'esprit et de grâce qu'aucune femme de la cour, ne se doiïnoit pas la peine de les ramasser, et montroit de son côté à Mme de Maintenon . par son peu d'empressement pour elle, qu'elle ne lui rendoit le peu qu'elle faisoit que par respect pour le goût du roi. Ce voyage donc que Mme de Maintenon tâcha de mettre à profit ne mit la comtesse qu'en pénitence , non en disgrâce. Elle qui étoit toujours de tous les voyages de Marly. et partout où le roi alloit. n'en fui point celui-ci. Ce fut une nouvelle. Elle en rit tout bas avec ses amis. Mais d'ailleurs elle garda le silence et s'en alla à Paris. Deux jours après elle écrivit au roi par son mari qui avoit liberté d'aller à Marly , mais elle n'écrivit ni ne fit rien dire à Mme de Maintenon. Le roi dit au comte de Grammout. qui cherclioit à justifier sa femme, qu'elle n'avoit pu ignorer ce qu'il pensoit d'une maison toute janséniste qui est une secte qu'il avoit en horreur. Fort peu après le retour à Versailles, la comtesse de Graramont y arriva, et vit le roi en particulier chez Mme de Maintenon. Il la gronda, elle promit qu'elle u'iroit plus à Port-Royal sans toutefois l'abjurer le moins du monde ; ils •^•e raccommodèrent, et au grand déplaisir de Mme de Maintenon. il n'y parut plus.