COURLANDE
tirer, et ils étoient trente raille, tous Allemands. Rome, l'empire, la Pologne, convinrent de leur donner la Prusse à conquérir sur les peuples barbares et idolâtres qui en étoient les habitants et les maîtres, 9t qui avoient un roi et une forme d'État. La conquête fut difficile, longue, sanglante; à la fin elle réussit, et l'ordre Teutonique devint très-puissant. Le grand maître y étoit absolu et traité en roi avec une îour et de grands revenus: il y avoit un maître de l'ordre sous le çrand maître, qui avoit son état à part et grand nombre de commaniieries. La religion y fleurit et l'ordre avec elle jusqu'à entreprendre des conquêtes, et d'envahir la Samogilie et la Lithuanie, ce qui causa de longues et de cruelles guerres entre eux et les Polonois. Luther ayant répandu sa commode doctrine en Allemagne, ces chevaliers s'y engagèrent, et usurpèrent héréditairement leurs commanderies. Albert de Brandebourg étoit lors grand maître; il ruina tous les droits et les privilèges de l'ordre qui l'avoit élu, s'en appropria les richesses communes, se moqua du pape et de l'empereur, et, sous prétexte de terminer la guerre de Pologne , partagea la Prusse avec elle . dont la part fut appelée Prusse royale , et la sienne ducale , et lui duc de Prusse. A son exemple, Gothard Kettler qui étoit en même temps maître de l'ordre, s'appropria la Gourlande en duché héréditaire, sous la mouvance de la Pologne, et sa postérité la conservée jusqu'à nos jours, que le dernier mâle étant mort . la czarine en à su récompensez- les services amoureux de Byrôn ' , gentilhomme tout simple du pays. Frédéric étôit petit-fils , fils et frère des trois premiers électeurs de Brandebourg de la maison d'aujourd'hui. Il eut trois fils entre autres de la fille de Casimir , roi de Pologne : Casimir , qui fit la branche de Culmbach , qui servit fort utilement Charles-Quint et Ferdinand son frère; il laissa un fils unique , mort sans postérité : Georges . qui fit la branche d'Anspach l'ancienne, qui s'éteignit aussi dans son fils; et Albert qui, de grand maître de l'ordre Teutonique, secoua le joug de Rome, de ses vœux, de l'empire, et se fit duc héréditaire de Prusse, dont il prit l'investiture du roi de Pologne.
Ainsi, la Prusse, qui étoit province de Pologne, fut séparée en deux, comme je viens de le dire, en 1525. Ce fut cet Albert qui érigea l'université de Kœnigsberg, capitale de la Prusse ducale; il mourut en mars 1578 , il ne laissa qu'un fils . Albert-Frédéric , duc de Prusse , mort imbécile en 1618. en qui finirent les trois branches susdites. Il avoit épousé en 1573 Marie-Êléonore , fiUe aînée de Guillaume, duc de Clèves, Juliers, Berg, etc. , sœur de J. Guillaume, mort sans enfants, 15 mars 1609, d'Anne, mariée au palatin de Neubourg. de Madeleine, femme d'autre palatin , duc des Deux-Ponts . de Sibylle , marquise de Bade . puis de Burgau de la maison d'Autriche , mais morte sans enfants de ses deux maris. J. Sigismond, électeur de Brandebourg, eut donc de sa femme Anne, fille aînée d'Albert-Frédéric de Brandebourg, duc de Prusse, et de Marie-Éléonore, fille aînée de Guillaume, duc de
H . Saint-Simon a écrit Byron. Ce personnage esi connu sous le nom de Biren et a joué un rôle important au xvm' siècle.
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Clèves et de Juiiers , et sœur de J. Guillaume , dernier duc de Clèves et Juiiers , etc. , eut , dis-je , la Prusse et la prétention sur la succession de Clèves, Berg, Juiiers, etc., qu'il partagea enfin provisionnellement avec le palatin de Neubourg. Frédéric-Guillaume, électeur de Brandebourg , petit-fils de ce mariage , eut quelque pensée de faire ériger sa Prusse ducale en royaume, par l'empereur, sans pousser plus loin cette idée. Frédéric III, son fils et son successeur, la suivit davantage . et servit bien l'empereur Léopold en Hongrie et sur le Rhin, où il ouvrit la guerre de 1GS8, par les sièges de Kaiserswerth et de Bonn qu'il prit en personne. S'étant toujours depuis rendu nécessaire à l'empereur . il s'assura de lui sur son dessein . et dans cette conjoncture favorable où l'empereur cherchoit partout des troupes , de l'argent et des alliés pour disputer la succession d'Espagne , l'électeur donna un repas aux principaux de sa cour, dans lequel il leur porta la santé de Frédéric III . roi de Prusse et électeur de Brandebourg , t,'i se déclara roi de cette manière. Il fut aussitôt traité de Majesté par les conviés et par tout ce qui n'osa ou ne voulut pas se brouiller avec lui , et s'alla bientôt après installer lui-même en cette nouvelle dignité à Kœnigsbergpar un nouvel hommage de toute la Prusse liucale. C'est le père de celui qui vient de mourir et le grand-père de celui d'aujourd'hui.
La conduite de l'empereur , le murmure des HoUandois. le silence profond de l'Angleterre , firent songer ici à se mettre en état de soutenir le testament partout. Tessé fut envoyé à Milan concerter avec le prince de Vauderaont les choses militaires, et choisi pour commander les troupes que le roi enverroit au Milanois aux ordres de Vaudemont. Celui-ci envoya bientôt après Colmenero . son confident et général d'artillerie , au Milanois , rendre compte au roi de toutes choses et presser l'envoi des troupes. On se mit aussi au meilleur ordre qu'on put par mer, et on fit partir un gros corps de troupes sous des officiers généraux pour passer au Milanois. partie par mer, partie par terre. M. de Savoie ayant accordé le passage de bonne grâce.
Le duc d'Ossone, jeune grand d'Espagne, vint saluer le roi, et ne baisa point Mme la duchesse de Bourgogne, les grands d'Espagne n'ayant jamais eu de rang en France. Sa figure ne donna pas idée à notre cour de celle d'Espagne , il fut fort festoyé. Il trouva le roi d'Espagne à Amboise, et, comme il étoit gentilhomme de la chambre , il le voulut servir à son dîner; mais M. de Beauvilliers lui fit entendre que ce prince seroit fort aise qu'il fit sa charge auprès de lui , dès qu'il auroit passé la Bidassoa , mais que , tant qu'il seroit en France . il vouloit être servi à l'ordinaire par des François. M. de Beauvilliers, comme premier gentilhomme de la chambre du roi et le sien particulier pour avoir été son gouverneur, le servit toujours tant que sa santé le lui permit dans le voyage. Il entendoit une messe tous les jours séparément des deux autres princes ses frères . recevoit seul , et sans qu'ils se trouvassent présents , les harangues et les honneurs qui lui étoient faits . et mangea toujours seul, et, lorsqu'ils se trouvoient ensemble en public, c'étoit toujours debout, en sorte qu'ils ne se voyoient familièrement qu'en carrosse et ii :.o:',. ' ,iiee, etoue tout ce'-émonial étoit évité entre eux. Je cou. ou