‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 126 sur 348 · BRANCHES DE LA MAISON DE PORTUGAL · texte numérisé non relu

BRANCHES DE LA MAISON DE PORTUGAL

fut chaiLbellau de l'empereur, chevalier de la Toisou d'or en 1712 , puis garde-sceau de Flandre. Il étoit gendre et heaii-frère des ducs de Frias, connétables de Castille. La paix étant faite en 1725, en avril, entre l'empereur et Philippe V, le comte d'Oropesa revint avec sa femme en Espagne, où il mourut bientôL après. Sou fils unique y épousa fort jeune la fille du comte de Saa-Eslevan de Gormaz, premier capitaine des gardes du corps et qui devint peu après marquis de Villena et majordom'^-major du roi à la mort de son père. Le comte d'Oropesa fut fait chevalier de la Toison d'or, et mourut peu après sans postérité masculine. Ainsi cette branche d'Oropesa est finie.

Celle de Lémos sort de Denis, fils puîné dj Ferdinand II, duc de Bragance, petit-fils u'Alphonse, bâtard du roi de Portugal Jean I". Ce Denis, par con£. quent, étoit frère puîné de Jacques, duc de Bragance, grand-père de Jean, premier duc de Bragance, duquel est sortie la branche d'Oropesa. Denis devint comte de Lémos en Gasiille avec une fille héiitière de Roderic, bâtard d'Alphonse, mort sans enfants avant son père Pierre Alvarez de Castro Osorio, seigneur de Cabrera et Ribera, en faveur duquel Henri IV, roi de Castille, avoit érigé Lémos en comté. C'est de là que cette branche de Lémos a toujours ajouté le nom de Castro à celui de Portugal, comme celle d'Oropesa y ajouta toujours celui de Tolède. Par ce mariage, les enfants de Denis s'attachèrent plus à l'Espagne qu'au Portugal. Ferdinand, l'aîné, fut fait grand d'Espagne et fut ambassadeur de Charles-Quint et de Philippe II à Rome , et son fils , Pierre-Ferdinand , servit Philippe II à la conquête de Portugal.

Les quatre générations suivantes ont eu les plus grands emplois d'Espagne, et les premières vice-royautés. La quatrième , qui est le père du comte de Lémos vivant à l'avènement de Philippe V , étoit gendre du duc de Gandie et vice-roi du Pérou '. Son fils, qui a épousé la sœur du duc de l'Infantado , de la maison de Silva , n'en a point eu d'enfants. Il vit encore et n'a jamais eu d'emploi. Pour le premier de cette branche, en qui elle va finir, c'est un bon homme, mais un très-pauvre homme, qui est Lien connu pour tel et qui passe sa vie à fumer. Sa femme et son beau-irère l'entraînèrent du côté de l'archiduc pendant la guerre. Ils furent arrêtés comme ils y passoient , et prisonniers quelque temps. Le duc de l'Infantado a toujours été mal à la cour depuis. Sa sœur, quia de l'esprit et du manège, s'y sut raccommoder et à la fin fut camarera-mayor de Mlle de Beaujolois, lorsqu'elle fut envoyée en Espagne pour épouser don Carlos , et c'étoit une des dames d'Espagne des plus capables de cet emploi, mais qu'on fut surpris qu'elle voulût bien accepter.

La troisième branche de la maison de Bragance ou de Portugal établie en Espagne est celle de Veragua. Mais, pour l'expliquer, il faut remonter à celle de Cadaval ou de Ferreira, dont elle est sortie, la-

* . La phrase est reproduite textuellement d'après le manuscrit; elle semble incomplète. Il faudrait probablement : la quatrième a eu pour chef le uère du comte de Lemos, etc.

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