SECRÉTAIRE DES DÉPÊCHES UNIVERSELLES
salais jusqu'à la porle de la première pièce extérieurement. Je ne m'ésends point sur le conseil d'État, parce qu'il tomba fort peu après l'arrivée du roi, et qu'il est demeuré depuis en désuétude. Il a fait rarement des conseillers d'État , mais toujours sans fonctions.
Je parlerai avec la mêire sobriété du secrétaire des dépêches universelles par la même raison. Ubilla a été le dernier, et ne le demeura pas longtemps. C'étoit presque nos quatre secrétaires d'État ensemble pour le crédit et les fonctions ', mais non pas pour le reste. Il étoit demeuré pour l'extérieur comme nos secrétaires d'État d'autrefois et comme eux venu par les emplois de commis dans les bureaux , ce qui peut faire juger de leur naissance et de leur état. Au conseil d'État, ils étoient au bas bout de la table auprès de leur écritoire , rapportant les affaires , lisant les dépêches, écrivant ce qui leur étoit dicté, sans opiner et touours à genoux sur un petit carreau qui leur fut accordé à la fin , à cause de la longueur des conseils , et tête à tête avec le roi de même. Ils étoient fort craints et considérés, mais ils n'alloient point avec la noblesse même ordinaire. De six qu'ils sont des débris de celui des dépêches universelles, j'en ai vu deux, celui q i travailloit toujours avec le roi et celui de ia guerre qui n'y travailloit guère, et jamais ne le suivoit en aucun voyage hors Madrid . qui lâchoient de se mettre sur le pied <ie nos secrétaires d'État d'aujourd'hui, surtout le premier, qui étoit Grimaldo, quoique venu des bureaux comme les autres, et Castellar, qui est mort ici depuis ambassadeur, frère de Patino, alors premier ministre.
Passons mainlenant à la cour, et voyons-en les principaux emolois et même quelques médiocres, pour l'intelligence de ce qui suivra et pour ne plus interrompre un récit plus intéressant. Il y en a trois qui répondent ici au grand maître, au grand chambellan et au grand écuyer, qi.'on appelle tout court les trois charges, parce qu'elles sont à peu près égales entre elles, et sans proportion avec toutes les autres. Ce sont toujours trois grands, à qui elles donnent une grande distinction sur tous les autres et une considération principale par toute l'Espagne. Il est pourtant arrivé, quoique extrêmement rarement, que quelqu'une de ces charges, tantôt l'une, tantôt l'autre, ont été possédées piu* de trèsgrands seigneurs qui n'éloient pas grands, mais favoris ou fort distingués, ou qui sont bientôt devenus grands d'Espagne. Expliquons-les poui les faire connoître.
Le majordome-major du roi est notre grand maître de France dans toute l'étendue qu'il avoit autrefois. Tous les palais du roi, tous les meubles, toutes les provisions, de quelque espèce qu'elles soieut, la Douche et toutes les tables, la réception, la conduite et le traitement des ambassadeurs et des autres personnes distinguées à qui le roi en fait, l'ordre, l'ordonnance, la disposition de toutes les fêtes que le roi donne, de tous les spectacles, de tous les festins et rafraîchissements, la distribution des places, l'aulorilé eur les auteurs de récit, de machines, de musiques, les mascarades publiques et particulières du palais, l'autorité, la disposition, les places de toutes lee céi'émonies, la disposition de tous les logements