MAJORDOME MAJOR DU ROI
conseil de Castille , et le roi n'en reçoit aucun lui-même , ce qui fait que le majordome-major n'ea prête point. Pour en revenir à nos idées, on voit que cette charge est en beaucoup plus grand ce qu'étoit autrefois le grand maître ae la maison du roi ' , qui depuis les Guise n'ont plus rien à la bouche', dont le premier maître d'hôtel est maître indépendant, et qu'il n'a plus que le serment de cette charge, de celle de grand maréchal des logis , de grand maître des cérémonies et d'introducteur des ambassadeurs, sans avoir conservé rien du tout dans l'exercico de ces charges , qui avec tout leur détail sont entièrement subordonnées . et en tout dépendantes en Espagne du majordome-major, et toutes exercées sous lui par le majordome de semaine. Le majordome-major les réprimande très-bien, et change ce qu'ils ont fait quand il le juge à propos. Le grand chambellan ou sommelier du corps est en tout et partout à la fois ce que sont ici le grand chambellan . les quatre premiers gentilshommes de la chambre ^ . le grand maître * et les deux maîtres de la '•arde-robe réunis en une seule charge. Les mêmes fonctions , le même commandement , le même détail , et ordonnateur des mêmes dépenses. Il a sous lui un nombre indéfini de gentilshommes de la chambre , tant qu'il plaît au roi d'en faire, qui ont son service en son absence, et qui sont grands d'Espagne presque tous et la plupart aussi grands ou plus grands seigneurs que lui , car c'est le but de tous les seigneurs de la cour. La différence est que le sommelier couche au palais , et qu'il entre
^ . Le grand maître de la maison du roi avait primitivement une partie des attributions qui avaient appartenu au grand sénéchal jusque vers la fin du xii" siècle, entre autres, droit de juridiction sur tous les officiers de la maison du roi. Mais, au xvii* siècle, il ne lui restait que la surveillance du service des maîtres d'hôtel. On trouvera, dans le Traite des OJ'Uces de Guyot (t. I", p. 464), un règlement du 7 janvier H 681 , qui détermine les attributions du grand maître de la maison du roi.
2. On appelait la bouche du roi, ou simplement la bouche, tous les officiers chargés du service de la table du roi, maîtres d'hôtel, contrôleurs, etc.
3. Les attributions des quatre premiers genliUiommes de la chambre, ijui servaient à tour de rôle , par année , consistaient à recevoir le serment de fidélité de tous les officiers de la chambre, à donner les ordres aux huissiers pour les personnes qu'ils pourraient admettre aux audiences du roi, à régler toutes les dépenses des menus jjlaisirs, etc. Dans la suite, les comédiens français el italiens furent placés sous la survedlance des premiers ?;entilshommes de la chambre, et on leur confia aussi la direction des réjouissances publiques.
4. La charge de grand maître de la garde-robe fut créée en (669 par Louis XIV. Les détails des fonctions de ce dignitaire caractérisent l'étiquette de cette époque : il avait la surveillance des vêlements du roi. Lorsque le roi s'habillait , il lui mettait la camisole, le cordon bleu et le justaucorps. Quand le roi se déshabillait, le grand maître lui présentait la camisole de nuit et lui demandait ses ordres pour le costume du lendemain. Les jours de cérémonie, il mettait au roi le manteau et le collier de l'ordre du Saint-Esprit. C'était le ^raud maître de la garde -robe qui faisait faire les vêtements ordinaires du roi ; mais c'était aux premiers gentilshommes de la chambre quappartenait d'ordonner le ))remier vêtement de chaque deuil et les vêtements extraordinaires pour les bals, mascarades et autres divertissements.