MALADIE DE LA DUCHESSE DE BOURGOGNE
chcfde la maison françoisedu roi d'Espapne etgenlillionimede sachorabic. — La reine d'Espagne, charmante, va par terre en Catalogne. — Epouse de nouveau le roi à Figuères. — Soène lâcheuse. — Ducs d'Arcos et de Banos à Paris, puis en Flandre.
Mme la duchesse de Bourgogne, qui, par ses caresses, son enjouement, sa soumission, ses attentions continuelles à plaire au roi et à Mme de Maintenon , qu'elle appeloit toujours sa tante , leur avoit entièrement gagné le cœur, et usurpé une familiarité qui les amusoit, pour s'être baignée imprudemment dans la rivière après avoir mangé beaucoup de fruit, tomba dans une grande fièvre vers les premiers jours d'août, comme on étoit s'ir le point d'aller à Marly. Le roi . dont l'amitié n'alloit pas jusqu'à la contrainte , ne voulut ni retarder son voyage ni la laisser à Versailles. Le mal augmenta à tel point qu'elle fut à l'extrémilé. Elle se confessa deux fois, car en huit jours elle eut une dangereuse rechute. Le roi, Mme de Maintenon. Mgr le duc de Bourgogne étoient au désespoir et sans cesse auprès d'elle. Enfin elle revint à la vie à force d'émétique, de saignées et d'autres remèdes. Le roi voulut retourner à Versailles au temps qu'il l'avoit résolu . et ce fut avec toutes les peines du monde que les médecins et Mme de Maintenon l'arrêtèrent encore huit jours , au bout desquels il fallut partir. Mme la duchesse de Bourgogne fut longtemps si foible qu'elle se couchoit les après-dînées . où ses dames et quelques privilégiées faisoient un jeu pour l'amuser. Bientôt il s'y en glissa d'autres, et incoiil'jient après toutes celles qui avoient de l'argent pour grossir le jeu. .Mais pas un homme n'y entra que les grandes entrées ' avec le roi , qui y alloit le matin et les après-dînées pendant ce jeu, en sortant ou rentrant de la chasse ou de la promenade.
M. de Lauzun , à qui , à son retour ea ramenunt la reine d'Angleterre , les grandes entrées avoient été rendues, et qui alors les avoit seul sans c'narge qui les donne , suivit un jour le roi chez Mme la duchesse de Bourgogne. Un huissier ignorant et fort étourdi le fut tirer par la manche et lui dit de sortir. Le feu lui monta au visage , mais , peu sûr du roi , il ne répondit rien et s'en alla. Le duc de Noailles , qui pav hasard avoit le bâton ce jour-là, s'en aperçut le premier et le dit au roi , qui malignement ne fit qu'en rire et eut encore le temps de se divertir à voir Lauzun passer la porte. Le roi se permettoit rarement les malices, mais il y avoit des gens pour lesquels il y succomboit, et M. de Lauzun, qu il avoit toujours craint et jamais aimé depuis son retour, en étoit un. La duchesse du Lude, qui en fut avertie , entra en grand émoi. Ella craignoit fort Lauzun, ainsi que tout le monde, mais elle craigi.oit encore plus les valets, tellement qu'au lieu d'interdire l'huissier elle sb contenta de l'envoyer le lendemain matin demander pardon de sa sottise
i . Oa ^pelolt les grandes entrées les seigneurs qui oyaient droit d'entrer chez le roi dès qu'il était éveillé et d'assister à sa loilellc. Le grand chambellan, les premiers gentilshommes de la chambre du roi, et, en général, les officiers kttacÊés à la chambre et à la garde-robe du roi a. aient de droit le« grandes entrées. Pour les autres seigneurs, il fallait un brevet spécial.