‹ Mémoires complets et authentiques, sur le sièvle de Louis XIV et la Régence;Chapitre 281 sur 348 · CHAPITRE XXXIIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIIl

Situation de Catinat. — Dispositions de Villars. — Bataille de Friedlingen. — Villars fait seul maréchal de France. — Retour de Catinat et sa retraite. — Caractère de Villars. — Mort de M. le maréchal de Lorges. — Son éloge.

Catinat avoit eu grande occasion de s'apercevoir, à la tête de l'arjiée du Rhin, des suites d'un éclaircissement qui lui avoit mérité les plus grandes louanges du roi , mais qui avoit convaincu son ministre et commis Mme de Maintenon. Tous les moyens lui manquèrent, et le dépit de faire malgré lui une campagne honteuse le rendit mystérieux et chagrin jusqu'à mécontenter les officiers généraux, et les plus distingués d'entre les particuliers de son armée. La nécessité de secourir l'électeur de Bavière déclaré et molesté par les Impériaux, celle aussi d'en être secouru, fit résoudre de tenter le passage du Rhin; il fut proposé à Catinat, peut-être avec peu de moyens et de troupes, je dis peut-être, parce que je ne le sais pas, et que je ne fais que le soupçonner, sur le refus qu'il fit de s'en charger. A son défaut, Villars, qui vit la fortune au bout de ce passage, l'accepta, sûr de ne rien risquer, en manquant même ce que Catinat avoit refusé de tenter; mais en habile homme, il voulut être en force, et outre ce qui étoit venu de Flandre qu'il avoit été recevoir de Chamarande à mi-chemin, BlainviUe lui amena encore un gros détachement de la même armée de Flandre. II y joignit ce qu'il voulut de l'armée du Rhin , qui devenue par là un détachement elle-même , se retrancha sous Strasbourg . et peu à peu s'y

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