TRISTE SITUATION DU LANGUEDOC
telligence, comme Nîmes, Uzès, etc., et force gentilshommes distingués et accrédités dans le pays qui les recevoient clandestinement dans leurs châteaux, qui les avertissoient de tout, et à qui ils s'adressoient avec sûreté , qui eux-mêmes pour la plujjart avoient leurs ordres et leur? secours de Genève ou de Turin. Les Cévennes e* les pays voisins pleins de montagnes et de déserts étoient une merveilleuse retraite pour ces sortes de gens, d'où ils laisoient leurs courses. Broglio, qui y voulut faire le capitaine, y fut traité et s'y randuisit en intendant. Ni troupes, ni artillerie , ni vivres , ni armes nulle part . en sorte que MoTitrevel fut obligé de demander de toutes ces choses, en attendant lesquelles les fanatiques désoloient toujours la province , en recevant aussi de temps en temps quelques petites pertes de la part de Julien. Broglio , qui n'entendoit rien qu'à dominer sous l'ombre de Bàville, fut rappelé, et eut l'impudence de répandre que c'étoit avec parole d'être fait chevalier le l'ordre. On envoya trois ou quatre lieutenants généraux ou maréchaux de camp à Montrevel avec vingt bataillons et de l'artillerie, dont il sut très-médiocrement s'aider. On pendit quelques chefs qui furent pris en divers petits combats ou surprises. Ils se trouvèrent tous de la lie du peuple , et leur parti n'en fut ni effrayé ni ralenti.
Tant d'occupations étrangères et domestiques n'empêchèrent pas le roi de s'amuser à des bals à Marly.