LEGAL BAT LE GÉNÉRAL LATOUR
Savoie! Mais il étoit arrêté dans les décrets de la Providence que l'aveviçrlement qui mit l'État si près du précipice devoit commencer ici.
La communication des nouvelles de Bavière n'étoit pas facile ; aucun officier général n'osoit se commettre à écrire ce qu'ils voyoient tous et dont ils gémissoient ; tout se discutoit et se décidoit pour la guerre entre le roi et Chamillarl uniquement , et presque toujours en présence de Mme de Maintenou. On a vu ce qu'elle étoit à Vijiars; elle vouloit qu'il fût un héros. Cliamillart n'avoit garde d'oser penser autrement; son apprentissage dans les projets de guerre étoit nouveau. Le roi. qui se piquoit d'y être maître, se complaisoit en un ministre novico qu'il comptoit former et à qui les grandes opérations ne pourroient être attribuées. Friedlingen , la jonction, plus que tout cela, Mme de Maintenon l'avoit ébloui sur Villars. Ils voyoient l'électeur aussi ardent que lui au projet du Tyrol; le moyen de ne les en pas croire sans réflexion, sans avisement des motifs, sans contradicteur? La carte blanche leur fut donc laissée, et les ordres en conséquence envoyés en Italie pour l'exécution le la jonction par Trente. Vendôme amusoil le roi de bicoques emportées, de succès de trois cents ou quatre cents hommes, de projets qui ne s'exécutoient pas. Ses courriers étoient continuels qui ne satisfaisoient que le roi , par le mérite de sa naissance et les soins attentifs de M. du Maine , et par lui de Mme de Maintenon , qui lui avoient dévoué Chamillart. Vendôme, qui aimoit à faire du bruit, fut ravi de se trouver cliargé de percer jusqu'à Trente. C'étoit un homme qui ne doutoit de rien , quoique souvent arrêté , qui soutenoit ses fautes avec une audace que sa faveur augmentoit , et qui ne convenoit jamais d'aucune méprise ; il fit donc un très-gros détachement avec lequel il se mit en chemin de Trente, laissant M. de Vaudemont à la tête de l'armée.
Pendant le voyage de l'électeur en Tyrol, les Impériaux rassemblèrent leurs troupes et tinrent toujours le maréchal de Villars de fort près. Lui cependant projeta de surprendre le général La Tour, campé avec cinq mille chevaux près de la petite ville de Mindericingen qui a un pont sur le Danube , à six lieues d'Ulm , où Légal étoit allé avec douze escadrons , sous prétexte de garantir cette dernière ville des courses des ennemis qui en empêchoient le commerce et les marchés. Il eut ordre de marcher sans bruit, à huit heures du soir. Du Héron le joignit avec six escadrons de dragons ; il prit en croupe sept cents hommes d'infanterie , et cinq cents chevaux le joignirent en chemin avec Fonboisart. Quoiqu'ils eussent marché sans bruit toute la nuit, un parti de hussards les découvrit, tellement qu'ils trouvèrent le général en bataille dans unç belle prairie devant son camp , et son bagage ayant passé le Danube. Ils avoient quinze cents chevaux plus que Légal , et le débordoient dedeux côtés, aussi attaquèrent-ils les premiers par une grande décharge. Il ne leur fut répondu que l'épée à la inain. L'affaire fut disputée et notre gauche avoit ployé. Le peu d'infanterie qu'avoit Légal marcha, la baïonnette au bout du fusil , et arrêta en plaine la cavalerie qui avoit poussé cette gauche qui se rallia, et alors la victnire ne balança plus. Ils se jetèrent dans Minderkingen , où la quantité de gens tués suri: pont les empêcha d'être poursuivis dans 1? ville , parce qu'ils eurent k