REPRISE DES SUÉDOIS
ronne qui en est près, où je vis sur plusieurs portes les armes de L'Aubépine, en pierre, entourées du cordon avec la croix sans collier.
Mais voici le comble, ce sont les grands officiers de l'ordre, peints et en sculpture, vêtus avec le manteau de chevalier de l'ordre, et avec le collier de l'ordre par-dessus comme l'ont les chevaliers. Châteauneuf, secrétaire d'État , fit faire à Rome le tombeau et la statue de son père La Vrillière, à genoux dessus, de grandeur naturelle dans cet équipage complet. C'est même un très-beau morceau que j'ai vu sur leur sépulture à Chàteauneuf-sur-Loire. Qui que ce soit à l'inspection ne se peut douter que ce bonhomme La Vrillière n'ait été que prévôt et grand maître des cérémonies de l'ordre. Il n'y a nulle différence quelle que ce soit d'un chevalier du Saint-Esprit. On voit dans Paris et dans la paroisse de Saint-Eustache la statue au naturel de M. Colbert , grand trésorier de l'ordre, avec le manteau et le collier des chevaliers • il n'est personne qui puisse ne le pas prendre pour un chevalier du Saint-Esprit; il y en a peut-être d'autres exemples que j'ignore.
Ces abus me font souvenir de ce que me conta la maréchale de Chamilly, quelque temps apns que son mari fut chevalier de l'ordre. Il entendoit la messe, et portoit l'ordre par-dessus, comme il étoit rare alors qu'aucun le portât par-dessous. Une bonne femme du peuple , qui étoit derrière ses laquais, en tira un par la manche, et le pria de lui dire si ce cordon bleu là étoit un véritable cheval'ier de l'ordre. Le laquais fut si surpris de la question de la part d'une femme qu'il ne jugeoit pas avec raison savoir cette difl"érence , qu'il le conta à son maître au sortir de la messe.
Les Suédois y furent attrapés à M. d'Avaux , dont on vient de voir le marché de sa charge à son neveu, et lui firent toutes sortes d'honneurs. Quelque temps après ils surent que c'étoit un conseiller d'État de robe qui avoit une charge de l'ordre. Ils cessèrent de le considérer et de le traiter comme ils avoient fait jusque-là, et cette fâcheuse découverte nuisit fort au succès de son ambassade.
PIN nQ DEUXIEME ▼OUmK.
î. NOTE DE MM. DE DREUX-NANCRÉ ET DE DREUX-BRÉZÉ , ÉTABUSSAHT QUE M. DE DREUX ÉTAIT DE GRANDE ET ANCIEiSNE MAISON.
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MM. de Dreux-Nancré et de Dreux-Brézé ont adressé la réclamation suivante :
M. le duc de Saint-Simon mentionne, année 1699, que a M. Dreux devint le marquis de Dreux aussitôt après son mariage avec Mlle de Chamillart, et lorsqu'il fut pourvu de la charge de grand maître des cérémonies, prenant (sans prétexte de terre) le titre de marquis, etc. »
Cependant la terre de Brézé avait 'été érigée en marquisat dès l'année 1685, pour 'liiomas de Dreux, père de celui qui. le premier de sa famille, fut grand maître des cérémonies; cette érection fut enregistrée à la chambre des comptes le 23 juillet suivant, et au parlement le 6 août 1686.
Des titres originaux , dont l'extrait se trouve déposé aux archives du rorjaume, remontent par tous les degrés de filiation jusqu'à Pierre de Dreux, écuyer, seigneur de Ligueil, vivant en 140G.
Une donation faite le 7 juillet 1472, par Thomas de Dreux, écuyer, seigneur de Ligueil, à Simon de Dreux, écuyer, son fils aîné et principal héritier, établit que le susdit Thomas de Dreux donne, etc., ainsi qu'il a reçu japieça (depuis longtemps) de feuz Pierre de Dreux , son père , vivant, écuyer, seigneur de Ligueil et de son oncle messire Simon de Dreux . chevalier , maître de l'houstel du roi. Cet acte fut fait en présence dudit Thomas de Dreux et de son oncle, messire Jean de Garquesalle , grand maître de l'écurie du roi Louis XI.
Les titres de M. de Dreux avaient été vérifiés au parlement de Bretagne, le 13 juin 1669. ainsi que par l'assemblée des commissaires généraux, tenue à Paris les 28 janvier 1700 et 22 mars 1703.
II NOTE DE M. LE MARQUIS DE SAUMERT, RELATIVE A JOHANNE DE LA CARRE DE SAUMERT, SON ANCÊTRE.
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Arrière-petit-fils de M. de Saumery , attaqué par M. le duc de Saint- Simon, j'ai cru que mon honneur m'imposait la loi de rendre publique ma justification quand l'injure l'était.
J'ignore quels étaient les motifs de M. de Saint-Simon, mais la manière dont est tracé le portrait de Saumery fait assez voir combien il y a mis de partialité. Des traditions de famille, l'estime générale dont jouissait le marquis de Saumery, la confiance dont l'honora Mgr le duc de Bourgogne , son intimité avec les ducs de Chevreuse et de Bea^-^il-
liers , l'un son neveu , l'autre son cousin germain ; enfin , l'amitié du vertueux Fénelon. suffisent pour faire apprécier à leur juste valeur toutes les assertions dont il est l'objet.
Les couleurs employées pour peindre Mme de Saumery ' ne sont pas moins noires, et cependant cette femme si dissolue, selon M. de Saint- Simon , fut la meilleure des mères : elle fut toujours l'amie de sa nièce , la vertueuse duchesse de Beauvilliers^ et l'affection que lui portait sa cousine de Navailles^, de toutes les femmes de la cour la plus universellement révérée, ne se démentit jamais. Enfin la pieuse reine Marie Lesczmska la traita toujours avec une bienveillance particulière.
Quant à la naissance , possédant des preuves matérielles , il m'est facile de rétablir les faits. Ces preuves ne sont point fondées sur des généalogies . faites souvent avec peu de scrupule : elles sont établies sur des actes et sur les registres des églises de Chambord et de Huisseausur-Cosson, paroisse dans laquelle est situé le château de Saumery; tout le monde peut donc, surlesonriginaux mêmes, s'assurer de l'inexactitude des assertions de M. de Saint-Simon. Je parlerai peu de ma famille avant son établissement en France, mon intention n'étant point de faire ici une généalogie , mais seulement de prouver que le premier des Johanne qui se fixa dans le Blaisois n'a jamais été et n'a jamais pu être ; valet d'Henri IV. S'il fût effectivement né dans l'état de domesticité , je ne serais pas assez vil pour chercher à prouver le contraire. L'homme qui de cette condition se serait élevé aux emplois de premier président de la chambre des comptes de Blois et conseiller d'État, eût eu plus de mérite sans doute que celui qui ne les obtint peut-être que par sa naissance.
La maison de Johanne de La Carre de Saumery est originaire de Béarn ; elle possédait de toute ancienneté dans la ville de Mauléon un hôtel noble, appelé de Johanne et de Mauleon, duquel dépendaient des fiefs, terres, etc. Les armoiries propres de Johanne sont de gueules au lion d'or. (Voir, pour vérifier les armes, V Histoire des grands officiers de la couronne, tome IX, page 92, promotions des chevaliers de Tordre du Saint-Esprit , du 31 décembre 1L85 , au nom Giraud de Mauléon et à celui de Johanne dans le Nobiliaire de France.)
Vers Tan 1566, Arnault de Johanne, seigneur de Johanne de Mau- 'iéon , ayant épousé Gartianne de La Carre , sœur de Ménault de La Carre , aumônier du roi, et nièce de Bernard de Ruthie, abbé de Pontlevoy, nommé grand aumônier de France le 1" juillet 1552, les armes de Johanne furent écartelées de celles de La Carre , qui sont parties au premier
4. Maigueriu-Cliarkitle de MoiUie^un de Besmeaux, élail fille du marquis de Monllezun de Besmeaux, des seif^neurs de Projan , comtes de Champagne, issus des seigneurs de Sainl-Lary, imiiiés des comtes de Pardillac, soriis des comtes d'Aslatac, cadets des ducs héréditaires de Gascogne; il descendait de mâle eu mâle au vingt-deuxième degré de génération de Garcie Sanebe, surnommé leCorhé, troisième duc héréditaire de Gasci^nc, qui unit a sou duché le comté de Bordeaux en 904.