Bibl. de l'Arsenal, ms Coiirart, l. XUI, p
3. Celle lettre a été publiée par M. Floquet, d'abord dans \a. Bihliothèque de l'Ecole des Chartes (2° série, t. V, p. 474), et ensuite dans ses Etudes sur la vie de Bossuet (t. 111, p. 416 el suiv.). Elle est tirée des Mémoires manuscrits de Pliilibert de La Mare. Je n'en cite qiie la partie qui a trait à la question examinée dans celte note.
4. Daniel de Cosnac. q'>i avait été anm^nier de Madame, confirme ces dé-
ché à 8,1 bouche , tant qu'il lui resta de force. Elle ne fut qu'un moment sans connoissance. Tout ce qu'elle a dit au roi , à Monsieur et à tous ceux qui l'environnoient étoit court, précis et d'un sens admirable. Jamais princesse n'a été plus regrettée ni plus admirée; et ce qui est plus merveilleux est que se sentant frappée, d'abord elle ne parla que de Dieu, sans témoigner le moindre regret. Quoiqu'elle sût que sa mort alloit être assurément très-agréable à Dieu , comme sa vie avoit été trèsglorieuse par l'amitié et la confiance de deux grands rois, elle s'aida, autant qu'elle put, en prenant tous les remèdes avec cœur; mais elle n'a jamais dit un mot de plainte de ce qu'ils n'opéroient pas, disant seulement qu'il faltoit mourir dans les formes.
a On a ouvert sou corps, avec un grand concours de médecins, de chirurgiens et de toute sorte de gens, à cause qu'ayant commencé à sentir des douleurs extrêmes . en buvant trois gorgées d'eau de chicorée, que lui donna la plus intime et la plus chère de ses femmes, elle avoit dit d'abord . qu'elle étoit empoisonnée. M. l'ambassadeur et tous les Anglois qui sont ici l'avoient presque cru; mais l'ouverture du corps fut une manifeste conviction du contraire, puisque l'on n'y trouva rien de sain que l'estomac et le cœur qui sont les premières parties attaquées parle poison-, joint que Monsieur, qui avoit donné à boire à Mme la duchesse de Meckelbourg ', qui s'y trouva, acheva de boire le reste de la bouteille, pour rassurer Madame ; ce qui fut cause que son esprit se remit aussitôt, et qu'elle ne parla plus de poison que pour dire quelle avoit cru d'abord être empoisonnée par méprise. Ce sont les propres mots qu'elle dit à M. le maréchal de Grammont. »
De ces témoignages, auxquels on doit joindre celui de Mme de La Fayette, la compagne assidue et l'amie intime d'Henriette d'Angleterre, dont elle a écrit la vie , on doit conclure que la duchesse d'Orléans était d'une santé depuis longtemps altérée, et que la plupart des contemporains ont rejeté le bruit d'empoisonnement adopté par la crédulité populaire. Ainsi Saint-Simon a eu tort d'affirmer que personne n'a dout» de l'empoisonnement, et d'ajouter que Madame était alors d'une très bonne santé.
tailsdans une relation étendue de sa mon. Voy. l'introduction à ses MémoireSj publiés par la Société de l'Histoire de France, t. P"", p. xlvh et suiv.
\ . Elisabeth-Angélique de Montmon-ncy-Boulcville , sœur du maréchal de Luxembourg; elle avait épousé en jifemières noces Gaspard de Colisny, duc le Châtillon, et, en secondes noces, Ciiristian-Louis, duc de Mecklenboiirg. Dn disait au xvn' siècle Meckelbourg. Saint-Simon parle plusieurs fois de jette personne dans ses Mémoires. Voy entre autres, t. I", p. 50 , <4;5, 144,
Saint-Simon h
VII. NOTE RECTIFICATIVE REMISE A M. LE DUC DE SAINT-SIMON PAR M. DE CHANTÉKAC POUR ÉTABLIR QU'URANIE DE LA CROPTE-BEAUVAIS ETAIT FILLE LÉGITIME DE LA CROPTE-BEAUVAIS ET DE CHARLOTTE MARTEL.
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Le récit du duc de Saint-Simon repose tout entier sur une erreur principale. Par contrat du 23 décembre 1653, passé à Mareanes. devant Baige, notaire héréditaire de Saintonge, dont la grosse, signée Baige, est conservée dans les archives de la Cropte-Chantérac , M. de La Cropte- Beauvais avait épousé Charlotte Martel, fille de Gédéon Martel , comte de Marennes, et d'Elisabeth de La Mothe-Foucqué (voir dans le P. Anselme, t. VIII, p. 109, la généalogie de Martel). Uranie de La Cropte le Beauvais, née de cette union légitime, n'était donc point bâtarde.
Ce n'était pas non plus a en mauvaise compagnie » que le comte de soissons l'avait connue, mais au Palais-Royal , chez Madame, dont elle était demoiselle d'honneur {État de la France , mdclxxviu , 1. 1" , p. 484 , et Lettres de Mme de Sérigné). Louis XIV était devenu très-amoureux d'elle , a mais sa vertu inébranlable » lui avait résisté . et il s'était alors tourné vers sa compagne, Mlle de Fontange {Mémoires de la duchesse d'Orléans , princesse palatine).
Dans un autre endroit de ses Mémoires, M. de Saint-Simon parle encore d'une manière inexacte de la situation de la comtesse de Soissons après la mort de son mari . quand il dit qu'elle vécut pauvre , malheureuse , errante , etc. La comtesse de Soissons , outre son héritage paternel et les avantages considérables de son contrat de mariage, possédait, du chef de sa mère , les terres des comté de Marennes et baronnie de Tonnay-Boutonne (Lettre de la comtesse de Soissons au comte de Chantérac , son cousin , publiée dans le Bulletin de la Société de l'Histoire de France de janvier 1856). Elle avait de plus, de Madame, une pension de douze mille livres, et n'avait par conséquent pas besoin de recevoir, a de fois à autre, quelque gratification de M. le duc d'Orléans. » Enfin ce «e fut pas le fils d'Uranie de La Cropte , mais bien son petit-fils , qui mourut au moment où il allait épouser l'héritière de Massa-Carrara , de la maison de Cibo. Son fils Thomas-Emmanuel-Amédée de Savoie, comte de Soissons, chevalier de la Toison d'or, etc., avait épousé Thérèse- Anne-Félicité, fille du prince de Lichtenstein.