MORT, FORTUNE ET FAÎIILLE
vernoit , qui n'auroit pu le suivre à Rome avec bienséance. Mme de Sou-
bise avoit ses raisons pour les laisser ensemble . et ne les laisser pas écarter.
Le nonce Delfin fui relevé ici par Guaiterio, vice-légat d'Avignon, que le roi préfera dans une liste de cinq sujets que le pape lui proposa. C'est un usage, tourné en espèce de droit, que l'empereur et le roi ont ainsi le choix des nonces que Rome leur envoie. Je pense que le roi d'Espagne l'a aussi. Guaiterio, homme de beaucoup d'esprit, s'étoit gouverné dans sa vice-legation de manière à se rendre agréable au roi, dans la vue de cette nonciature, dont on ne sort point qu'avec le chapeau. Mailly, archevêque d'Arles, qui. tout éloigné qu'il éioit de la pourpre, y pensoit dès avant d'être évèque. comme je crois l'avoir dit, avoit profité de la position d'Arles pour lier des commerces sourds à Rome et amitié avec ce vice-légat. Les mêmes raisons lui hrent désirer de la liaison entre lui et moi depuis qu'il fut déclaré nonce. Elle se fit et se tourna depuis en véritable estime et amitié de part et d'autre , qui se retrouvera en plus d'uu endroit dans la suite. C'est ce qui m'a fait étendre sur sa nomination.
La vieille Tanibonneau, tante maternelle de M. de Noailks mourut. J'en ai suffisamment parlé à l'occasion de la mort de la mère de M. de Noailles. .l'ajouterai qu'en ses dernières années, elle s'étoit retirée aux Enfants-Trouvés, et que là même, elle fut suivie par ses amis, et visitée de la meilleure compagnie de la cour et de la ville qui avoit accoutumé de la voir chez elle. Elle avoit plus de quatre-vingts ans: elle navoit jamais lait grand cas de son mari ni de son fils l'ambassadeur en Suisse; elle ne l'appeloil jamais que Michaut: il ne la voyoit guère que les matins, ni sa femme non plus, qui étoit une autre intrigante qui ne valoit pas sa belle-mère, et qui auroit voulu l'imiter : la bonne femme ne vouloit point mêler ce bagage-là avec la bonne compagnie dont sa maison étoit toujours remplie.
Mme de Navailles iiiourul le même jour 14 février: son nom étoit Bauilêan , et son père s'appeloit le comte de Neuillanl, étoit gouverneur de Niort et frère cadet de M. de Parabère. chevalier de l'ordre en 1633, et gouverneur de Poitou. Il laissa sa femme veuve assez longtemps, qui s'appeloit Tiraqueau et qui étoit l'avarice même. Je ne puis dire par quelle raison , ou hasard , Mme de Maintenon , revenant jeune et pauvre fille d'Amérique , où elle avoit perdu père et mère, tomba en débarquant à la Rochelle chez Mme de Neuillant qui demeuroit en Poitou. Elle ne put se résoudre à lui donner du pain sans en ti."er quelque service; elle la chargea donc de la clef de son grenier pour donner le foin et l'avoine par compte, et l'aller voir manger à ses chevaux. Ce fut elle qui la mena à Paris , et qui . pour s'en défaire . la maria à Scarron. Elle retourna chez elle en Poitou. Son fils unique fut tué, sans alliance, à la bataille de Leas. Mme de Navailles étoit sa fille aînée , et la cadette épousa le comte de Froulay, grand maréchal des logis de la maison du roi eu 1650, qu torze ans après ce mariage, chevalier de l'ordre en 1664. et mort à so: lante-dix ans en 1671 , et elle en 1678. M. de Froulay. ambassadeur à enise, l'évêque du Mans, le bailli de Froulay. sont petits-fils de ce m riage, et cousins issus germains cadets du comte de Tessé, fils du