‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 1 sur 122 · CHAPITRE l · texte numérisé non relu

CHAPITRE l

De Nicolas d'Arcies , qaatre-yiogUéme évéque d'Auxerre.

Le prélat, par lequel commence cette continuation de l'Histoire des EYëqnes d'Âuxerre , eut une attention ^singulière k faire rédiger par écrit tout ce qu'on pourroit trouver d'intéressant sur ceux qui l'avoient précédé depuis quatre-vingt-dix ans ; il ne se trouva cependant personne après sa mort qui écrivit sa vie , ni celle des autres évéques qui l'ont suivi durant tout le siècle d'après. J'ai donc été obligé de chercher dans les archives de l'évéché , dans celles des Chapitres et monastères , aussi bien que dans les titres du Trésor royal et de la Chambre des comptes de Paris. De Ik j'ai tiré des matériaus pour la Il 1

^ NICOLAS DARCIES,

137311 \m, quatrième partie de cette histoire, où, malgré la stérilité des anciens monuments , on ne laissera pas de remarquer suffisamment le caractère des prélats qui ont gouverné l'Eglise d'Auxerre.

Nicolas d'Arcies n'étoit pas né dans le diocèse et n'y avoit eu aucune liaison de parenté. Quelques modernes Tout cru de la famille des seigneurs d'Arcy-sur-Cure dont a été un évéque d'Autun au xui® siècle, et un de Laon, vers le milieu du siècle suivant, lequel mourut archevêque de Reims. Ils Tout avancé sans preuve, et le testament de Tévéque de Laon fait voir qu'ils se trompent. Il est certain que c'est d'un ;lieu appelé Arcies et non Arcy, que Nicolas, évêque d'Auxerre, tiroit son nom et son origine; et il y a toute apparence que c'est d'Arcies-sur-Aube, diocèse de Troyes. Aucun titre ancien ne Ta surnommé de Arciaco ou Arsiaco ; et il a toujours été dénommé par le surnom de Arceiis ou bien de Arcets, ce qui convient parfaitement à Arcies-sur-Aube.

Il fut d'abord chanoine et trésorier de l'église de Troyes; en même temps il étoit chanoine de Notre-Dame de Paris. Il possédoit ces bénéfices lorsque le pape Grégoire XI le promut k l'évêché d'Aujcerre, trois mois après la mort de Pierre Aymon , c'est-h-dire en Avent 1372 (1). Il est nécessaire de réformer, sur les actes authentiques qui nous restent, la date du continuateur de l'histoire de nos évêques, qui porte 1573, dans l'imprimé du père Labbe. Deux commissions données de la part des barons, pour assister à son entrée dans Auxerre, supposent qu'il leur avoit fait savoir sa nomination à l'évêché, et le jour qu'il prendroit possession. 'Dans Tune, loland de Flandre fait commandement k son cher et bien aimé Arnould de Château-Neuf, chevalier (2), d'assister de sa part à l'entrée de cet évêque. Cet acte est daté de la Tour du Temple, à Paris, le 24 juillet 1373, en présence de Jean Moron ou Moton, chanoine d'Auxerre, et de Jean le Moine, sellent d'armes du roi. L'autre commission donnée, le huitième juin précédent, est un semblable ordre de la part de la comtesse de Nevers, en tant que baronne de Donzy, à Jean de Norry, chevalier (3). La

(I) Sa promesse du droit apostolique est 1 (2); luTcnlairc du château de Toncy» du 22 décembre 1373. Reg. val, | (S) luTentairc du château de Varay.

QUATRE-VINGTIÈME £yÊQUE d'aUXERBE. 5

même année, les deux comtesses ordonnent que Tbommage lui soit ^^^ ^^• rendu pour ce qu'elles possèdent relevant de révéché d*Âuxerre , et la comtesse de Bar promet de rendre la' tour de Toucy k Tévêque et à ses gens, toutes les fois qu'il viendront a Toucy, Cela est encore confinné par des lettres du roi Charles V données, k Paris, le 7 juin i573, qnî portent que sa cousine la comtesse de Bar, nonobstant la saisie faite sur la terre de Toucy et autres seigneuries qu'elle a en Puisaye, pourra faire hommage à son conseiller Tévêque d'Âuxerre. Deux autres actes à peu près du même temps concourent encore à lever toute difficulté. Le premier, expédié a Vincennes le premier juillet, est une commission que le roi adresse à Etienne de Chanteloup, seigneur de Yillefargeau , pour porter en son nom le nouvel évêque; l'autre est une! prestation de foi et hommage, par Bureau de la Rivière, au nom du roi pour le comté d'Âuxerre (1). Tous ces actes ne peuvent s'accorder avec l'époque qui diffèreroit la nomination de Nicolas au temps de l'Âvent 1575; au contraire, ils conviennent avec l'opinion de ceux qui pensent qu'il ne fit son entrée a Auxerre que longtemps après cette nomination , savoir en septembre 1575. Quelques écrivains (2) même attestent qu'il gouverna le diocèse d'Âuxerre dès la fin de l'an 1572; pour preuve ils citent des lettres de son frère Pierre d'Ârcies qui , en qualité de vicaire général , institua . Pierre, marchand auxerrois, capitaine de Varzy.

Des mémoires, dressés du temps de son entrée, marquent qu'Etienne, seigneur de Yillefargeau, et Bureau de la Rivière, le portèreut en celte cérémonie. On y lit pareillement qu'il refusa de payer à Nicolas de Verres, archidiacre de Sens, le droit accoutumé, et que pour cette raison l'arcbidiacre l'ajourna k la cour de Grégoire XI. Il ne fit la fête ou le repas de son premier avènement que le 5 juin 1575, jour auquel les habitants lui présentèrent une queue de vin de pinot (5); et k Noël de la même année il reçut , sur les deniers dus au roi par la ville pour les fouages, ce que ce prince lui avoit donné k prendre.

(I) InTentairc de Varxy. | (3) Comptes de la ville.

^â) Viole.

4 NICOLAS d'aRCIES, QUATaE-YINGTIÈME ÉVÉQUE d'aUILERRE.

L'ordre que cet évéque doona de rédiger par écrit les actions des seize prélats ses prédécesseurs immédiats, paroit avoir été des premiers effets de son attention. Régennes étant le chàtean où il se plut davantage, il fut plus à portée de connoltre la situation où se trouvoient les chanoines d'Àppoigny (1). Voulant les favoriser, il les exempta de payer la dime des terres et vignes qu'ils possédoient ou qu'ils faisoient valoir par leurs mains; il se contenta qu'ils payassent seulement le vingtième des héritages qu'ils donnoient à cultiver. On a vu , parmi les titres de cette petite collégiale (2), des lettres quMl fit expédier Ik-dessus à Régennes, le 9 mars 1375. L'année suivante, il acquit k Sacy un domaine considérable qui appartenoit à Jean de Beaulieu, citoyen d'Âqxerre. Il est certain qu'en i575, le 5 décembre, il fit condamner par sentence des requêtes, à Paris, un particulier qui avoit osé enlever du poisson pour][dix francs d'or, dans la rivière d'Yonne au-dessous de son palais épiscopal (5). Dès le mois d'octobre i574, Charles V ordonna que s'il décédoit avant que son fils eàt atteint l'âge de quatorze ans, la reine en eût la tutelle, il ajouta qu'elle prendroit l'avis de six évéques , du nombre de ces prélats est l'évéque d'Âuxerre. Aussi étolt-il présent au lit de justice où cette ordonnance fut lue (4), et assista-t-il ensuite au parlement, le vingtième mai, à la publication de l'édit qui fixoit la majorité des rois à l'âge de quatorze ans. En septembre, la même année, il fut fait président clerc de la Chambre des comptes en place de ^Jean Dangerant (5), et au mois de février suivant, auquel on comptoit à Rome 1576, le roi lui écrivit de Paris, pour savoir ce qu'il pensoit touchant la fête de la Présentation de la sainte Vierge. On croit que ce fut ce prélat qui permit de célébrer cette fêle dans son diocèse, sans eu faire un précepte. Il mourut, à Paris, le 24 septembre suivant; et son corps, ayant été apporté à Âuxerre, y fut inhumé dans le côté gauche du chœur de la cathédrale où il avoit fondé son anniversaire, moyennsint

(1) Talml. Capit. Aponiac,

(2) Titres du temps de ses successeurs.

(3) Cartul, Ep, in fine.

(4) Traité de la ms^orité des rois, p. 544, et Ordon., t. vi, p. 30.

(5) Mémorial 4e la Chambre des comptes, fol. 162.

GUILLAUME d'ÉTOUTEVILLE , QUATREYINGT-UNliUE É^ÉQUE d'àUXERRE. 5

rfix livres de rente à prendre sur ce qu'il avoit acquis à Sacy (1), imum. On le trouve aussi fondé dans la cathédrale de Troyes , et peutêtre fat-ce par les soins de son frère Pierre d'Ârcies, qui après avoir été son vicaire général fut élu évéque de Troyes en 1377.

De son temps, la charte de la régale accordée k Téglise d'Âuxerre , par le roi Philippe Auguste, fut tirée des registres de la Chambre des comptes, et de nouveau insérée dans les lettres de confiAnation qu'en doDoa, à Paris, le roi Charles Y, au mois de septembre 1575, dans ces termes exprès : Et ut fyrœmissa perpétua stabtlitate firmentur. Je n'ai trouvé qu'un statut notàbte fait par le Chapitre d'Âuxerre sous son pontificat (2). Il ordonne de sonner plus longtemps qu'on ne faisoit les offices de prime et de none, savoir le premier, jusqu'à l'élévation de la dernière messe de Notre-Dame-dé-la-Cité, et none jusqu'à la septième leçon des anniversaires de la même église. €e statut nous apprend avec quelle exactitude on célébroit alors l'office dans cette collégiale; il est des chapitres généraux de Sainte-Luce 1575.

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