‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 2 sur 122 · GUILLAUME DÉTOUTE VILLE, LXXXI- ÉVÊQUE D'AUXERRE · texte numérisé non relu

GUILLAUME DÉTOUTE VILLE, LXXXI- ÉVÊQUE D'AUXERRE

Guillaume d'Ëtouteviile , ennuyé de rester dans un pays exposé à des guerres continuelles et nouvellement ruiné par les Anglois et Navarrois, se fit transférer bientôt d'Evreux k Auxerre. On ne connoit point en quel temps il prit possession de l'évéché (5). Il est sûr qu'il ne différa pas un an entier, puisque dès le mois de juillet 1577 le siège étoit rempli, et l'évéque d'Auxerre présent à Paris. Ce prélat

(1) Od cite an arrêt da Parlement dn 21 mars 13t9, dans lequel Nicolas d'Arcies est qaalifié chancelier da doc d'Orléans. Hist. d'Auvergne^ Baluz. p. i6â.

(2) Colîect. vet. Hatut.

(5) Il passa reconnoissance poar le droit apostolique dû par son prédécesseur le 3 mars 1377.

6 GDILLAUME d'ÉTOUTEYILLE ,

i376ài3S3. ^^^^^ d'uoe très-noble famille de Normandie, qui a produit de grands hommes. Mais on ne voit pas qu'il ait pris beaucoup à cœur la conduite de Téglise d'Âuxerre. Étant à Paris, vers les commencements de son épiscopat (i), il officia à la fête de Saint-Louis, dans le collège de Navarre Tan 1576. Il assista aussi quelquefois au conseil. Il est nommé comme présent k celui du 4 juillet 1577. Quatre jours après, Bureau de la Rivière, chambellan de Charles V, rendit hommage à Tévéque pour le comté d'Auxerre au nom de ce prince. L'hommage pour la baronnie de Donzy ne fut pas rendu si promptement, parce que Marguerite, comtesse de Flandre, demanda du délai (2). Guillaume d'Etouteville étant encore à la cour, durant la même année, officia aux funérailles de Bertrand duGueslin, connétable de France, k Saint- Denys, en présence du roi. Quelques actes prouvent sa résidence k Âuierre les deux années suivantes.

La seconde et la troisième année de son épiscopat, s'étoient faites dans le diocèse quelques fondations auxquelles sans doule il prit part. Jean Mercier, doyen de la cathédrale, y avoit fondé, en 1578, une chapelle dans la nef, sous le titre de Sainte-Catherine (a); en 1579, Philippe de Sainte-Croix, évêque de Mâcon, seigneur de Colanges-les-Vineuses, avoit établi un hôpital dans ce même lieu de Colanges. Guillaume d'Etouteville fut prié, en 1580, avec le grand archidiacre et autres (5), d'aller k Paris pour soulager les habitants d'Auxerre surchargés de gens d'armes (b). Mais l'affaire l'a plus considérable où son nom paroisse, dans le diocèse d'Auxerre, regarde la création de quatre sémiprébendés ou chanoines tortriers dans

(1) Bisl. domus Nat\ de Launoy. 1 15S0.

(â) Lettres écrites de Saint-Omer, 22 déc. | (5) Caput. vrbis.

(a) Voy. les Preuves^ t. xv/no 322. (Note des Edileun.)

(6) Une lettre de rémission accordée par le roi^ en 1381 , k un habitant d'Auxerre nommé Chantepinot, qui avait tué, sans intention, le curé de Varzy^ nous apprend que les gens du clergé de celte ville avaient alors de violentes querelles avec les officiers royaux. Ils avaient même battu les sergents et insulté à la justice du roi. La suite de cet événement est peu connue, mais on en voit les détails dans la pièce publiée aux Preuves de cette Histoire , t. iv, n9 327. (iV. d. E.)

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la eathédrale en i581. Le doyen Jean et le Chapitre avoient représenlé au pape, que les huit anciens tortriers ne siiffisoient pas pour porter les chaires des chanoines, et assiter h tout l'office canonial, qao Fnn souvent obligé de célébrer la grand'*messe , Tautre de faire choriste, quelques-uns étant malades, il en restoit peu pour soulager le chœur, ils supplioient le souverain pontife de leur donner pouvoir de créer quatre nouvelles sémiprébendes, et d'y employer le revenu des deux premiers canonicats qui viendroient à vaquer (i). Qément VII accorda la demande et enjoignit même de procéder k cette création, sans la permission de l'évéque. Un chanoine, appelé Hugues Blandin on Hugues de la Roche, étant mort sur la fiu du mois d'août i581, les chanoines de la cathédrale, assemblés k Tissue de son enterrement , élurent unanimement Robert Motet , ci - devant Chmer (2) de l'église, pour jouir d'une moitié de cette prébende ; riostitnèrent sémiprébendé, et le firent installer dans le chœur. Us en dressèrent Tacte, et se regalrdant comme exécuteurs des ordres apostoliques, ils enjoignirent à l'abbé de Saint-Père, au prieur de Saint-Eusèbe et au chantre de Notre-Dame-de-la-Cité, de notifier le toQt à Tévéque, et de lui déclarer qu'ils ne recevroient aucun titulaire à la prébende vacante par la mort de Hugues Blandin. Guillaume d'EtoutevilIe se plaignit à Avignon de l'entreprise faite sur ses droits, et déclara qu'injustement on le privoit de la collation des deux prébendes de son église. Le pape, sans détruire ce que le Chapitre d'Ânxerre avoit fait, ordonna, par une bulle du 28 septembre^ que l'évéque confèreroit dans la suite les quatre sémiprébendes à des sujets contre lesquels le Chapitre n'auroit rien k opposer, et qui aoroient les qualités déjà requises dans les anciens sémiprébendes. Soit que l'évéque se flattât que le Chapitre destitueroit le nouveau sémiprébendé , ou qu'il fût pressé par les sollicitations de son garde-scel ou secrétaire, il lui conféra la prébende de Hugues Blandin. Cet officier, nommé Raoul Âubery, se présenta en Chapitre avec ses provisions le 5 octobre; mais les chanoines lui témoignèrent

(I) J*ai copie de tous ces actes; leur Ion- I Preuves. S«eur m^a empécbé de les insérer dans les | (t) Chorariuf,

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1376^13». que quelque joie qu'il pussent ressentir de l'avoir pour confrère, ils ne pouYoient l'admettre, parce que la prébende étoit remplie déjà, en partie, par Robert Motet. L'on croit que la chose en resta là. Quoi qu'il en soit, le prélat Guillaume vivoit en bonne intelligence avec le Chapitre l'année suivante 1582, puisque, se disposante aflTrancbir les habitants de Charbuy , il ne voulut accorder cette grâce que de Tavis et du conseil des chanoines de la cathédrale* et qu'il fit mettre expressément le sceau du Chapitre à la fin de cet acte, le 8 juin i382 (a). Mais il ne fut pas plus porté que son prédécesseur k augmenter l'étendue du ressort du bailliage d'Auxerre; au contraire , il obtint du roi que l'évéque d'Auxerre continueroit à ressortir à Villeneuve-le-Roi , aussi bien que les habitants de toutes les terres épiscopales.

Depuis l'an 1582 on ne trouve plus d'actes où Guillaume d'Etouteville paroisse comme évèque d'Auxerre ; ainsi, il ; a apparence que vers l'an 1585 il fut transféré à Lisieux. Il gouverna cette église durant un long espace d'années , n'oubliant pas cependant celle d'Auxerre où il voulut qu'on priât Dieu pour lui. Il donna au Chapitre une somme de deux cents livres dont on acheta des fonds (1); et la rente qui en revenoit servit à l'honoraire d'une messe du X Saint-Esprit qu'on chantoit encore à son intention plus de vingt ans après sa sortie.

(1) Begist. eapit. I40t.

(a) lyorigioal de cet acte est aux archives de ITonne et porte la date du 20 juin 1382; il renferme des réflexions fort belles sur le droit qa'ont tous les hommes d'être libres et sur l'exemple que doit donner TEglise à cet égard.— Voy- Preuves, t. IV, no 329. (Y. d. E.)

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