‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 110 sur 122 · DE L ABBAYE DE SAINT-AMATBE ; DEPUIS RÉDUITE EN PRIEURÉ · texte numérisé non relu

DE L ABBAYE DE SAINT-AMATBE ; DEPUIS RÉDUITE EN PRIEURÉ

Cette église a pris le nom de son fondateur, qui Tavoîl dédiée sous rinvocation de saint Syphorien, célèbre martyr d'Autun, dont il ncii eu quelques reliques. Sa situation a fait conserver dans le pays l'ancien nom dont a été formé celui d'Auxerre. On a toujours dit, dans l'antiquité, que la basilique de saint Amatre étoit située in monte Autrieo, parce qu'elle est située à la naissance de la montagne au bas de laquelle étoit la prairie de Vallan, qui, quoique petite, étoit opulente. Dans Taneien langage, Autrîc signifioîl prairie. C'étoît donc sur le coteau occidental de cette prairie que fut placée la basilique de saint Sypborien, au milieu des sépultures du peu de chrétiens qu*îl y avoîc eus jusqu'alors à Anxerre. Saint Amatre, qui y fut inhumé, y opéra tant de miracles que son nom fit disparoitre dès le même siècle celui de saiat Syphorien , et que toute la ville voulut être inhumée autour de la basilique qui le renfermoit. De Ik se forma ce nombre infini de sépultaKs entre cette église et la cité d'Auxerre. Il est parlé de cette église dans l'histoire de la conversion de saint Mamert. Saint Urse avoit mené une vie solitaire , proche la même basilique , vers Fan 500, avant que d'être élevé h l'épiscopat. Elle étoit devenue si célèbre, qu'après la cathédrale elle ne le cédoit qu'à l'église de Saint-Germain pour le rang. Eo eifet, saint Aunaire la nomme la seconde, et saint Tétrîqne pareille ment, dans le catalogue que Tun et Tautre ont donné des églises de leur diocèse au vi^' et viii^ siècle. Saint Didier, successeur immédiat

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de saint Âanaire .donna à la basilique de saint Àmatre une terre appelée Talon , qu'on croit avoir été aux environs de Saint-Fergeau ou \ Pourain. C'est la première fois quMl est parlé de biens I^ués à cette église. Apparemment qu'elle ne commença qu'alors, c'est-k-dire vers Tan 620, k être desservie par quelques ecclésiastiques.

Il faut croire qu'elle possédoit des biens assez considérables au viu^ siècle , puisqu'alors elle passa comme les autres églises qui avoient des fonds , dans les mains des laïques, dont elle ne sortit que sous Tépiscopat de Gui, vers le milieu du x® ; après quoi un évéque l'ayant donnée à un seigneur par forme de bénéfice, elle étoit passée entre les mains de l'évéque d'Autun, d'où Geoffroy de Cbampaleman la retira vers l'an 1060, au bout de six*vingts ans ou environ; et ce fut probablement en ce temps-là qu'il commença à y avoir un clergé réglée dont UD chanoine de la cathédrale étoit abbé. Cependant , entre tous ces abbés , nous ne connoissoos que celui qui est nommé dans le catalogue des chanoines d'Auxerre, rédigé sous Tévéque Humbaud, vers Tan 1090 ou 1100 (1), dans lequel Jean, abbé de Saint-Amatre, est le dernier des prêtres du côté gauche. Mais, pour preuve qu'il y avoit en effet une petite communauté en ce lieu , c'est ce qu'on lit au Nécrologe de la cathédrale, dans le rang des additions de la fin du xi® siècle ou du commencement du xii^ ^ an 16 mai : a Obiit Fulco S. Amatoris » canonicus et sacerdoâ, qui pro sainte anime sue domum suam pétri- » nam fratribus dédit. »

L'évéque Hugues de Montaigu, à l'exemple de ce qui se pratiqaoit 'parmi les Cluniciens où il avoit été élevé, changea le titre d'abbaye en prieuré, en y mettant des chanoines réguliers, l'an 1151, et Alain, antre évéque tiré du cloître , y fit venir en 1164 des religieux de l'abbaye de Saint-Satur en Berry, avec lesquels il y eut des règlements pour les droits temporels dont il est fait mention ci-dessus, pages 520 et 587. Guillaume de Seignelay leur donna depuis les églises marquées aussi ci-dessus, page 587. Quoique , du temps des guerres du roi Robeit ou autres, le corps de saint Amatre eût été tiré de cette église pour être réfugié dans la cathédrale ou avec d'autres reliques, les cha-

(l) Toy. Preuves, l. it, n. 17.

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noÎDes réguliers prétendirent, vers Tan iSi9, le posséder encore, soos prétexte qu'ils avoient son tombeau et des cbàsses ; mais Touvertore solennelle qui fut faite, en 1520 (1), de la châsse de la cathédrale, en présence de tout le clergé, les détrompa.

De temps immémorial il y avoit eu concours au tombeau de ce saint, et quoique le corps ne fût plus dans son église , la foire des calendes de mai ne laissa pas de durer huit jours, tant dans le champ de rindict, qui étoit au-dessous du cimetière public, que dans la place dite de Cfaalendemai. Il ne reste plus de vestiges de cet ancien concours à Saint-Amalre, que les petites vigiles que la cathédrale y vient chanter la veille des calendes de mai, avec la grand*messe le lendemain. Cette basilique étoit après saint Germain , celle où le même clergé se rendoit autrefois plus fréquemment, surtout le Carême. Ces stations se firent par la suite dans le cimetière de Montartre, canton de la paroisse de Saint-Âmatre renfermé dans la ville, parce que le reste se trouvant dehors, étoit exposé aux incursions des ennemis dans le temps des guerres. La cathédrale va encore faire à Saini-Amatre la station du dimanche des Rameaux , où le prieur fournit le buis et le distribue ï tout le clergé, et celle des litanies du 25 avril. Le prieur de cette mène maison reçoit encore le Chapitre de la cathédrale , le mercredi des Relations, en chantant il()fna Det, et il chante le même jour les litanies du peuple avec on chanoine de Saint-Marien, depuis la porte d'Eglény jusqu'à Téglise de Saint-Georges. Sa place, au chœur de Saint-Etienne , est dans les bass^es stalles du côté droit.

Nous connoissons trop peu de prieurs de Saint-Âmatre pour en former une liste.

Olric parolt avoir été le premier. Innocent II l'appelle Hurric, dans sa bulle du 24 septembre ii51 (a). Il fut présent en 1156, (juand Févéque Hugues de Montaigu donna k son Chapitre les dîmes dX)isî , etc., t, XII Spicil.

(1) Voy. Preuves, n« «67.

(a) Il porte le même nom dans une charte de 1144 sur les moulins de Gharentenay. {S. é. E.)

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Engisbaud doit avoir aassi été prieur de Saint-Amatre, avant que cette maison fût soumise k l'abbaye de Saint-Satur. Le Nécrologe de saint Lanrent marque qu'il en avoit été tiré. On y lit, au li juin : a Obiit Engisbaudus prior S.-Amatoris, noster canonicus.»

Voici une liste de quelques prieurs {a) :

WiLLELMus, en 1256.

Frère Jean, 1286, 1297.

Jean Boguier , 1555.

Guillaume Burgadellus , 1582.

Jacques Cujat Tétoit en 1451 et dès 1404. c< Ex computis Urbis. »

Pierre Eviat, 1405.

HUMBERT CaTIN, dit LE MiOT, 1466.

Bertrand Fuat, licencié en décret ,1498.

Pierre de Lux, en 1521. a Exquodam arresto Parlamenti. »

Robert de Lux Tétoit en 1428.

Martial Richard lui succéda en 1529. Encore titulaire en 1552.

HuET, 1568, 1576.

Hector Vigneron, prieur, de 1587 k 1598.

Jean Garnot, en 1597.

Jean Garnot le Jeune succéda ^ son parent en 1619. Il résigna son bénéGce en 1649. 11 avoit eu une mauvaise affaire en 1625 et étoit accusé d'assassinat.

Antoine de Certaines, clerc du diocèse d'Autun, nommé en 1649, mourut en 1668.

Pierre Marpon, de Saint-Salur, en Berry, lui succéda, mais résigna son bénéfice l'année suivante ^ son frère Nicolas. Celui-ci étoit encore prieur en 1686.

Pierre Marpon, de Saint-Satur, en Berry, mort le 51 décembre

.... GoBiN, de Saint-Satur, réforme de Bosc-Aobard.

(a) Les noms des prieurs qui ne se trouvent pas dans la première édition de cet ouvrage ont été puisés dans les archives du prieuré Saint-Amalre. (iV. d. E,)

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