DE SAINT-PÈRE
Il faut donc j>lotôt consulter Tancien Nécrologe delà cathédrale, pour retrouver quelque chose sur l'église de Saint-Père. On y apprend que cette église, dans le xi* siècle, étoit un Chapitre séculier dout un chanoine de la cathédrale étoit doyen. On y lit, au i8 février : a Obiit » Robertus sacerdos et canonicus aique decanus S. Pétri ; x> au 21 du même mois : « Obiit Goffridus canonicus S. Stephani et decanus S. » Pétri (1) ; > et au 25 mai : aOhiit Waio sacerdos atque decanus S. » Pétri. »
Humbaud, qui fut fait évéque d'Altxerre en 4084, établit en 4107, dans cette église, des chanoines réguliers (2) qui, comme les précédents, avoient k leur tête un doyen ; et, après qu'on y eut vu quatre ou cinq doyens, Guillaume de Toucy, fait évéque en 1 1 67, changea le doyenné en abbaye.
Les doyens réguliers furent :
Ulric, sous lequel fut donnée h sa communauté. Tan 1125, Téglise d'Augy. On les appeloit alors les chanoines de Saint-Pierre-du-Pont, pour distinguer leur église de celle de Saint-Pierre-en-Gh&teau (a).
Hugues est nommé en des actes de 1 150 et 1156. Il obtint de Henrile-Sanglier, archevêque de Sens « l'église de Gézy au-dessous de Joigny.
Durand ; il obtint, en 1145, de l'évéque Hugues de Màcon, l'église de Saint-Pélerin, auparavant annexée à l'évéché, promettant de payer chaque année 10 livres de cire, et de continuer aux chanoines de là cathédrale leur droit pour la station de la fête de saint Pèlerin.
ÂMiG obtint de Godefroy, évéque de Langres, des églises de son diocèse ; ce qui fut confirmé en 1149 (5).
GuÉRiN obtint d'Alexandre III, étant a Sens en 1165, confirmation de quelques droits, entre autres de celui de l'hôpital de Saint-Père. Je donnerai ci-après le catalogue des abbés.
(1) Il faut lire Decanus et non Ca$umicui, | (3) Labb. Bibl., 1. 1. comme on a mis par erreur dans l'imprimé. | (3) Foy. Preaves,'n. 26 et 27.
(a) Il réUît encore en 1137^ suivant les chartes de Pontigny. (iV. d. E.)
Il 54
La relation de cette abbaye avec la cathtédrale consiste dans les stations que la cathédrale y va faire : i^ Le dimanche des Rameau où les chanoines réguliers reçoivent le Chapitre au chant d^une antienne, qui étoit autrefois Occurrunt ; 2^ le lundi de Pâques ; 5^ le mardi des Rogations où les mêmes chantent Agne Dei; et autres stations mar* quées dans les Processionaux et titres, telles que celles de la Saint- Pierre, etc. Le jour qu'ils sont tenus de chanter les litanies à la procession de la cathédrale, est le lundi des Rogations ; leur place au chœur de la même église est aux stalles basses du côté gauche. On peut con* sulter, pour le surplus de Thistoire de cette maison, l'article des Vicomtes (1). On ne sait pour quelle raison aucun des évêqnes ne s*y est fait inhumer. Il n'y a de reliques remarquables que quelque chose de saint Edme, archevêque de Gantorbéry.
ABtôS DE SAINT-PÈRE.
Odon fut le premier abbé de Saint-Père d'Âuxerre. Il obtint d'Alexandre III une bulle de Fan 1474. Comme la tradition étoit anciennement que c'étoit de Saint-Victor de Paris qu'avoient été tirés les Réguliers mis k Saint-Père (2) , il y a lieu de croire que cet Odon est le même chanoine de Saint- Victor, dont il y a des lettres an ^ tome du Spicilége.
GoDEFROY. Il est connu par la bulle de 1478 qu'il obtint d'Alexandre III, touchant les biens du monastère, où est comprise la dime des raisins du clos du Vicomte. C'est ce que les actes des derniers temps ont appelé la Cour des Vents au lieu des Veans. On croit qu'il Tivoit encore en 4495 (a).
ÂRNOUL est nommé en une infinité d'actes, depuis i'an 1495 jus- Ci) T. III de cette Histoire. | (2) Belleforét 16 dit en sa Cosmognpiile. (a) On trouve Gauthier en 1180, et Hugues en 1189. {N. d. E.)
DE SAINT-FÈH. 531
qu'en 12212. Sa science le fit choisir pour arbitre eo beaucoup d^affiiire». V. The$. OBecdoi^ 1. 1, cOK 775, Bkt. Umf>. Parif Me. XIH, 42. n nît sa maison eu. société avec Tabba^ye de !d<)lénié.
Barthélémy. Son nom paroit dans des actes, depuis 1233 jusqu'en 1267. Il déclara, en 1255, quels étoient les droits que Tabbaye de Saîm-G^rnvaio' a le' jour de certaines fêtes daasrégli6edeRouvret(l).En 1258 , son monastère se trouva si appauvri, à cause de la> poursuite du ppocè9 sur Venise de €ézy, qu'il fut obligé de vendre de ses rentes ^ l'abbaye de Saint-Jean deSen».
Jean se trouva présent, en 128i, à l'hommage de Robert de Flandre rendu à l'évéque d^Aoxerre (2). En 1295, on fit doirkitrietà son ^Kse d'une pkce proche les Filles^Dieu^ paroisse de Saint- Pélerin*
OiLLES est nommé dans des titres depuis 1500 juscpi^en 1308. Il fut en difficulté a^ec les paroissiens pour la réparation do Téglise. Jean II étoit abbé en 1 3f 2« '
Robert fut présent, en 1320 , à la visite delà cbàsse de saint Âmatre dans la cathédrale. En 1321 il fit un échange de biens.
GiBADD i>'EsTmsi étott abbé depuis tonglempa en 1338. Ea 1350, il y eot mandement du roi Jean ackressé à lui comme commissaire, sur le fait des lombards et usuriers , qui déclaroit que leurs débiteurs se*reient quittes en portant le sort principal au trésor royal (3). 11 est le premier du clergé nommé parmi ceux qui s'obligèrent, en 1559, pour la rançon de la ville envers l'abbaye de Saint-Germain. Il mourut en 1368 (a).
Jean bb NoYEaa. Il obtint du pape Grégoire XI^ en 137^,, l'unie» pour iiff tempft d» prieuré de Cézy à son ^baye qui étoit devenue fori
(2) Koy. Preuves, n« 3«8.
(a) On trouve Jean «TAsserty, comme abbé, en 1360. (iV. d. 1}
pauvre (I). Il associa son monastère avec celui de Saint-Laurent, en i578 (2). On croit qu'il vivoit encore en i397; mais en i598 le siège étoit vacant, lorsque Marie, reine de Sicile demanda pour cette maison Tunion perpétuelle du prieuré de Cézy.
Nicolas, prieur de Château-Renard , éloit devenu abbé en 1598.
Guillaume Vivien , auxerrois , étoit abbé dès l'an 1401 , qu*il assist» à l'entrée de l'évêque Michel de Creney. On le trouve en des litres de 1404. Il fit soumission au Chapitre d'Âuxerre, le 1®' octobre 1407, au sujet du ban rompu par ses gens k Monétau (5).
Jean Damadg est dans des actes de 1426 et 1427.
Jean assert. Cet abbé fut déclaré excommunié au mois d'octobre 1 450, pour avoir persisté à refuser les droits dus k Hugues de Villemer, archiprétre de Saint-Bris, après la mort des curés de Yenousse et de Qtténe. Il fut présent, en 1449, à l'entrée de l'évêque Pierre de Longueil (4).
Pierre le Masle, auxerrois, fut député en 1455 avec le sooschantre de la cathédrale, pour aller solliciter k Paris le procès que la ville avoit contre les vignerons. Il assista, en 1480, k l'élévation da corps de saint Cot faite k Saint-Bris.
Jean de Baugis fut apparemment peu de temps abbé, puisqu'il avoit un successeur dès 1486. Sa mort est marquée au 28 mai dansl'Obituaire de Saint-Laurent.
Hugues de Boulangiers éloit abbé dès le 20 novembre 1485. Il obtint, en 1501, de l'évêque Jean Baillet, la confirmation des statuts de la nouvelle confrairie de la Trinité pour les paroisses d'Âuxerre. U est nommé au procès-verbal delà coutume de 1507. Il résigna eo 1515 au suivant. Son sceau, que j'ai retrouvé avec cette inscription : 5. Hugonis abbatis monasterti S.-Petri Autiss. , contient en bas les armoiries qui sont trois crinaux surmontés d'une étoile.
Laurent PETiTFOufut le dernier abbé régulier jusqu'en 1542, qu'il
d' Voy, Preuves, t. iv. 1 (S) Regist. Capit.
(i) Ex Necrol, S, Laur. \ (4) Toy. Preuves, l. iy, n. 364.
DE SAIMT-PÈRE. 553
fit passer son abbaye en commende pour en gratifier son nevea. Gomme ilvivoit encore en ibll , selon des titres que Ton a, c'est lui que Joseph Panier a eu en vue dans son mémoire sur la prise d'Âuxerre, en 1567, par les Calvinistes, et non son prédécesseur. Outre que Hugues de Bonlangiers auroit eu plus de cent ans en 4567, il se seroit trouvé alors à Saint-Père trois abbés, deux anciens outre le nouveau. J. Panier ne parle que du vieux abbé régulier qui devoit être celui-ci. Ceci est pour réformer ce que j'ai écrit pages i26 et 427 de l'Histoire de la prise de la ville, trompé par les écrits du P. Viole.
Laurent Petitfou , neveu du précédent , fut le premier abbé commendataire de Saint-Père, et Tétoit en 4542. Il fut aussi chanoine de la cathédrale et grand-archidiacre. Y. l'article des archidiacres. Il mourut en 4595.
Laurent Fauchot, second abbé commendataire, étoit neveu du précédent. Il mourut de la peste en 4608.
Henri de Lambert , filleul de Henri IV, fut le troisième abbé commendataire jusqu'à Tan 4646, qu'il décéda le 4 mars. La réforme de la congrégation de Sainte-Geneviève fut introduite de son temps. On rebâtissoit aussi alors l'église.
Roger de Harlai fut nommé à l'abbaje de Saint-Père par Louis XIV, et en prit possession au mois de novembre 4646. Il fut fait depuis évéque de Lodève.
Roger, prince de Courtenay, neveu du précédent abbé, eut l'abbaye par sa résignation et en prit possession au mois de février 4659. Il étoit aussi abbé des Ëscharlis. Après sa mort a été nommé pour lui succéder M. de la Chabrefie , prêtre, qui en a fait peu de temps après démission pure et simple (4).
Jean Hardoin, prétre-chanoine de l'église métropolitaine de Sens, a été nommé à cette abbaye au mois de juillet 4757.
* Joseph de Calvière deBeaucoiran fut nommé par le roi au mois de juin 4745. Il mourut le 8 juin 4768.
(1; Mercure, juin 1737, p. 1453.