LAURENT PINON, LXXXVII* ËVÊQUE D'AUXERRE
Il y avoit plus de deux cent cinquante ans que le siège épiscopal d'Âuxerfe n'avoit été occupé par un religieux, lorsque les intérêts du duc de Bourgogne firent placer sur ce siège un Dominicain qui étoit son confesseur. Une lettre écrite par Eugène lY à Philippe, duc de Bourgogne , le 15 juillet 1455, fait voir que ce pape avoit été fort pressé par ce duc pour y mettre un évêque qui lui fût agréable, et qu'en conséquence le pontife avoit donné la préférence à Laurent Pinon. Une lettre de ce duc, du 26 avril, ne laisse aucun lieu d'en douter ; il y recommande, aux Pères du concile de Bàle , son confesseur transféré, dit-il, depuis peu par le pape, de Févêché de Bethléem à celui d'Âuxerre ; ajoutant que quoique le doyen nommé Hugues des Noés, concurrent du nouvel évêque, Teût cité devant eux, il espéroit qu'ils n'infirmeroient point la disposition du pape, parce qu'autrement cela seroit préjudiciable k la ville qui éioit de son domaine (5).
Le Dominicain, si chéri du duc de Bourgogne, avoit autrefois étudié dans la maison de Saint-Jacques de Paris, d'où il fut envoyé à Reims pour y être lecteur en théologie. Etant évêque de Bethléem vers Tan 1420, en même temps que confesseur du duc de Bour-
(1) Foy. les Preayes, où est rancien Catalogne de ces reliques 4ressë soas Pbilippes des Essarts.
(2) Ex D. Baluu in notU. ad Bpitc, Autits», p. 30.
(3) Cette lettre est dans le 8«' tome de
rAmplissime Collection da P. Martene , col. 583 ; mais ce Père se trompe lorsqu'il marque qu*il s*agissoit là de Pierre de LongueiL
L'extrait des registres du Vatican, fait par dom Etiennot , marque sa translation
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gogne y il publia un Traité de TorigiDe des seigneuries et de la division des états , qui est apparemment celui qu'on dit avoir été présenté au duc de Bourgogne par un évéque de Bethléem, sous le titre de Traité de la puissance temporelh (1). Le P. Ecbard donne à entendre quMl ne fit qu'une traduction Françoise du traité latin de Durand de Saint-Pourçain , évéque de Meaux , sur la puissance temporelle des rois. Soit que le duc de Bourgogne ne fit pas autrement attention k cet ouvrage, soit que Laurent eût depuis modéré son zèle, le prince crut qu'on pouvoit confier à ce religieux la conduite spirirituelle d'une ville qui faisoit la clé de ses états ; de sorte qu'après avoir été évéque d'un titre enclavé dans le diocèse d'Âuxerre et d'uoe église sans peuple, il devint évéque du diocèse même qui bornoit la Bourgogne du côté de la France.
Laurent Pinon, dès le 21 décembre 1455, bénit à Dijon une église succursale de Saiol-Nicolas , construite par le bailli de cette ville, et les titres vus par l'historien de l'abbaye de Saint-Etienne , le qualifient dès-lors évéque d'Âuxerre (2) ; cependant, il ne fit sou entrée à Âuxerre que plus d'un an après. Pendant cet espace de temps, le clergé d'Âuxerre , hors d'état de payer certaines exactions nommées alors demi-dixme ou semi-dixme, c'est-à-dire le vingtième denier, écrivit au concile de Bàle pour en obtenir la décharge (5) ; la lettre est du 29 juin 1455. On y représentoit que la guerre avoit rendu tous les héritages incultes, et que si l'on obligeoit de payer l'imposition, le service des églises seroit abandonné. La preuve que Laurent Pinon fit son entrée solennelle k Âuxerre vers la fin de 1454, se tire de l'ordre qu'il donna le 24 février, de signifier cette entrée au baron de Donzy , et de la commission que le duc Philippe-le-Bon envoya, au nom de son beau-fils Charles, comte de Nevers, dont il avoit la tutelle, pour porter l'évêque dans cette cérémonie k cause de la baronnie de Donzy. La commission fut adressée, le dernier février 1454, au seigneur de Ghastellux et à Gui de Bar, cham-
de Belhlëem à Aaxenre, par Eugène lY, au 31 mai 1432, ot son élecUon an 22 avril 1433. Ce qai n'est point clair.
(1) In 9f'. Seguier in Mbl Sangerm,
(2) Prob. hisl. S. Steph. DMon, p. 273.
(3) Preaves, t. iv , et ÀmpUts. Colkcl. Hartene, t. 8, p. 616.