CHAPITRE VII
Des deux évoques, Jean de Corbie et Laurent Pinon, élus pendant les guerres du roi Charles VU contre les Anglois et autres.
JEAN DE GOKBIË, L XXXVI- ÈVÊQUE DAUXERRE.
1426 il 1432. Le roi d'Angleterre, qui se portoit pour roi de France , averti de la vacance de l'église d'Aiixerre, défendit aux chanoines de la cathédrale de procéder à une nouvelle élection sans lui avoir demandé son consentement. Cette défense, qui étoitdu 51 octobre 1426, fut suivie d'une députation que le Chapitre fit pour obtenir cette permission, et qui fut en effet accordée à Paris, le second décembre. Il est difficile de connoitre les brigues faites alors pour l'élection; on sait seulement qu'il y eut deux évèques nommés pour Auxerre, Jean de Corbie , qui succéda véritablement à Philippe des Essarts, et Jean Vivien élu par. les chanoines ses confrères.
Jean de Corbie, dont la nomination eut lieu, étoit fils de Thomas de Corbie , annobli en 1389, et de Marguerite de Cresequas. Il avoit été maître des requêtes depuis l'an 1406 jusqu'en 1415 qu'il hérita, avec Arnault, son frère, des grands biens que le chancelier ArnauU de Corbie avoit laissés à sa mort dans le Beauvoisis. On le trouve aussi, la même année, dans le rang des chanoines d'Amiens. Quelque temps après il fut évêque de Mende ; et, sur la foi d'un titre, oq assure qu'il l'étoit dès Tan 1416. Mais il n'est point vrai qu'il ait quitté cet évéché en 1424 pour venir à Auxerre, comme le marque le nouveau Gallia Christiana (1), puisque le siège étoit alors rempli. Ce fut certainement au plus tôt en décembre 1426 qu'il put être élu ou
(1) Gall. Chr.nova inprob, eccl. Mimât., p 27.
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Dommé pour Âuxerre ou qu'il y fat transféré ; encore est-il plus i^^e !i i4'i;î probable qu'il ne fut élu que le 8 novembre i427 (1). L'époque de son entrée à Âuxerre est marquée vers le milieu du mois de déeembre de cette année» sans aucun détail (2). Ce qu'on sait de son épiscopat se réduit presque k rien ; il est peu d'évéques dont il soit TeDOJasqu'à nous moins de faits. Piéride de Longueil, son vicairegénéral, le poussa k une tentative sur la juridiction du Chapitre. Simon Béchu, receveur du temporel de l'hôtel-dieu de Mont-Ârtre, étoit en même temps chanoine. Le vicaire-général l'avoit lait citer par devant lui au sujet de ses comptes. Le Chapitre soutint que sa qualité de chanoine Texemptoit de la juridiction épiscopale, et la Tigueur de la compagnie engagea Pierre de Longueil à un accord, par lequel on convint k l'amiable que le tout s^oit réputé comme non aTeno (3). On vécut ensuite en si bonne intelligence avec le vicairegénéral, qu'on lui prêta tous les livres de la bibliothèque du Chapitre dont il eut besoin (4). Le concurrent de Jean de Corbie k Févéché d'Âuxerre, sur la fin de la même année 1428, fit ajourner k la cour de Rome, k la cinquantaine, le Chapitre d'Auxerre avec les deux dânoines régalistes (5). Il prétendoit apparemment aux revenus échus dorant la vacance. On ne sait ce que devinrent ses prétentions; Jein de Corbie resta évéque d'Auxerre et confirma les indulgences que son prédécesseur avoit accordées (6) au sujet de la nouvelle fête des saintes Marie Jacohi et Salomé : c'est tout ce qu'on sait de lui quant an ministère spirituel. La situation des affaires du royaume et des siennes propres ne lui permit guère de résider dans une ville qui Be paroissoii pas tenir le parti auquel sa famille étoit attachée. Il hérita encore de la portion de son frère Ârnault; mais le roi^ d'Angleterre confisqua sur lui, en 1451, les terres de Séchelles .et de Cuvilliers, qii Ini étoient venues directement de son oncle le chancelier, et il les
(1) 8a tramlation, du feiëge de Monde à cdai d^Auxerre, est marquée dans les régistnsda Vatican an 18 août 1427, la dixième uiwedeMartin Y.
\^) Reg. Cap., I4i7.
(3) Reg. Cap., 1428.
(4) Beg. Cap,, ôOapr. 1429.
(5) Reg, cap. XI, JUartii 14i8 et 1 AptU.
(6) Miêsaïia ÀuU$t*
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\m > I4S3. <lonna à Jean de Poix (1). Il eut encore un embarras de famille peu convenable à son état, il s'agissoit de pourvoir à deux fils naturels nommés Geoffroy et Renaud ^ qu'il avoiteus d'une damoiselle nommée Marie de Poilhay, et un autre du fait de son frère Ârnault dont il étoit héritier (2). Il fit légitimer les deux premiers par lettres données à Chinon au mois d'août 1455, et fit présent, en pur don, au dernier des seigneuries de Courselles, de Ploûis et du Becquet. Il est vraisemblable que la reconnoissance qu'il fit de ces deux bâtards, fut l'une de ses dernières actions (5). Au moins, il étoit mort au commencement du mois d'octobre de la même année, si le sede eptscopali vacante marqué dans les titres du premier et du troisième de ce mois, est une preuve suffisante de mort ; mais comme le Père Anselme assure qu'il vivoit encore en 1455, il peut se faire qu'il eût abdiqué l'évéché d'Auxerre pour se retirer dans quelque cloître (4). D'autres écrivains le font même vivre jusqu'en 1458 (5). On voit, dans les comptes de la ville d'Auxerre, que ce fut sous son épiscopat que le roi Charles YII passa h Âuxerre, accompagné de la Pucelle d'Orléans , et que se tint la fameuse assemblée pour la paix, à laquelle fut envoyé, de la part du pape, le célèbre chartreux Nicolas Âlbergati, cardinal du titre de Sainte-Croix-en-Jérusalem. Les lieux circonvoisins ne manquèrent pas de profiter de la présence d'un homme si respectable pour obtenir les grâces spirituelles qu'il étoit en son pouvoir de dispenser. Entre autres indulgences il accorda, en faveur de l'église cathédrale d'Auxerre, pour l'espace de vingt années (6), cent jours à chacun des fidèles qui visiteroient cette église en certaines fêtes avec les dispositions nécessaires, et y prîeroient pour les besoins de l'Etat, ou bien assisteroient aux processions générales que les chanoines feroient pour la paix et la prospérité du royaume. La nouvelle fête des Saintes-Femmes n'est pas oubliée dans le catalogue des fêtes, non plus que celle des reliques de
(i) Anselme in Careell Yoyé aussi Saa- Ta!,t. 3. p. 588.
(2) Anselme, ibfid.
(3) Anselme, iM, et hittor. BehHxe.
(4) On cite uo article de son testament de Tan 1455, le 14 ayril, par lequel il donna
à son neven Arnanlt, fils naturel du chancelier , les terres de Gourcelles , Plessîs- Saint-Just, etc.
(5) MorerideDupin.
(6) Ex originatib.
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la même église (4). Ce fut aussi de son temps que se tint le concile de Baie où le Chapitre d'Ânxerre dépota Hugues des Noés, chaDoiue. Denis Simon, conseiller an présidial de Beauvais, dit, dans soô Nobiliaire de Beauvoisis, que Jean de Corbie, évéque d'Âuxerre, a fondé Tobit de sa mère dans Téglise collégiale de Saint-Yaast de Beauvais (2).
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