‹ Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocese, continues jusqu'a nos jours avec addition de nouvelles preuves et annotationsChapitre 18 sur 122 · QUATRE-VINGT-HUITIÈME ÉVÊQUE D AUXERAE · texte numérisé non relu

QUATRE-VINGT-HUITIÈME ÉVÊQUE D AUXERAE

ootre cela les parements d'étoffe ou plagules pour trois aubes , suivant ^^^ ^ ^78. Tancien usage, et une autre pièce d'étoffe pour parer la chaire épiscopale. A cette occasion, il exhorta les chanoines à s'entre-pardonner, pour pouvoir honorer dignement le mystère de la naissance de Jésus-Christ dont on alloit célébrer la mémoire : ce n^étoit pas sans raison quMl parla de paix et de concorde. Il étoit arrivé, durant Télé précédent^ le plus grand scandale qu'on eût peut-être vu depuis plusieurs siècles. Le soir dnjoor de saint Pierre, 29 juin, un sémiprébendé ou chanoine tortrier appelé Jean Ghambéry, se battit avec son frère Laurent, aussi tortrier, commensal du grand archidiacre ; Jean avoit pour adjoints et protecteurs le doyen de la cathédrale , Thomas la Flotte, avec un de ses domestiques, et Pierre Tenon, chanoine. Selon les informations, Laurent Ghambéry avoit passé par l'église, sur les six heures du soir, armé d'un bracmar, espèce d'ancienne épée , dont il avoit tâché de frapper son frère Jean ; sur cela , les trois ci-dessus nommés voulurent le désarmer et le conduire dans les prisons du Ghapitre , mais en se défendant , il avoit blessé Pierre Tenon au genou , et cependant lui-même avoit été renversé par terre d'un coup que lui porta ce chanoine , et avoit reçu à la main une blessure plus considérable ; on ajoutoit qu'à la vérité le doyen n'avoit donné aucuns coups, mais que tout ce qu'on avoit fait contre Laurent Ghambéry avoit été par son ordre. Ge scandale ne put être caché ; l'évêqne fit d'abord informer par son officiai, et ayant pris l'avis des avocats de la ville , il résolut de réconcilier l'église. Il vint en personne dans le Ghapitre , le 5 juillet, déclarer son dessein à la compagnie, en l'exhortant de faire justice et offrant de lui communiquer les charges et informations. Le prélat étant retiré , on nomma Jean-Ie-Ronx , promoteur ; Philippe Gotet, sous-chantre; et Etienne Naudet, chanoine, pour vérifier cette information, ou la recommencer de nouveau s'il étoit besoin. Jean Ghambéry fut cité pour comparoUre en Ghapitre le 21 du mois; mais il y fit défaut , étant en chemin pour Rome , où il alloit demander l'absoinliott. Le 21 , on tint un Ghapitre extraordinaire où le doyen ne se trouva pas , et sur le rapport du promoteur , Téglise fut déclarée véritablement pollue par effusion de sang ; on conclut qu'elle étoit dans le cas d'être réconciliée , et que l'office ne s'y feroit plus jusqu'à ce qu'elle

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l'eût été ; cela fut publié au chœur après oomplies, et, dès le lendemain , Pierre de Longueil fit la cérémonie. Le mercredi 26, Laurent Chambéry reçut l'absolution en Chapitre et paya Tamende, assurant toujours qu'il n'avoit blessé personne jusqu'à effusion de sang. On conclut que si le doyen venoit au Chapitre, le président lui diroit que la compagnie ne pouvoit plus le fréquenter, parce qu'il avoit encouru l'excommunication majeure ; que s'il le nioit , le promoteur requerreroit qu'il subît l'interrogatoire en plein Chapitre avec son domestique. Thomas la Flotte ne se présenta point , niais il envoya Jean Pichard, curé de Seignelay, son commensal et agent , chargé d'un billet par lequel il avouoil le fait, afin d'en obtenir l'absolution. La déclaration lue, on conclut de l'insérer dans l'acte d'absolution qu'on lui donna. Jean Chambéry, retourné de Rome, présenta au Chapitre , le 9 octobre , des lettres d'absolution de la part du grand-pénitencier du pape. Interrogé par le grand^archidiacre , il expliqua les circonstances du délit , et chargea surtout le doyen ; on lui promit que si ces lettres d'absolution étoient trouvées bonnes , on le rétabliroit dans ses distributions , du jour qu'il les avoit présentées ; mais comme on souhaitoit connoitre de plus en plus la vérité, il fut cité de nouveau. Au lieu de répondre, il présenta par écrit l'histoire du fait et un aveu de sa faute , signé de sa main , demandant qu'on lui fit grâce en vue des peines et des dépenses de son voyage de Rome. Le Chapitre se contenta de le condamner k vingt livres d'amende pour être employées en pieux usages, et en vingt livres de cire envers la fabrique : Chambéry s'y soumit; il ne restoit plus que le doyen à mettre entièrement en règle. Etant venu en Chapitre le lendemain que l'évéque avoit fait l'exhortation sur le pardon des injures, il y demanda humblement qu'on fit cesser les poursuites du promoteur , il rapporta le fait de la batterie tel qu'il étoit, et représenta les blessures comme légères ; sur quoi, après qu'il eut réitéré les offres de satisfaire à la partie lésée, il reçut l'absolution ; le grand archidiacre , Guillaume de Longueil , prononça la formule. Dans cette affaire, la juridiction du Chapitre fut pleinement reconnue par l'évéque qui, néanmoins, ne sympathisa pas beaucoup davantage avec le doyen. Le prélat revint , le 27 juin 1470, en Chapitre oii ce doyen présidoit; cl là, en présence de la compagnie

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